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De l’antisémitisme des années 30 à l’islamophobie d’aujourd’hui

Par Pierre Stambul.

Il n’est plus possible de faire semblant de ne pas voir. Tous les jours des politiciens injurient ou stigmatisent les musulman.es. Toutes les semaines les « unes » de Valeurs actuelles, le Point, Marianne et bien d’autres insistent sur l’incompatibilité entre la « République » (laquelle ?) et l’Islam. Les violences, les attaques meurtrières se multiplient et pas seulement en France. Enlevez le mot « musulman » et mettez le mot « juif » dans ces diatribes incessantes : la similitude avec ce qui s’est passé dans les années 30 est flagrante. Et ce conditionnement idéologique a permis Auschwitz.

Des termes impropres, mais qui se sont imposés

Le terme « antisémitisme » est totalement impropre. Il n’y a bien sûr pas de race sémite, pas plus que de race aryenne. Il n’y a pas de race. Cette tentative d’essentialiser et de hiérarchiser « scientifiquement » les humains selon leur origine réelle ou supposée et selon leur culture est une de ces abominations que nous a léguée la fin du XIXème siècle. Le mot « antisémite » a été inventé par l’Allemand Willelm Marr (1819-1904), un des théoriciens du racisme biologique, précurseur du nazisme. Parfois des amis arabes me disent : « comment peut-on nous traiter d’antisémites puisque nous sommes sémites ? » Eh bien non, les races n’existent pas et il n’y a pas d’homogénéité dans ce qu’on appelle juif ou arabe : les Juives et les Juifs sont largement descendant.es de converti.es de différentes époques et de différentes régions et dans ce qu’on appelle « Arabes », il y a des Berbères ou des Égyptien.nes qui n’ont rien à voir avec ceux qu’on a la mauvaise habitude d’appeler des Sémites.

Ce terme est une invention de l’ennemi et pourtant le terme « antisémite » s’est imposé. Les antisémites veulent, dans le meilleur des cas chasser les Juives et les Juifs et cette haine paroxystique a pu aller jusqu’à l’extermination au moment du génocide nazi.

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Et le terme « islamophobie » ? Certains pensent que c’est une invention de Tariq Ramadan, des ayatollahs ou de je ne sais quel barbu. Il n’est pas difficile de voir que le terme existait dès le début du XXème siècle. Plus sérieusement, beaucoup rejettent le terme en disant qu’il fait l’apologie de l’Islam et interdit la critique de cette religion. C’est bien sûr faux. L’auteur de ces lignes reste farouchement attaché à « Ni Dieu, ni maître » et au droit d’attaquer les religions. Sauf que … Dreyfus avait une religion dont le corpus est largement archaïque, patriarcal et comprenant des textes qui sont des apologies du meurtre de masse. Il était militaire dans une armée coloniale et ultranationaliste. Et pourtant, ceux qui, dans le mouvement ouvrier, n’ont pas compris qu’il était fondamental de le défendre, se sont lourdement trompés.

Lutter contre l’islamophobie, c’est pareil. Les « musulman.es » ou, pour parodier Sarkozy, les « musulmans d’apparence » sont aujourd’hui massivement des « dominé.es » qui servent de boucs émissaires dans un monde capitaliste de plus en plus féroce. À ce titre, les défendre est une obligation, quoi qu’on puisse penser ou ne pas penser de leur religion comme de toute autre religion. Avant tout, respect, solidarité, égalité des droits, fraternité, droit à la différence, enrichissement mutuel avec eux.

Le retour du refoulé raciste

Parmi les moteurs de l’explosion du racisme biologique en Europe après 1850, il y a une forme de « nationalisme identitaire », un rêve meurtrier de pureté, l’idée que le Noir, le Rom, le Juif, l’Arabe, le Musulman souillent notre société.

Dans « l’actualité d’un archaïsme. La pensée d’extrême droite et la crise de la modernité » (1999), Alain Bihr analyse dans les textes d’écrivains antisémites (Barrès, Drieu la Rochelle, Brasillach) cette quête de pureté.

