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Des célébrités australiennes posent avec le hijab pour lutter contre l’islamophobie

Que se cache-t-il derrière l’acronyme « WISH », résolument plein d’espérance, qui n’aime rien moins que les souhaits irréalisables ? Des Australiennes de plus en plus nombreuses, de toutes confessions, âges et conditions, qui ont fait vœu de solidarité avec leurs congénères et compatriotes musulmanes, prenant volontiers la pose dans des autoportraits au goût du jour qui vont, à terme, composer une belle mosaïque de visages radieux sous les voiles de la tolérance religieuse et du respect des différences.

Canberra, la cité phare d'Australie, cette immense terre de légendes, multiculturelle par essence, ne résonne plus que des crépitements des flashes des « selfies en hijab » qui s’inscrivent dans le cadre de la grande campagne de sensibilisation initiée par l'avocate et militante Mariam Veiszadeh : « Women In Solidarity With Hijabs », un titre explicite qui a donné naissance au hashtag très évocateur #WISH.

C’est tout naturellement sur Facebook, la plus incontournable des plates-formes virtuelles, que ce mur d’images inédit se construit jour après jour, s’enrichissant de photos de personnalités de premier plan, certaines jouissant même d’un fort capital de sympathie dans l’opinion, à l’instar de l’animatrice de télévision Jessica Rowe, de l’humoriste Meshel Laurie et de la députée travailliste Julie Owens (voir photo ci-dessus).

Egéries parmi les égéries de cette mobilisation féminisée jusqu’au bout des ongles, ces trois australiennes connues du grand public n’ont pas hésité un seul instant avant de se parer du voile qui cristallise bien des tensions d’un continent à l’autre, éclipsant comme par magie les problèmes de société cruciaux mais aussi celles qui le portent, au profit d’une déshumanisation humiliante, signe de l’avènement de l’islamophobie institutionnalisée.

A l'autre bout du monde comme plus près de chez nous, sur le Vieux Continent, l’islamophobie instrumentalisée des hautes sphères a très vite contaminé l’Australie d’en bas, faisant irruption à chaque coin de rue, dans l’agitation de grands centres urbains ou la quiétude de bourgades en bord de mer, les femmes voilées, jeunes et moins jeunes, étant les proies de prédilection d’un racisme lâche et violent qui connaît une recrudescence alarmante depuis que l’hydre monstrueuse de l’EI a vampirisé le devant de la scène internationale.

"Cela m’était insupportable d’entendre les récits des agressions de mes coreligionnaires sans agir, sans intercéder en faveur de ces mères de famille bousculées dans la rue par des brutes épaisses, sous les yeux apeurés de leurs enfants, insultées et leurs poussettes balancées par des coups de pieds rageurs, sans tenter quelque chose  pour apaiser leurs craintes, pour faire bloc derrière elles, pour dire Stop à l’islamophobie violente", a confié Mariam Veiszadeh, la conceptrice de l’opération et défenseur de la veuve et l’orphelin dans l’âme. 

Les artisans des peurs irrationnelles, les islamophobes de tous poils qui font feu de tout bois, les nervis en blousons noirs de l’extrême-droite galvanisée n’ont qu’à bien se tenir, le voile qui chasse les vieux démons s’affiche à Canberra, fédérant plus de 26 000 adeptes sur Facebook en l'espace de quelques jours, n’en déplaise aux esprits chagrins qui crient au « clicktivism » ou encore au « slacktivism », estimant l’action stérile.

Un jugement hâtif que bat en brèche la pyschologue Jocelyn Brewer, spécialisée dans l’étude des médias sociaux. Celle-ci considère en effet que les femmes qui s’engagent dans cette action particulière ne le font pas à la légère, juste pour le « fun », mais pour des raisons profondes, preuve en est leur désir ou « wish » de passer de l’autre côté du miroir en découvrant les valeurs attachées au hijab, et au-delà les fondements de la religion musulmane, nombreuses étant celles qui réalisent avec stupéfaction que l’équation islam = aliénation du sexe faible les maintient dans une ignorance particulièrement aliénante…

Hasard du calendrier, alors même que les Australiennes capturent leur propre image dans des « selfies en hijab » contre l’islamophobie ravageuse, le gouvernement australien appelle avec force à éradiquer le voile intégral de l’espace public. Si Mariam Veiszadeh, l’avocate de renom, est favorable à un débat public dépassionné sur cette épineuse question, la porte-parole de la campagne « WISH » qu’elle est désapprouve vivement l'exportation, en Australie, de la criminalisation à la française des rares citoyennes qui arborent ce long voile marginal.

En lançant l’opération « WISH », elle a fait un vœu, qui n’entendait pas rester pieux, mais sans toutefois oser espérer qu’il serait exaucé en si peu de temps : "Je souhaitais faire comprendre et savoir à toutes les autres femmes australiennes que leurs congénères musulmanes voilées ne sont pas opprimées. Le choix de couvrir leur chevelure est mûri en leur âme et conscience. Je suis comblée de voir l’impact de cette action de sensibilisation sur mes compatriotes non-musulmanes, c’est vraiment très encourageant !", s’enthousiasme Mariam Veiszadeh, fière d’avoir contribué à populariser la photo de soi, en hijab, pour la bonne cause. 

Par la rédaction

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