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La Chine intensifie sa répression contre les Ouïghours pour le Ramadan

L’islam réchauffe les cœurs jusqu’en Chine, où quelque 23 millions de musulmans apportent leur supplément d’âme à la mosaïque d’ethnies qui compose le pays, et parmi eux les 9 millions de Ouïghours de la province du Xinjiang prient Allah au milieu des ténèbres de la persécution qui frappe sans répit, à seule fin de les priver de cette proximité éclairée avec le Très-Haut

Depuis le 11-septembre, la toute-puissante Chine est entrée dans le cercle vicieux des discriminations qui exacerbent les ressentiments, multipliant les mesures de rétorsion implacables et massives à l’encontre de cette minorité turcophone, brimée et humiliée pour avoir nourri des velléités d’indépendance.

Sourde aux vibrants appels à la raison et à la clémence qui émanent de différents groupes de défense des droits de l’Homme, tous plus révoltés les uns que les autres devant le sort effroyable réservé aux musulmans Ouïghours, la main de fer des autorités chinoises continue de s'abattre sur ses victimes expiatoires au nom de la lutte contre le terrorisme, l’argument massue qui permet de maquiller l'intolérance religieuse en une question de sécurité nationale.

Ramadan après Ramadan, aucun coin de ciel bleu ne vient illuminer l’horizon crépusculaire chinois qui profite de ce moment d’intense dévotion pour faire de chaque journée des familles Ouïghours un enfer en durcissant les restrictions de tous ordres, comme ce fut le cas en 2011 et 2012 en criminalisant les jeûneurs. C’est donc avec appréhension que ce mois béni a été accueilli par les Ouïghours, lesquels pour la troisième année consécutive sont l’objet d’un harcèlement et d’abus de pouvoir scandaleux, tels que l’impossibilité de jeûner et de se recueillir dans les mosquées tant les prières y sont limitées et sous haute surveillance.

"Lancées au nom de la stabilité et de la sécurité, les campagnes de répression contre les musulmans Ouïghours comprennent le ciblage des réunions privées pacifiques consacrées à l'étude et à l'adoration religieuse," déplore vivement Dr Katrina Lantos Swett, représentante de la Commission américaine sur la Liberté Religieuse Internationale (USCIRF), avant de s'exclamer : "Ces abus n’ont conduit ni à la stabilité ni à la sécurité, mais  plutôt à l'instabilité et à l'insécurité !".

Selon Dilxadi Rexitile, le porte-parole du Congrès mondial ouïghour, les représentants du gouvernement ont poussé le sadisme jusqu’à pénétrer dans les foyers, munis de fruits et de boissons, afin de forcer les familles à rompre le jeûne.

Pourchassés et même interpellés pour avoir osé braver l’interdiction du jeûne, nombre de musulmans Ouïghours, dont le seul crime fut de célébrer le mois Saint de l’islam, ont été jetés en prison sans autre forme de procès, tandis que des employés du gouvernement, des professeurs et des étudiants ont écopé d’une amende pour le même acte désormais délictueux en Chine.

"La Chine doit mieux gérer ses minorités", a déclaré Ronan Gunaratna, directeur du Centre international pour la violence politique et le terrorisme à Singapour, n'ayant pas de mots assez forts pour dénoncer les effets dévastateurs de la paranoïa qui règne au sommet de l’Etat : "Ces mesures injustes sont source de rancoeurs tenaces qui peuvent à tout moment déclencher des soulèvements de masse, à l’échelle régionale, voire nationale. La Chine pourrait exploser n’importe où, et particulièrement au Xinjiang", a-t-il commenté. Et pendant ce temps-là, le Ramadan 2013 est un cauchemar sans fin pour la minorité ouïghoure, traquée jour et nuit tout au long d'un mois de Miséricorde.

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