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Aux États-Unis, le Ku-Klux-Klan utilise les flammes pour purifier l’Amérique. Les Nazis reprendront cette symbolique, ils défileront aux flambeaux, brûleront des livres et finiront par brûler ceux qu’ils ont exterminés.

Rien de nouveau avec ce qui se dit sur les Musulmans. Quand Zemmour parle d’invasion et demande aux Musulmans de « choisir entre l’Islam et la France », il y a cette idée de souillure, d’obstacle à la pureté et d’obligation d’allégeance.

Quand le « journaliste » de LCI Olivier Galzi compare le « voile islamique » à l’uniforme SS, il y a avant tout une obscénité, les SS évoquent les pires dominants, la pire intolérance meurtrière. Comme si les femmes issues de l’immigration post-coloniale appartenaient à cette catégorie ! Mais il y a cette constante du racisme : déshumaniser l’autre, annoncer par la parole que tout est permis. Cette stratégie a été utilisée contre les Juifs dans les années 30 et elle a ouvert la voie à l’extermination. Quand, à chaque numéro, des journaux (Marianne, le Point, Valeurs Actuelles) font l’amalgame islam = islamistes = terroristes, il s’agit d’expliquer que les musulman.es sont un corps étranger en France comme on l’a fait dans la France de Vichy contre les Juives et les Juifs en les chassant de la fonction publique dès 1940.

Certains peuvent penser que l’islamophobie n’existe pas et qu’il ne s’agit que d’un classique « racisme anti-arabe ». Bien sûr, après Auschwitz, il est moins « politiquement correct » de pratiquer le racisme biologique. Mais on se trompe en pensant que cette sinistre explosion raciste ne serait qu’une revanche coloniale après la perte de l’Algérie même si cet aspect est très important (voir plus loin). Ce n’est pas seulement cela. Une telle interprétation n’explique pas les massacres dans des mosquées au Québec ou en Nouvelle-Zélande, ni le fait qu’un politicien néerlandais (Gert Wilders) a construit sa popularité sur la proposition d’interdire le Coran aux Pays-Bas. Encore moins qu’un « ancien » du Front National s’imagine venger Notre-Dame de Paris en attaquant la mosquée de Bayonne.

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L’islamophobie, comme l’antisémitisme autrefois, est devenue le dénominateur commun de tout ce que le monde compte de partis et d’idéologies racistes et xénophobes. Ne pas le comprendre rend inopérant le combat antifasciste. Les deux racismes ont aussi en commun d’être des racismes d’État qui édictent des lois discriminatoires sur fond de stigmatisation au plus haut niveau.

La question coloniale

Les empires coloniaux européens vont soumettre de nombreuses populations musulmanes. Aujourd’hui, le sinistre Zemmour, après avoir fait l’éloge de Pétain, fait celui du criminel de guerre Bugeaud (« Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence par massacrer les musulmans, et même certains juifs. Eh bien moi, je suis du côté du général Bugeaud, c’est ça être français »).

Le colonialisme, et avant lui l’esclavage ou le code noir, sont des périodes fondamentales de l’histoire humaine. Il y aura une croyance majoritaire chez les peuples colonisateurs que « nos » civilisations, « nos » valeurs, « notre » religion sont « évidemment » supérieures à celles des populations colonisées.

Et celles-ci, dans une situation d’exploitation et de domination, conserveront ce qu’elles peuvent de leur mémoire et de leur identité, en particulier l’Islam pour les peuples du Maghreb et du Sahel.

