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Egypte: record d’exécutions par le régime de Sissi en octobre dernier

« Plus de gens ont été exécutés en Egypte en 2020 que par le passé : en tout 103 à ce jour , et au moins 59 ont été pendus depuis le 3 octobre dernier, alertent des organisations de défense des droits humains, dont  HRW, AI, and the UN Human Rights Council, ainsi que  Sherif Azer, dont l’association monitore la peine de mort au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

« Le père  Isaiah a été torturé par le régime égyptien jusqu’à ce qui « avoue » un meurtre et maintenant, il risque d’être exécuté d’un jour à l’autre« , indique ce dernier.

Ceci sans parler des arrestations, détentions et tortures. Les journalistes ne sont pas épargnés. Accusés de « porter atteinte à la sécurité de l’État », de « complicité avec l’organisation terroriste des Frères musulmans », de « menace contre l’économie nationale » ou même « les valeurs morales et religieuses de la société », tous ceux qui critiquent le régime sont en danger de mort.

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L’autre chef d’accusation répandu pour les journaliste est celui d’exercer le métier sans accréditation. Une accréditation difficile à obtenir dans un pays où les journalistes de la presse écrite sont pratiquement les seuls à avoir une carte de presse officielle. Les correspondants des médias étrangers n’échappent pas à la règle. En mars dernier, la correspondante du quotidien britannique The Guardian s’est vue retirer son accréditation pour avoir contesté les chiffres officiels et écrit que les cas de coronavirus avaient explosé en Égypte.

MATER LES RÉVOLTES POPULAIRES

Et le 20 septembre, des révoltes se sont produites en Egypte, notamment dans les régions rurales très appauvries par des augmentations de prix, dont celle du gaz.Des vidéos montrant la corruption et la richesse des militaires, du président Sissi et de sa famille, grâce au détournement de l’argent public, ont déclenché des manifestations massives réclamant la démission de Sissi et des purges dans l’armée.

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En tout, plus de 4000 Égyptiens ont alors été arrêtés

Sissi s’en est également pris aux responsables de la mosquée Al-Azhar, une institution qui a beaucoup de poids en Egypte, et qu’il accuse de saper son autorité et dont il essaie de rogner les prérogatives.

La colère a également éclaté récemment quand le gouvernement a annoncé une nouvelle loi, censée moraliser la construction, et imposant de lourdes amendes aux familles ayant construit sans permis. (jusqu’à 300 euros par m2).

Le parlement se vantant du fait que le gouvernement pourrait ainsi récolter une trentaine de milliards d’euros, en incluant les sommes à payer pour obtenir un permis de construire, cela n’a pas calmé la population…

Et de nombreuses maisons ont été démolies, à commencer par celles proches de la frontière avec Gaza, pour « raisons de sécurité ». Leurs propriétaires forcés d’évacuer la zone et d’aller habiter ailleurs, n’ont reçu que de très maigres compensations.

Quand le gouvernement s’est aperçu que seulement 100.000 propriétaires de maisons s’étaient déclaré prêts à se conformer aux nouvelles normes, Sissi a piqué une grosse colère et fait un discours au vitriol le 27 septembre dernier, puis procédé à de nombreuses arrestations, dont de nombreux enfants accusés d’avoir participé à des manifestations. Seulement 68 d’entre eux ont été libérés sous la pression populaire.

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Dans un document de 43 pages, Human Rights Watch (HRW) dénonce des tortures et disparitions de mineurs. Plusieurs témoignages ont été rassemblés ainsi que des documents officiels et des vidéos concernant des abus sur 20 mineurs âgés de 12 à 17 ans.

HRW a estimé dans un communiqué que les Etats-Unis, la France et d’autres pays de l’Union européenne devraient cesser de soutenir les forces de sécurité égyptiennes alors que ces dernières mènent une forte répression contre toute forme d’opposition.

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Sources :  Sherif Azer et HRW

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