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Royaume-Uni : un mémorial pour les soldats musulmans, promesse tenue ou oubli programmé ?

Le projet de mémorial en hommage aux soldats musulmans des deux guerres mondiales reste enlisé. Annoncé en 2024 par l’ex-chancelier de l’Échiquier Jeremy Hunt, alors ministre des Finances du gouvernement conservateur, avec la promesse d’un financement public d’un million de livres, il devait honorer les millions de musulmans qui ont combattu et parfois laissé leur vie pour la Grande-Bretagne et ses alliés.

Plus d’un an après, rien n’a bougé. Le Muslim War Memorial Trust attend toujours un engagement clair du gouvernement travailliste. Pour l’instant, seules des paroles vagues et un processus administratif à rallonge : « Silence règne », regrette l’un de ses responsables. Le monument, prévu au National Memorial Arboretum, serait pourtant d’une portée symbolique considérable. Pour des proches de vétérans comme Shama Husain, c’est un impératif moral : « Dans ces temps troublés, ce serait un rappel que les musulmans ont donné de leur mieux pour ce pays. »

Si le projet peine à avancer, c’est aussi parce qu’il soulève une question sensible : celle de la reconnaissance du rôle des troupes coloniales dans les guerres menées par la Grande-Bretagne. Derrière les lenteurs administratives se cache la crainte politique d’ouvrir un débat plus large sur l’héritage de l’Empire et la mémoire coloniale, un sujet encore largement évité au Royaume-Uni.

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L’attente interminable n’est pas qu’une affaire de bureaucratie. Elle illustre un malaise plus profond : la difficulté du Royaume-Uni à regarder en face son histoire coloniale et à reconnaître la place des minorités dans son récit national. Retarder ce mémorial, c’est maintenir dans l’ombre la mémoire de soldats qui se sont battus pour un pays qui peine aujourd’hui à leur rendre justice. Dans un climat où les musulmans britanniques se sentent souvent stigmatisés, ce monument serait bien plus qu’une stèle : il serait un geste politique, un acte de reconnaissance et un pont tendu entre mémoire, identité et cohésion nationale.

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