Le colonisateur essaiera de domestiquer l’Islam et d’en faire un relai. Mais il n’y a pas vraiment de clergé sunnite. Cette domestication ne réussira que dans les pays du Golfe. Les colonisateurs s’allieront dès 1920 avec le courant le plus obscurantiste de l’Islam, le Wahhabisme. Le deal est simple : « on vous aide à vaincre le courant nationaliste et à conserver le contrôle des lieux saints et vous nous garantissez le pétrole à bas prix et à volonté ». Cet Islam toléré et complice de la colonisation est celui qui a engendré Al Qaïda ou Daesh. Cet islam féodal, esclavagiste, patriarcal et meurtrier est l’ami de l’Occident qui lui fournit armes et protection. L’islamophobie ne le concerne pas.

Le colonialisme français en Algérie n’est pas seulement une histoire d’enfumades de Bugeaud, de confiscation des terres et des richesses ou de surexploitation de la main d’œuvre autochtone. Royaliste, impérial ou républicain laïque, le colonialisme français va séparer les « musulmans » des « européens » et des « juifs » avec « le code de l’indigénat » qui durera de 1865 à 1946. Pendant toute la durée de la colonisation, seuls 7 000 « indigènes musulmans » seront naturalisés français. Et en 1954, quand l’insurrection éclate, à peine 10 % des « musulmans » savent lire et écrire. Moins qu’en 1830 quand la colonisation a commencé.

Jusqu’à 1961, période où l’opinion française bascule, traumatisée par les nombreux conscrits qui trouvent la mort contre le FLN, il y aura un assez large consensus en France pour dire que l’Algérie, c’est la France et que « nous » apportons la civilisation à une population arriérée. C’est ainsi que, le 13 mai 1958, date du coup d’État qui installe la Cinquième République, des Pieds Noirs en liesse manifestent à Alger en dévoilant de force toutes les femmes algériennes rencontrées sur leur passage.

Le colonialisme, ça aura été aussi l’utilisation massive des colonisés à la fois comme main d’œuvre bon marché et comme chair à canon. Qui sait dans ce sud de la France qui vote fortement pour la famille Le Pen que le Général de Montsabert, censé avoir libéré Marseille, était un des très rares blancs d’une armée essentiellement musulmane ?

Certains regretteront que l’Algérie indépendante soit un pays où la majorité de la population est croyante. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Ce pays n’a pas connu l’équivalent des luttes anticléricales du pays colonisateur. Il y a eu des oulémas aux côtés de marxistes et de nationalistes dans la lutte pour l’indépendance. Et des partis laïques français (à l’instar de la SFIO) ont montré qu’on pouvait être laïque et colonialiste, voire soutien des tortionnaires.

Pour les colonialistes, l’utilisation de la religion ne posait aucun problème. C’est ainsi qu’on aura en France un Jules Ferry voulant limiter l’influence de l’Église en France et envoyant en même temps les missionnaires sur les pas des soldats dans la conquête de l’Indochine. Le même Ferry aura des discours sur les races supérieures et les races inférieures révélant un suprématisme décomplexé.

Il serait faux de croire que le colonialisme, c’est du passé. C’est totalement du présent dans les DOM-TOM français et avec la Françafrique. Comme le chantait si bien le regretté François Béranger en 1979 dans « Mamadou m’a dit » : Les colons sont partis. Ils ont mis à leur place une nouvelle élite de noirs bien blanchis.

L’Occident, l’Islam et les Juifs

La diabolisation du « mahométan » remonte au haut Moyen-Âge. La Chanson de Roland attribue aux Sarrasins une embuscade clairement faite par des Basques. La Première Croisade commence par un massacre de Juifs dans la vallée du Rhin et s’achève par celui des « Infidèles » de Konya ou de Jérusalem.

Le Moyen-Âge est une période où on « construit » l’ennemi : le lépreux, la prostituée, l’hérétique, la sorcière, le Juif, le nomade, le Musulman.
Quand l’Espagne devient un État moderne, elle massacre ou expulse simultanément ses Juifs et ses Musulmans. Elle poursuivra même les descendants des convertis. La « Reconquista » en Espagne s’accompagnera d’une tentative d’effacer la mémoire et la trace de l’Espagne juive ou musulmane. Les synagogues deviennent des églises (Tolède) et les mosquées des cathédrales (Séville, Cordoue).

