in

Hommage à Jean d’Ormesson : “L’islam est une grande religion qui a marqué l’histoire des hommes”

Un Immortel s’est éteint, laissant derrière lui une trace lumineuse et bienveillante, un gentilhomme de la littérature n’est plus, laissant derrière lui une œuvre foisonnante de romans et d’essais, l’académicien et écrivain Jean d’Ormesson, 92 ans, a succombé hier soir à une crise cardiaque, chez lui, à Neuilly.

A l’heure où les hommages se succèdent pour saluer la mémoire d’un esprit brillant et humaniste, amoureux des lettres et passionné de politique, qui incarnait magnifiquement la droite ouverte et tolérante et vouait une admiration sans bornes au général de Gaulle, rares sont les éloges panégyriques qui rappelleront ce qui a été souvent reproché à celui qui est pleuré par le Tout-Paris : son vif intérêt pour l’islam qu’il considérait comme « une grande religion qui a marqué l’histoire des hommes ».

Car ce grand Monsieur de la langue française, qui dirigea le Figaro pendant trois ans, dans les années 70, n’a jamais craint de heurter la bien-pensance hexagonale en faisant l’éloge de la troisième religion monothéiste et de la civilisation musulmane, écrivant de sa plus belle plume : « La civilisation musulmane est à l’origine de quelques-unes des plus belles réalisations du génie humain ».

Il y a fort à parier qu’une certaine intelligentsia se gardera bien de souligner combien les mots étaient lourds de sens pour le regretté Jean d’Ormesson, particulièrement lorsqu’il s’agissait de les employer à bon escient, au milieu de la confusion générale savamment organisée, pour dénoncer le dévoiement de la loi de 1905, l’hystérisation du débat public et sa cristallisation autour de l’islam, et pour s’indigner devant « la grandeur de l’islam déshonorée par Daech » (Tribune parue dans le Figaro, le 22 décembre 2014, intitulée : « Nous sommes en guerre).

« Chez nous et ailleurs, les musulmans en masse sont les premiers à condamner Daech. Il faut les remercier, les respecter, les soutenir. Mais Daech, il faut l’affronter et le combattre », exhortait-il en homme éclairé qu’il était, dont les lumières, la probité et le sens du discernement nous feront cruellement défaut en ces temps troublés par les « intellectuels faussaires », passés maîtres dans l’art de distiller des contrevérités et d’asséner des amalgames dévastateurs entre « islam, islamisme et terrorisme ».

On se souviendra aussi de l’attachant Jean d’Ormesson pour son panache, son respect des valeurs républicaines et son courage quand, à l’annonce de l’entrée d’Alain Finkielkraut à l’Académie française (autant dire du loup dans la bergerie…), il avait formulé un vœu guère audible dont il espérait malgré tout qu’il ne serait pas un vœu pieux.

« Est-ce que vous voulez qu’on dise des choses un peu dangereuses ? Et bien,  je dirais que je souhaite aussi que nous fassions la même chose dans les années qui viennent avec les musulmans.  Je vais me faire incendier, l’islam n’est pas représenté à l’Académie. Il serait normal que l’islam soit représenté à l’Académie française. Je pense que cela se fera. Il faut laisser un peu de temps. L’Académie est une vieille dame, qui a beaucoup de mal à accueillir de nouveaux jeunes gens (…)  Je serais heureux qu’il y ait un représentant de l’islam », avait-il confié sur la chaîne Public Sénat, au risque de s’attirer les foudres de ceux-là mêmes qui le portent au pinacle aujourd’hui.

Et c’est avec émotion que l’on visionnera l’une de ses dernières interventions au micro de RMC, toujours extraordinairement à contre-courant, au cours de laquelle il a fait part de sa consternation devant les trois best-sellers du moment – les livres de Valérie Trierweiler, Michel Houellebecq et Eric Zemmour – qualifiés de « trois livres désolants », avant de conclure par un euphémisme éloquent qui nous fait mesurer combien sa disparition est une grande perte pour la France des Lumières : « Ce ne sont pas des livres qui nous élèvent beaucoup ».

 

7 commentaires

  1. un grand homme ,la vraie droite nationale catholique francaise amie des honettes et vrais musulmans
    un homme honnete et juste a l’image du Genral De Gaule

Chants spirituels musulmans à l’Eglise Saint Bernard à l’occasion du Mawlid Al Nabawîy

Israël, l’indignation à géométrie variable ou la concurrence des utopies ?