- Découvrez les principes de la finance islamique et son potentiel en France.
- Rencontrez des acteurs clés et leurs initiatives pour développer ce marché.
- Comprenez l'importance de l'éducation financière et de la formation dans ce domaine.
Oumma au cœur de la finance islamique en France
À l’occasion de la 2ᵉ édition du Gala annuel des acteurs de la finance islamique en France, organisée le samedi 24 janvier 2026 à Paris, l’équipe Oumma était présente sur place pour vivre l’événement de l’intérieur et aller à la rencontre de ses acteurs.
Organisée par le département Finance islamique de Financia Business School, cette soirée a réuni experts, entrepreneurs, dirigeants, assureurs et étudiants autour d’un objectif commun : mieux comprendre et développer la finance islamique en France.
Grâce aux témoignages recueillis auprès des invités et des professionnels présents, notre reportage met en lumière un secteur encore jeune, parfois méconnu, mais porté par une vraie dynamique et une demande croissante de solutions financières plus éthiques. Un moment d’échanges, de réflexion et de perspectives, que nous avons souhaité partager avec vous.
Comprendre les fondements de la finance islamique
Boubacar Correa, ancien directeur général de la Banque islamique du Sénégal, rappelle les principes clés de la finance islamique. Celle-ci interdit l’intérêt (riba) et repose sur le partage des risques entre la banque et le client. Les déposants sont considérés comme des investisseurs, rémunérés en fonction des performances réelles de la banque. Les financements s’appuient sur des opérations concrètes : vente de biens avec marge connue, location ou partenariats. Pour lui, la finance islamique est avant tout « une association entre la banque et le client », fondée sur des règles éthiques et transparentes.
Un marché bien réel en France
Adnane El Gueddari, directeur général d’Ummia Bank, insiste sur le potentiel du marché français. Selon lui, la finance islamique répond à une logique économique avant tout. Si la demande émane en grande partie de la communauté musulmane, ses valeurs – refus de la spéculation, financement de biens tangibles, partage des risques – sont universelles. Il estime qu’une finance fondée sur ces principes pourrait séduire un public bien plus large, en quête de sens et de stabilité.
Former et ouvrir les perspectives
Pour Kader Merbouh, directeur du département Finance islamique à Financia Business School, la formation est un levier central. Il présente les programmes de certificats et de MBA développés en France et à l’international, et souligne l’importance de la diversité culturelle. La présence d’acteurs venus du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest reflète, selon lui, le rôle clé des diasporas dans le développement de cette finance. Il rappelle également que le gala vise à donner de la visibilité aux acteurs existants et à lutter contre les stéréotypes.
Nasser Zammit, conseiller en relations internationales et géopolitique, encourage quant à lui à élargir les horizons. Il invite les étudiants et professionnels à s’inspirer des expériences asiatiques ou américaines, soulignant que le centre de gravité de la finance mondiale se déplace progressivement vers l’Asie.
Relancer le débat en France
Nasser Hideur, directeur général d’Al Salam Bank Algeria, rappelle qu’un fort engouement existait autrefois en France pour la finance islamique, notamment dans le monde universitaire, avant un certain ralentissement. Pour lui, ce type d’événement permet de relancer le débat et de proposer des alternatives financières respectueuses des convictions religieuses et culturelles. Il souligne également la dimension universelle de cette finance, rappelant que ses principes peuvent contribuer à rapprocher la finance de l’économie réelle.
Des initiatives concrètes sur le terrain
Samuel Badibanga Kamuleta, entrepreneur en marketing, évoque l’émergence de fintechs inspirées des valeurs de la finance islamique, à l’image de MuskePay. Il souligne que de plus en plus d’entreprises adoptent une gestion éthique de l’argent. Brahim Mizmani, d’Asekkey Assurance, explique que si l’offre s’est nettement développée, elle reste incomplète, notamment en assurance habitation, épargne et investissement. Mickael Sadoun, agent d’assurance, insiste enfin sur le besoin urgent d’éducation financière pour mieux faire connaître les solutions existantes.
La jeunesse comme relais d’avenir
Anaïs Iskounnene, étudiante en MBA finance islamique, se montre optimiste. Elle estime que les nouvelles générations sauront créer des ponts entre les modèles internationaux et le contexte français. Vulgariser, expliquer et accompagner seront, selon elle, essentiels pour démocratiser cette finance et la rendre accessible au plus grand nombre.
Un secteur à structurer, une dynamique à confirmer
En conclusion, Kader Merbouh dresse un constat lucide mais encourageant. Il rappelle qu’aucune banque ne propose encore directement de produits de finance islamique en France, mais que cette situation a favorisé l’émergence d’un fort esprit entrepreneurial. Le gala a justement pour vocation de rapprocher les acteurs, de consolider leurs liens et de structurer un écosystème encore jeune.
Il met également en avant les guides pédagogiques présentés lors de cette édition, destinés à mieux expliquer des notions comme la zakat des entreprises ou l’épargne éthique, afin de lutter contre les incompréhensions et les préjugés. Satisfait de la mobilisation et de la diversité des participants, il voit dans cette seconde édition une véritable réussite et un signal positif pour l’avenir. Une dynamique qui nourrit déjà l’espoir d’une troisième édition et confirme que la finance islamique gagne progressivement en visibilité et en légitimité en France.



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