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Egypte : une fillette de 13 ans décède suite à une excision

Depuis 1996, l’excision est considérée comme une mutilation génitale criminelle en Egypte, formellement interdite par la loi. Pourtant, nombre de familles continuent de transgresser cette règle de droit, et nombre de médecins crapuleux tirent profit de la survivance d'une coutume ancestrale, surtout dans les zones rurales, tous perpétuant un rituel barbare apparu avant l’islam, qui est entré dans les moeurs comme une pratique culturelle et non religieuse.

Opérée sous le manteau, l’excision fatale d’une fillette de 13 ans est sortie brutalement de la clandestinité où elle était confinée pour éclater au grand jour, brisant la chape de plomb du silence et provoquant un immense émoi dans le pays. Du Conseil national égyptien pour les femmes qui a fait part de sa consternation, en répétant avec force que l’excision est un acte illégal, reflet d’une "sauvagerie extrême", au sous-secrétaire du ministère de la Santé, Abdel Wahab Suleiman, qui a rappelé avec la même fermeté que les mutilations génitales féminines tombent sous le coup de loi, en passant par les responsables d'Unicef d'Egypte qui se sont dits affligés par cette mort tragique, en martelant que l’excision n’a aucune justification, ni médicale ni religieuse, le décès de la petite Suhair al-Bata’a a suscité un concert d’indignations.

En 2009, les autorités égyptiennes interpellèrent pour la première fois un homme qui avait enfreint la loi en excisant une jeune fille de onze ans dans le gouvernorat de Minya, à 600 kilomètres au sud du Caire. Ce précédent qui avait valeur d’exemple n’a manifestement eu aucun effet dissuasif sur les parents de Suhair al-Bata'a, des fermiers, qui pleurent aujourd’hui leur enfant partie trop tôt, tout en faisant endosser la responsabilité du drame au médecin qui avait excisé, deux ans auparavant, leur fille aînée.

Le centre médical affichait salle comble le jour où la malheureuse Suhair al-Bata’a, au visage d'ange,  était soumise au scalpel qui allait lui coûter la vie, puisque trois autres petites filles attendaient leur tour dans la salle d’attente, véritable antichambre de la mort.

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