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Karl Zéro… Zéro !

L’affaire Allègre nous avait déjà renseigné sur les méthodes de travail de Karl Zéro et son absence totale de déontologie. Alors qu’il présente son rendez-vous hebdomadaire « Le vrai journal » comme une authentique émission d’information qui se veut être une alternative aux médias traditionnels, Karl Zéro a en fait exploité toutes les ficelles de la manipulation en recourant aux procédés les plus malhonnêtes quant au traitement médiatique de l’islam.

Dans son émission du dimanche 16 novembre, le sujet était censé brosser « le portrait de Tariq Ramadan » présenté comme une enquête « sérieuse » et approfondie. La méthode est simple : interviewer Tariq Ramadan, couper ensuite ses réponses en plusieurs séquences pour mieux intercaler les prétendues « preuves » de son double discours, de sa duplicité, voire de son caractère éminemment dangereux. En plus du montage, Karl Zero a convenu d’ajouter les commentaires « live » de Fadela Amara, présidente de l’association « Ni pute, ni soumises » afin de bien enfoncer le clou d’un tribunal où l’accusé était absent et sans avocat. Aucune réaction n’était donc possible. Viennent enfin les commentaires avisés du journaliste « qui a mené l’enquête » affirmant désormais que le voile était levé.

Sauf que le journaliste en question est profondément malhonnête et pour tout dire un véritable falsificateur. Après avoir affirmé qu’il interrogerait des acteurs aussi bien favorables que défavorables à Tariq Ramadan, il n’a retenu dans son émission que les soi-disant témoins à charge. Ceux-là même qui avaient témoigné au procès de Lyon Mag en mai 2002 (procès en diffamation que le magazine lyonnais avait perdu). A la barre, se sont donc exprimés, Richard Labevière, (que Tariq Ramadan poursuit pour faux témoignage (lors du procès de Lyon) parce qu’il avait, sous serment, proféré contre-vérités et mensonges.). Autre témoin, Mohamed Sifaoui, le très respectable enquêteur ami de la très démocratique junte militaire au pouvoir en Algérie qui a affirmé le suivre depuis dix ans. « Il a un double discours ! » mais il n’en apportera aucune preuve. La prétendue preuve viendra en fait d’une cassette vidéo qui fera l’objet d’ un montage des plus malhonnêtes : l’enquêteur Aniel diffusera le début et la fin d’une conférence puis à l’aide de « coupes », détournera totalement le sens des propos de Tariq Ramadan sur la musique (alors qu’il s’est distancié maintes fois des littéralistes qui en condamnaient l’écoute).

Le Père Christian Delorme est venu ensuite faire son numéro habituel : « je connais Tariq Ramadan depuis longtemps, je l’ai soutenu et maintenant je peux le critiquer en connaissance de cause. ». Sauf que Christian Delorme omet de signaler que les deux hommes ont dû réellement se rencontrer que quatre fois en douze ans pour ne débattre que trois fois. Le père Delorme qui critique plus l’homme que sa pensée, a depuis ce curieux sentiment que Tariq Ramadan est l’une des causes qui ne lui permettront plus d’adopter l’attitude paternaliste qui était la sienne à l’époque de la marche des beurs.

Les commentaires de Fadela Amara sont sidérants parce qu’il est grave qu’elle se permette de critiquer un auteur sans l’avoir lu. Tariq Ramadan s’est d’ailleurs exprimé par écrit sur tous les sujets qu’elle a mentionnés et de façon explicite (contraception, avortement, homosexualité, etc.) Sa participation à la campagne virulente contre Tariq Ramadan ne l’honore pas, elle qui se dit simplement « surprise » par les propos de Claude Imbert. Visiblement satisfait, le journaliste Aniel concluait ainsi : « Il faut faire attention à ce que Tariq Ramadan ne dit pas » avant de mentionner que ce dernier n’avait pas été clair quant aux débats sur la lapidation et les peines corporelles. Le journaliste était tellement partial, complètement obsédé par l’idée de réunir toutes les pièces d’un réquisitoire malhonnête et infondé qu’il en a oublié l’élémentaire : lire les écrits de celui qu’il avait décidé d’exécuter.

Les méthodes journalistiques de l’équipe de Karl Zéro sont indignes : monnayer les témoignages d’individus, couper et monter des séquences dans le but unique de salir des personnages publics. Le « vrai journal » est une véritable imposture !

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