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Défilé du 14 juillet : le FN se déchaîne contre la présence de militaires algériens

Ulcéré et en ordre de bataille, le FN bon teint ne décolère plus, non seulement contre son président d’honneur, Jean-Marie Le Pen, le démolisseur de sa respectabilité de façade, mais aussi contre la présence militaire symbolique de l’Algérie lors des cérémonies du 14 juillet. Une grande première qui fait enrager le ban et l’arrière ban de l’extrême droite française qui ne dit pas son nom, alors même qu’elle est trahie par ses vieux réflexes coloniaux !

Malgré tous les efforts déployés pour jouer les héritières du frontisme très propre sur elle, jusqu’à tancer récemment son trublion de père pour son cynisme qui n’a pas pris une ride, Marine Le Pen et sa garde très rapprochée, en la personne de Louis Alliot, vice-président du parti et conjoint, assisté de Gilbert Collard, l’inclassable député FN toujours non encarté, a réagi de manière très épidermique à l’annonce de la participation d’une petite délégation de trois militaires algériens aux animations qui auront lieu sur la place de la Concorde.

Ni une ni deux, et au pas de charge, ce qui ne sera pas pour déplaire au patriarche du FN, ancien para et tortionnaire de l’Algérie française, le collectif "Non au défilé des troupes algériennes le 14 juillet 2014" s’apprête à semer le trouble, haussant déjà le ton par le biais des duettistes Alliot et Collard, avant que le bruit de bottes ou de rangers des ultras du nationalisme ne fasse trembler le pavé parisien : "Cette présence militaire honteuse sur le sol français est une provocation indigne et le signe d'un très grand mépris pour tous les morts, disparus ou suppliciés victimes de cette armée", ont-ils signé dans un communiqué au vitriol, ajoutant : "la présence de l'armée nationale algérienne pose un problème politique et un problème moral grave."

Tout à sa satisfaction d’accueillir trois représentants de l’armée algérienne, qui ne défileront pas comme cela a été précisé, le ministère de la Défense, sourd aux coups de semonce du FN et indifférent aux grandes manœuvres qui se préparent pour gâcher la fête, se "réjouit" de la venue de cette délégation aux côtés de 80 autres pays, tous ayant en commun d’avoir pris part à la première guerre mondiale  : "C'est une preuve que nous sommes rentrés dans une phase pacifiée avec l'Algérie", indique-t-on en haut lieu.

Pour l'entourage du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, il est crucial de rappeler le contexte historique : "173.000 combattants qui habitaient l'Algérie sans distinction de confession sont venus combattre (pendant la guerre 14-18), 23.000 ont été tués (…) la France reconnaît le sacrifice de leurs pères et de leurs grands-pères". Par ailleurs, insiste-t-on au secrétariat d'Etat, "il ne faut pas mélanger les conflits, il ne s'agit pas de la guerre d'Algérie." 

Mais le sens du discernement n’est pas la qualité première de la dynastie Le Pen, surtout quand il s’agit de l’Algérie, et l’on peut compter sur la digne fille de son père pour attiser une nostalgie fiévreuse toute "zemmourienne", cherchant à faire diversion après avoir été discréditée pour antisémitisme par une "fournée" tendancieuse qui fait tache sur l’image policée du renouveau…

Alors que le 14 juillet se profile à l’horizon dans un ciel menaçant où s’amoncellent les nuages noirs du populisme et de la division nationale, plusieurs mouvements harkis ont lancé la contre-offensive  répondant  « oui ! » au collectif du « non ! » : "C'est une grande fierté que les Algériens défilent le 14 juillet, pour la France et pour les harkis (…), on est dans un souci d'apaisement entre la France et l'Algérie", a déclaré Mohamed Otsmani, délégué de la Liaison nationale des harkis pour la région PACA, l'association qui fédère la plus grande communauté de harkis en France.

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