L’antisémitisme et l’islamophobie modernes puisent leurs racines dans cette histoire.

Quand le colonialisme s’emparera de pays musulmans, ce sera avec un immense sentiment de revanche et de supériorité de l’Europe chrétienne face à des pays qui restent archaïques.

Ce sentiment est écrit noir sur blanc par la Société des Nations après la guerre de 14-18. Alors que les Occidentaux avaient promis l’indépendance aux peuples arabes vivant sous le joug de l’empire ottoman, cette noble institution va créer les « mandats » permettant à la Grande-Bretagne et à la France de dominer la quasi-totalité de la région. Prétexte invoqué par la Société des Nations : « ces peuples ne sont pas assez mûrs et développés pour pouvoir s’administrer ».

Cet incroyable sentiment de supériorité par rapport à un Islam forcément archaïque et obscurantiste est hélas largement répandu dans l’Europe aujourd’hui.

Racisme, religions et instrumentalisation de la laïcité

A-t-on le droit de critiquer les religions ? Oui, mille fois oui ! Une des pancartes en tête de la manifestation contre l’Islamophobie à Paris le 10 novembre disait : « oui à la critique des religions, non à la haine des croyants ».

Dans tous les textes religieux, on va trouver des horreurs sans nom. Mais on va trouver aussi des messages d’égalité ou de justice. Dans la religion juive orthodoxe, on prie en remerciant Dieu de « n’être né ni goy ni femme ». On comprend pourtant que dénoncer ce genre d’horreur vers 1940 n’avait rien d’une légitime critique rationaliste, et ne pouvait qu’apparaître comme un appui à l’extermination qui se préparait.

Il y a clairement dans l’Islam des idées inacceptables et pas seulement sur les femmes, il y en a aussi sur la liberté de conscience. Il y a des conceptions insupportables dans le christianisme, la femme ayant pour seul « choix » celui d’être putain ou mère.

Remarquons quand même que les religions ne sont pas les seules à véhiculer l’ignoble. Le nazisme n’a pas eu besoin de la religion et celle-ci n’a pas joué de rôle fondamental dans les génocides de la fin du XXème siècle.

Critiquer les religions, dénoncer la place qu’elles prétendent prendre pour gérer l’enseignement, la santé, l’espace public est plus que légitime. Défendre les droits des athées et de toutes les croyances minoritaires est un devoir. Il faut rappeler que l’obligation de porter le tchador dans l’espace public iranien est une ignominie qui démontre le caractère dictatorial de la République Islamique ou que la quasi interdiction de l’avortement dans une Pologne dominée par l’Église est une atteinte inacceptable aux droits des femmes de choisir.

Mais l’interdiction du voile voulue par Estrosi et Blanquer ou l’expulsion d’élèves portant le turban sikh dans des lycées de Seine-Saint-Denis, sont aussi inacceptables.

« Vivre ensemble dans l’égalité des droits », c’est accepter l’autre. C’est considérer qu’on peut s’enrichir mutuellement dans la rencontre des différences. C’est refuser l’idée absurde et terriblement dangereuse que le seul choix possible, c’est soit de s’assimiler et de faire disparaître sa différence, soit de se séparer. Il y aujourd’hui un certain consensus en France pour penser que l’époque du « il est interdit de cracher et de parler breton » fut une profonde erreur. L’injonction que les musulman.es deviennent invisibles est du même ordre.

Quant à la volonté d’interdire à des mamans voilées d’accompagner les sorties scolaires, c’est un mépris de classe. C’est une société néocolonialiste et inégalitaire qui veut imposer ses « normes » à une population dominée. Celles et ceux qui hurlent avec les loups sur cette question ne peuvent pas prétendre « aider des femmes dominées ». La première domination, c’est celle d’un colonialisme et d’une société capitaliste raciste.

