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Hocine Aït Ahmed, l’un dirigeants historiques de la Révolution algérienne est décédé

 

Da L'hocine est mort. Il s'est éteint hier à Lausanne, en Suisse. L'annonce a été faite par des membres de son parti, le Front des forces socialistes (FFS) qu'il avait créé en 1963, au sortir de la guerre de libération nationale. Militant de la cause nationale de la première heure et un des fondateurs de l'Organisation spéciale (OS), qui avait donné ensuite naissance au FLN, Hocine Aït Ahmed a été une des figures les plus charismatiques de la guerre d'indépendance nationale. 

Il avait présenté en 1948 un rapport qualifié de décisif sur les formes et la stratégie de la lutte armée pour l'indépendance. Il dirigera l'Organisation spéciale après Mohamed Belouizad, mort de tuberculose.

Il était dans l'avion qui avait été détourné par l'armée française au départ de Rabat, en compagnie de Ben Bella notamment. C'était le 22 octobre 1956, quand l'avion de la compagnie marocaine Air Atlas qui deviendra Royal Air Maroc, qui transportait de Rabat à Tunis les cinq dirigeants du FLN qu'étaient Ben Bella, Khider, Lacheraf, Boudiaf et Aït Ahmed, est intercepté en plein vol par l'aviation française qui le contraint de se poser à Alger où les cinq historiques sont faits prisonniers.

Né le 20 août 1926 à Aït Yahia dans la commune de Aïn El Hammam (ex-Michelet) dans la wilaya de Tizi Ouzou, il entrera pratiquement dans l'opposition dès 1963. Il démissionnera d'abord du GPRA et de tous les organes du nouveau pouvoir durant la crise de l'été 1962. En septembre 1963, il fonde le Front des forces socialistes (FFS), qui réclame le pluralisme politique face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du parti unique, et entre dans l'opposition. Il est alors arrêté en 1964. Il est incarcéré à la prison d'El Harrach, d'où il s'évade un certain 1er mai 1966. Da L'hocine incarne en fait l'opposition démocratique lorsqu'il s'est positionné dès l'indépendance contre le parti unique et la mise en place d'un système autoritaire. Il se réfugie en Suisse et commence un long voyage dans la clandestinité politique, son parti étant interdit en Algérie et ses militants arrêtés, harcelés. Il ne rentrera au pays qu'après les émeutes d'Octobre 1988. Il se réfugie de nouveau en Suisse après l'assassinat de Mohamed Boudiaf en juin 1992 et semble définitivement fatigué de la tournure des événements politiques dans le pays, qui s'installait pendant dix ans dans le terrorisme. Pour autant, son parti, le FFS, est l'un des grands animateurs de la vie politique nationale, mais refuse à plusieurs reprises de participer aux élections locales, législatives.

A la fin de janvier dernier, Aït Ahmed, âgé de 88 ans, avait été victime d'un AVC (accident vasculaire cérébral) à l'issue duquel il avait perdu l'usage de la parole. Polyglotte, Hocine Aït Ahmed a incarné le gentleman de la révolution nationale, il était connu pour son franc parler et sa haine des troubadours politiques. Jusqu'à sa mort, il est resté fidèle à ses principes, la défense de la démocratie. Il a formé également plusieurs grands militants et son parti reste très écouté.
 

Le Quotidien d'Oran

Position de Hocine Aït Ahmed sur le Coup d'Etat  du 11 Janvier 1992

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