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Islamophobie: La descente aux enfers d’un détenu musulman

Coupable idéal, entré en prison innocent, relâché innocenté, mais handicapé à vie, le destin de Slaheddine El Ouartini a été foudroyé par l’arbitraire d'une décision judiciaire, et par la violence de l’univers carcéral.

Cette descente aux enfers passée sous silence, qui s’est violemment heurtée à la brutalité d’un co-détenu, islamophobe primaire et barbare, est sortie des oubliettes pénitentiaires grâce au Canard Enchaîné et à l’article  "Petit tabassage sans importance", paru le 29 février.

Lavé de tout soupçon, après avoir été accusé d’avoir incendié le centre de rétention de Vincennes, l’infortuné Slaheddine El Ouartini a néanmoins purgé sept mois de prison, au préalable, partageant la cellule d’une brute épaisse, un "Estonien nommé Igor", qui le "4 novembre 2008, l’a tabassé, le laissant pour mort, avec cette sobre explication "je ne supporte pas les Arabes, les musulmans" relate le Canard.

Retrouvé gisant par terre et dans le coma, Slaheddine El Ouartini est aujourd’hui infirme pour le restant de ses jours, et comme si son calvaire n’avait pas été assez douloureux, la grande machine judiciaire érige des obstacles infranchissables pour se protéger, et éviter que ses graves manquements ne l’éclaboussent au grand jour.

Contre l'avis du parquet, et à la vue d'une "rafale d'erreurs et de négligences" le doyen des juges d'instruction de Créteil avait ouvert en 2011, une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger, violences involontaires et faux en écriture publique". 

La conclusion éloquente de l'article du Canard se passe de commentaires, à la lecture d'un épilogue consternant qui nous laisse sans voix : "Le ministre de la Justice, lui, nie toute faute et refuse la moindre réparation. Sortir de prison innocent mais infirme, quoi de plus naturel ?"

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