Si un jour on fait la révolution, on n’interdira pas la cravate, même si elle peut être considérée à juste titre comme un symbole du capitalisme et du patriarcat.

La laïcité est un outil fantastique pour s’opposer aux tentatives des cléricaux d’imposer leur pouvoir et leurs normes. En France, elle a permis de contenir les velléités d’une Église catholique dont la hiérarchie a été systématiquement dans le mauvais camp (contre-révolutionnaire, contre le socialisme, contre les droits des femmes, dans l’Union sacrée, avec Pétain). La laïcité, c’est le libre débat, c’est un outil fondamental pour le « vivre ensemble » dans nos différences.

Mais la laïcité, ce n’est pas l’obligation d’être athée. C’est certes la défense de la mixité, ou celle d’un enseignement qui combat l’obscurantisme, mais ce n’est pas le fait d’attaquer ou de stigmatiser les croyant.es.

Le camp laïque, tellement affaibli par l’amoncellement des lois anti-laïques n’a pas pu ou su dénoncer ce qui s’est fait en son nom : des racistes, des suprématistes et des politiciens ont prétendu défendre la laïcité en tapant sur une seule cible : l’Islam. Des féministes prétendent défendre les femmes voilées, surtout pas en leur donnant la parole, mais en parlant à leur place et en les stigmatisant. Ces attaques teintées de mépris postcolonial et de suprématisme n’ont rien à voir, ni avec la laïcité, ni avec le féminisme.

Universalisme, communautarisme … Sortir de l’injonction et de l’hypocrisie.

Il y a une croyance fréquente, celle que la notion d’universel est uniquement issue des « Lumières » en Europe.

Il y aurait un vrai travail à faire sur ce que les « Lumières » ont amené de fondamental et sur leurs limites. Cette période de l’histoire européenne met certes en question l’absolutisme et met au premier plan les idées de liberté ou d’égalité.

Elle est restée vague sur l’esclavage. Les premiers abolitionnistes se sont réclamés des « Lumières » mais avec des ambiguïtés certaines. Avec les « Lumières », la bourgeoisie a remplacé l’aristocratie comme classe dominante et le capitalisme a fait un saut qualitatif incroyable. Clairement les « Lumières » étaient nécessaires mais pas suffisantes pour l’émancipation.

Des périodes comme la révolte des esclaves de Haïti ou les révoltes anticolonialiste du Vietnam ou d’Algérie ne puisent pas leurs références dans ce cadre. On doit donc être modeste sur la notion « d’universel ».

La construction de ce qu’on considère comme « universel » reste donc liée à des choix politiques. Personnellement, le refus de toute forme d’inégalité (selon le sexe, la couleur de la peau, les choix sexuels, les origines, les croyances, la culture) fait partie de mon « universel ». Le droit à avoir les enfants qu’on désire et à ne pas avoir ceux qu’on ne désire pas, aussi bien sûr. Le droit à un niveau de vie décent, à l’éducation, à un travail épanouissant, à un logement digne est tout aussi fondamental. Le droit à une maîtrise collective des moyens de production fait également partie de mon « universel ».

L’obligation de s’assimiler à un modèle dominant n’a rien d’universel. L’idée qu’une société doit être « homogène » non plus.

On accuse la population postcoloniale d’être « communautariste », de ne pas adhérer aux « valeurs républicaines ». De quoi parle-t-on ?

Dans notre chère république laïque, des millions de personnes sont discriminées au travail, au logement, à l’éducation. Ils/elles sont stigmatisé.es en permanence, insulté.es et méprisé.es, soumis.es aux pires violences policières et à une justice complice. Il est impensable d’avoir un discours vis-à-vis de ces personnes du genre : « on va vous défendre, mais à condition que vous soyez invisibles, que vous nous ressembliez ». Cette assignation et ce discours paternaliste sont inaudibles. Des associations antiracistes professant ce que j’appellerais gentiment un antiracisme moral ont perdu le contact avec les victimes du racisme parce qu’elles refusent de leur donner la parole. L’idée qu’il est moralement inacceptable d’accepter la moindre idée ou le moindre comportement raciste ou suprématiste est fondamentale. Elle ne suffit pas.

