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Etats-Unis : Namee Barakat, l’amour d’un père pour son fils assassiné dans le triple homicide de Chapel Hill

Namee Barakat est un père de nationalité américaine, et d’origine syrienne, qui tente de surmonter le deuil cruel qui l’a frappé, anéantissant son épouse et ses autres enfants le 10 février dernier, jour tragique où la police de Chapel Hill, en Caroline du Nord, vint lui annoncer une terrible nouvelle : la mort atroce de son fils Deah, 23 ans, mais aussi de la jeune épouse de celui-ci, Yusor Abu-Salha, 21 ans, et de la sœur cadette de cette dernière, Razan Abu-Salha, 19 ans, tous trois victimes de la fureur meurtrière d’un voisin, Craig Stephen Hicks, 46 ans, qui revendiquait crânement son athéisme fervent, agressif et criminel sur Facebook et, avec plus de véhémence encore, sa détestation de l’islam.

Namee Barakat et son épouse, dévastés par la douleur, lors des obsèques

Fier de son fils promis à un brillant avenir, en sa qualité de futur chirurgien dentiste, et animé par de belles valeurs qui en faisaient un être particulièrement attachant, fidèle à son éthique musulmane, Namee Barakat, inconsolable et ignorant la haine, sort progressivement de l’abîme du désespoir en marchant sur les pas de Deah, sur la voie lumineuse de la bienfaisance.

En mémoire de son aîné bien-aimé qui se démenait sans compter et sans jamais se départir de son large sourire pour dispenser des soins dentaires de qualité aux réfugiés syriens et aux enfants palestiniens, c’est un père qui s’efforce de sourire à la vie qui a assisté à l’hommage posthume rendu par l’Etat de la Caroline du Nord à Deah, Yusor et Razan Abu-Salha, et qui revient, visiblement transformé, de son voyage humanitaire en Turquie,  à la rencontre de réfugiés syriens, dans le cadre du projet qui tenait tellement à cœur de son défunt fils.

 

La merveilleuse complicité entre un père et son fils, au temps du bonheur

"Dans notre immense malheur, cela nous rend tellement heureux. J’ai pleuré, et encore pleuré, quand j’ai appris la nouvelle. L’éducation et la réussite scolaire représentaient tout pour nous et Deah faisait notre fierté", déclarait Namee Barakat, accablé de chagrin, lors de la cérémonie poignante organisée par l'Université de Chapel Hill, au cours de laquelle la création d'une bourse d'études portant le nom de Deah, de son épouse et de la soeur de celle-ci a été présentée officiellement.

Six mois plus tard, de retour de son séjour en Turquie, où il était entouré d'une cinquantaine de dentistes bénévoles qui ont eu à soigner près de 800 patients, voici ce qu’il a confié, ému aux larmes en se remémorant  la joie qui illuminait les visages des petits syriens une fois leurs maux de dents apaisés : "Le sentiment que j’ai ressenti en voyant ces merveilleux sourires d’enfants, heureux de voir des blouses blanches s’occuper d’eux, est indescriptible ! Le jour où je suis revenu de Turquie, la nuit était déjà tombée. Je suis allé le lendemain matin me recueillir sur la tombe de Deah. J’étais alors envahi par une profonde émotion, indicible. Je me sentais plus proche que jamais de mon fils, je savais qu’il aurait été heureux de ma démarche, j’avais la conviction d’avoir fait ce qu’il fallait faire."

La télévision américaine a consacré un reportage à Namee Barakat, ce père aimant qui marche sur les pas de son fils disparu tragiquement.

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