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Etats-Unis : un candidat musulman au Congrès tend la main à l’homme qui lui avait adressé des tweets islamophobes

Quand Oscar Dillon, un citoyen ordinaire de Virginie, a choisi Twitter pour déverser sa colère et ses rancoeurs, et Qasim Rashid, un candidat démocrate briguant un siège au Congrès, comme bouc-émissaire idéal, il ne s’attendait absolument pas à la réponse qu’il a reçue…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet habitant de Fredericksburg qui, en février, a donné libre cours à son fort ressentiment à travers une série de tweets islamophobes, alimentant les amalgames les plus pernicieux, était loin d’imaginer la réaction de sa victime expiatoire. Une victime qui allait non seulement faire preuve de compassion à son égard, mais aussi d’un bel esprit d’entraide.

Aspirant à représenter dignement ses concitoyens au Capitole, Qasim Rashid a été traversé par des sentiments ambivalents lorsqu’il a pris connaissance de la prose fielleuse d’Oscar Dillon. Profondément choqué et blessé, il a été très vite gagné par l’inquiétude, redoutant l’impact des mots sur l’opinion et, pire encore, qu’ils puissent armer le bras de fous furieux, avant finalement que l’empathie ne l’emporte.

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En effet, le candidat d’origine pakistanaise de la verdoyante Virginie a été particulièrement touché par l’impasse inextricable à laquelle se trouvaient acculés Oscar Dillon et son épouse malade, comprenant dès lors que sa détestation de l’altérité pouvait avoir été exacerbée par un surendettement insurmontable. En d’autres termes, que son calomniateur avait des circonstances atténuantes.

C’est sur Twitter, l’exutoire de toutes les rancunes, que le sexagénaire, à bout, s’était épanché, avant de cracher son venin. Il avait ainsi révélé que sa retraite-épargne était épuisée et qu’il ne pouvait plus faire face aux dépenses entraînées par le lourd traitement de sa femme et la nécessaire médicalisation de sa chambre, afin qu’elle puisse, conformément à leur souhait, être soignée à la maison.

Une semaine après s’en être pris violemment à Qasim Rashid, l’accusant de tous les maux, notamment de vouloir imposer la loi de la charia à Washington, pour mieux lui faire endosser la responsabilité de ses propres difficultés, Oscar Dillon, qui a reconnu être électrisé par les harangues « trumpiennes », se confondait en excuses et en remerciements. Et pour cause !

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C’est une magnifique réponse, empreinte de miséricorde, que lui a adressée le « musulman » traité au mieux « de balayeur », au pire « de terroriste en puissance », qu’il sommait de « rentrer chez lui ». Qasim Rashid lui a en effet annoncé qu’il venait de lancer une campagne de collecte de fonds GoFundMe, afin de l’aider à « couvrir ses frais médicaux écrasants ».

« Ma foi m’apprend à servir toute l’humanité », lui a écrit celui-ci dans un tweet, en précisant qu’il avait encouragé ses partisans à faire un don et que lui-même avait participé à hauteur de 50 euros. En l’espace de 48 heures, le formidable élan de solidarité qu’il avait impulsé portait ses fruits : 19 000 $ (près de 17 000 euros) avaient été récoltés, l’objectif à atteindre étant 26 000 $ (soit 22 000 euros).

Quelques jours plus tard, une improbable rencontre a eu lieu… Sensible aux excuses « réfléchies et compatissantes » d’Oscar Dillon et, plus incroyable encore, à son désir de le rencontrer, Qasim Rashid a volontiers accédé à sa requête. Une photo saisissante a immortalisé l’instant, suspendu dans le temps, de l’amitié naissante entre le candidat musulman au Congrès et le citoyen qui l’avait odieusement diabolisé, aveuglé par la haine.

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