La seule attitude à mes yeux acceptable c’est : « nous allons lutter tou.tes ensemble pour défendre les droits de tou.tes, la dignité et l’égalité ».

Sur l’islamophobie, même certain.es qui reconnaissent qu’il s’agit d’une forme majeure de racisme reculent sur le fait d’accepter que les musulman.es puissent s’organiser. On a pu constater de fortes réticences des partis, des syndicats et des associations défendant la Palestine quand les « musulman.es » sont descendu.es dans la rue.

En finir avec les faux prétextes.

Qu’entend-on souvent :
- « Soutenir les femmes voilées, c’est faire la promotion du voile » ! Ah bon ? Et soutenir Dreyfus, c’était promouvoir une religion archaïque et misogyne ou c’était soutenir une armée coloniale » ? Non, c’était soutenir une victime emblématique du racisme et de la haine.
- « La religion ne doit pas apparaître dans l’espace public, sinon on brade la laïcité ». Erreur : la religion n’a jamais disparu de l’espace public. Ce que la laïcité a combattu, c’est la prétention des religieux à vouloir gérer nos vies. La laïcité s’impose d’autant plus qu’elle apparaît comme la garantie du « vivre ensemble ». Si elle apparaît comme une idéologie coercitive voulant imposer un modèle unique, on tire contre notre camp.
- « Les femmes qui portent le voile sont soumises et font du prosélytisme ». J’invite celles et ceux qui croient en cette légende urbaine à discuter avec ces femmes, à identifier leur « domination » qui ne sera peut-être pas celle qu’on imagine.
- « On ne peut pas manifester avec des Islamistes, des Frères musulmans … ». De quoi parle-t-on ? Il existe en France des associations musulmanes. Certaines collectent de l’argent pour la Palestine. D’autres assurent la défense juridique des victimes de l’islamophobie. On accuse le CCIF (Collectif Contre l’Islamophobie en France) d’être une émanation des Frères Musulmans. D’où sort cette accusation (qui sent particulièrement mauvais quand on sait que notre cher pays soutient et arme la dictature de Sissi qui a multiplié contre les Frères Musulmans les pires atrocités) ? Elle vient de la presse pourrie raciste, celle pour qui Islam = Islamiste ou Hamas = terrorisme. Celle qui a approuvé dès le départ la « guerre du bien contre le mal » cher au président Bush, le mal étant évidemment l’Islam.
- « Quand on dialogue avec des organisations musulmanes, on leur donne une légitimité ». Les organisations musulmanes ont leur place dans notre société. Si on a des convictions, on ne doit pas avoir peur de confronter leur discours au nôtre. J’ai été invité au Bourget par l’UOIF (association pour laquelle je n’éprouve aucune sympathie particulière) à une table ronde sue le thème : « les Musulmans ne sont pas responsables de l’antisémitisme ». L’imam de Bordeaux a expliqué que rien dans le Coran ne poussait à la haine des Juifs et moi, j’ai développé mon discours : juif athée, défendant les droits du peuple palestinien et le vivre ensemble, expliquant que c’est le christianisme et l’Europe qui ont développé l’antijudaïsme. Beaucoup de gens ont découvert avec plaisir un discours non communautaire, antiraciste, laïque et à mon sens universaliste.

Alors il est peut-être temps pour tous les gens de « mon » camp de sortir d’un discours qui se croit progressiste mais qui stigmatise une bonne partie du prolétariat de notre pays. Continuer à s’aveugler ne mène nulle part, sauf à renforcer les fachos.

Le 10 novembre à Paris, beaucoup criaient « le problème, c’est pas le voile, c’est la misère sociale » avec la variante « c’est le grand capital ».
Ils/elles avaient raison.

