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Keith Ellison, le premier démocrate musulman élu au Congrès en 2006, plébiscité par le Minnesota

Elle se dessinait nettement sur les courbes des instituts de sondages, la vague républicaine qui a déferlé sur le Capitole n’a fait mentir aucun pronostic, épargnant quelques Démocrates, parmi lesquels Keith Ellison, 51 ans, le premier Afro-américain de confession musulmane à siéger dans son enceinte en 2006, lui a vaillamment résisté dans le Minnesota.

Réélu dans un fauteuil pour sa plus grande joie, ce champion du progressisme et ardent avocat des minorités avait fourbi ses arguments pour livrer une âpre bataille, dont l’issue lui semblait plus que jamais incertaine, redoutant que les urnes ne sanctionnent une politique étrangère Obamanienne va-t-en-guerre, avec laquelle il avait pris ses distances.

Converti à l’islam à l’âge de 19 ans, Keith Ellison n’appartient pas à cette trempe de parlementaires serviles et pusillanimes, qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon et ménagent leur pré carré. Après avoir créé l’événement lors de sa première intronisation en prêtant serment sur le Coran, et non sur la Bible, cet expert du droit constitutionnel ne s’est jamais auto-muselé pour critiquer le bellicisme de Washington, clamant son opposition à la guerre en Irak et alertant sur les effets délétères sur l'opinion de la guerre permanente livrée contre l’ISIS avec la même force.

"Cette élection de mi-mandat est le plus grand défi politique de ma carrière. Je pense que l’ISIS représente une menace, mais je crois aussi que le recours systématique aux moyens militaires n’est pas la solution", déclarait-il fébrile, quelques jours avant ce 4 novembre fatidique. "Pour nous, musulmans, la décision de Barack Obama de bombarder l’ISIS en Irak et en Syrie a nui considérablement à l’image de notre communauté, la stigmatisant davantage encore. Il faudrait appuyer là où ça fait mal, notamment en empêchant l’ISIS de vendre du pétrole, en coupant ses flux financiers, en bloquant le passage par la Turquie ou les pays voisins à ses recrues potentielles", insistait-il alors.

"Nous devons dire à nos jeunes, s'ils veulent faire quelque chose de bon et de constructif pour leur foi, que ce n’est pas en prenant les armes dans les rangs d'une puissance étrangère, mais que c'est en étant utiles ici, en Amérique, auprès de leur communauté, des plus pauvres, des plus déshérités. Ils ont besoin d’être valorisés en s’impliquant dans la vie civique américaine, tout en conservant leur libre arbitre et leur attachement à leurs valeurs. Il faut qu’ils se convainquent d’utiliser les droits que leur confère le premier amendement de notre Constitution", a martelé Keith Ellison tout au long d’une campagne menée en plein coeur du Minnesota, ayant eu raison de miser sur la mobilisation de ses coreligionnaires, acquis à 69 % aux Démocrates envers et contre tout, pour le reconduire dans l’hémicycle de la Chambre des Représentants.

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