Pierre Stambul

Union juive Française Pour la Paix

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23 commentaires

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    • Pas pour notre ami Kalim, qui ne s’intéresse absolument pas à l’histoire, ni à la réalité.
      Sur un autre fils, j’ai eu droit à l’impossibilité du racisme chez les arabo musulman…Allez dire ça au migrant d’Afrique sub-saharienne en Lybie, vendu sur de nouveau marché aux esclaves…

  1. Un constat honnête qui fait du mieux qu’il peut mais qui reste assez gentil envers le sionistan et très méchant sur l’Iran. Il y a des évidences qui frappent le lecteur éclairé. A chacun ses idéaux et son affect bien entendu cela ne me dérange pas. Ceci dit, il faudra m’expliquer ce que signifie “juif athée” et “berbère” qui sont des notions pour le moins étonnantes et surtout qui ne veulent rien dire. Je suis toujours plus curieux encore de voir une nouvelle définition du berberisme (= barbare en arabe) i.e. du barbarisme ou encore l’étranger-isme pour désigner les maghrébins mais c’est encore toujours plus bizarre quand j’apprends que le judaïsme athée existe. À notre époque de désorientation collective instiguée par les sots de l’occidentalisme racialistes je ne peux que compatir face à l’utilisation de ces notions absconses.
    Je serais beaucoup moins bisounours personnellement. Il n’y a aucun soutien qui permet aux musulmans de tenir bon. Aucun qui ne soit réellement désintéressé. Il y a un programme étatique évident : nous faire abondonner notre religion. À ce titre, personne ne nous domine sinon Allah swt. Tout juste sont-ils capables de nous opprimer et massacrer mais là encore c’est toujours celui qui a la rage qui est à plaindre car c’est lui le malade.
    Quant à la laïcité, il faudra m’expliquer ce que c’est en dehors de la loi 1905 et la liberté de culte en public et en privé. C’est comme l’école laïque qui nous apprend la fable des grecs premiers en tout (Socrate n’a jamais rien écrit voire même pas existé mais a déjà tout dit et écrit) et l’histoire mythologique des juifs en premier, puis les chrétiens et les gentils derniers j’ai nommé les musulmans. Dire qu’il s’agit d’une école dénuée de croyance est tout de même intenable car il n’y a aucune preuve de ces assertions mythologiques.
    J’ai une autre vision sur la base du même constat. Ces 18 dernières années, 35 millions de morts musulmans ont été massacrés et des millions sont sous embargo, risque d’être exterminés ou sont en camp de concentration et/ou oppressés. La réalité est que le tentation d’une mise à mort de l’islam hante de plus en plus de personnes dans le monde au point de commencer un nouveau fascisme dont l’objectif est d’éteindre la mémoire de l’islam. Et c’est bien l’Iran des ayathollah qui a mis en échec l’empire anglo-sioniste. Ce n’est ni le Maghreb ouvert et tolérant, ni les pays laïques du moyen-orient. L’Iran a réussi là où même la Turquie a échoué soumise qu’elle est avec les EAU et l’AS à l’instar de la France et l’Europe. En dehors du fait que l’Iran est dur, personne ne peut dire qu’il ne s’agit pas d’une démocratie républicaine et d’une société accueillante et multiculturelle. Je rappelle que le shah, avec le soutien démesuré des occidentaux, voulait effacer l’islam de l’Iran, lui et ses amis laïques.
    S’attaquer à la religion c’est s’attaquer à ses fidèles, il ne sert à rien de le nier. Si critiquer vaut pour toutes les croyances, dont l’athéisme et ses millions de morts et génocides, la critique intègre et dépassionée est obligatoire.
    Ne pas aimer ceci, cela, cette couleur-ci ou ce genre là relève de la liberté de choix. Personnellement, cela ne dérange pas car j’y suis totalement indifférent. Le problème sont les doctrines humaines qui sont critiquables en réalité car elles se basent toutes sur des croyances dont la laïcité où on voit bien qu’elle est l’instrument des pires dérives au vu, au su, et parfois, trop souvent, avec l’assentiment de beaucoup de monde.
    Mais là encore, je ne dis que des fadaises. Liberté de conscience, liberté d’expression, savoir libre ne peuvent pas être des lois humaines car ces libertés ont été instituées par Dieu et personne ne peut les ôter à ceux que Dieu a décidé qu’ils garderont quoiqu’il arrive une liberté de pensée qui penche toujours plus vers la vérité.
    Les empires qui ont détruits les pays musulmans en arriérant une énorme partie de sa population n’ont pas réussi leurs objectifs. C’est cela la force de l’islam : des gens pauvres passant pour analphabètes le plus souvent mais doués d’intelligence insoupçonnée, très instruits et civilisés en réalité ont mis en échec des élites racistes suréquipés.
    Quant aux lumières, il ne faut pas oublié les lumières du racialisme, de l’eugénisme, du colonialisme, de l’esclavage, de l’extermination et des génocides, le bilan est définitvement calamiteux si on y ajoute le nucléaire, l’environnement et le climat.
    Comment oser croire qu’il existe des idéaux au-dessus de l’islam qui puissent détourner les musulmans de l’islam ? Pensez-vous vraiment convaincre avec un tel bilan. À ce titre, quelle liberté n’existe pas dans le Noble Coran ? Elles y sont toutes dont les valeurs de la laïcité en tant que droit : pas de clergé en islam, nulle contrainte en religion et à chacun sa religion. Ceci est unique parmi le monothéisme et le Noble Coran ne contient aucune violence, mais oui, il répond à la violence de l’Homme. La défense est un devoir obligatoire face à toute agression. Si on attaquait mon pays ce serait un devoir divin pour moi.

    Un musulman n’est ni de gauche ni de droite. Ce sont en tout cas des croyances absconses Le plus important est l’équilibre et la justice pour le bien de tous. L’extrême droite est d’une affligeance et d’une pauvreté intellectuelles ignominieuses. Elle parle sans connaître. Même son nombril elle ne le connait pas, et pourtant elle le regarde tout le temps. Mais c’est cela les bigots.

    1 – Les musulmans indiens sont chez eux.
    2 – Le xijiang n’a jamais appartenu très longtemps à la Chine historiquement, la Chine est un conglomérat d’éthnies et les ouïghours musulmans sont chez eux, c’est la Chine qui colonise et souhaite leur ôter leur indépendance.
    3 – Les birmans musulmans sont chez eux.
    4 – Les tchétchènes ont le droit à l’indépendance face à une Russie fédéraliste regroupant plusieurs nations de manière plus ou moins autoritaire

    Ce que nous apprend cette histoire, comme depuis toujours d’ailleurs, c’est que les hindous intégristes, les athéegristes chinois, et les bouddhistes intégristes birmans sont à tendance génocidaire des camps de concentration. Rien de bien différent avec les athéegristes russes des goulags ou les cathos et athées nazis des chambres à gaz. Rien de bien différent avec le régime sioniste d’apartheid à tendance embargo-génocidaire cruel et lent en Palestine historique et antique non plus.

    Comme toujours les musulmans n’attaquent jamais mais doivent se défendre.
    Byzance <> Califat
    Croisades <> Andalousie
    Mongols <> Ouïghours-Turcs
    Extrêmistes Hindous et massacres <> Domination de l’Inde

    ça c’était avant et de nos jours
    URSS-Russie <> ???
    NWO <> ???
    Athéegrisme chinois <> ???
    Intégrisme hindous <> ???

    Plusieurs dizaines de millions de musulmans morts à travers le monde, des centaines de millions sous embargos, des millions sous camps de concentration et/ou à la limite de l’extermination. J’espère que la deuxième impulsion arabomusulmane établira une andalousie et une paix mondiales en unions avec les braves et les valeureux comme d’antan. Cela suffit le barbarisme sous couvert de la civilisation. Aucune croyance, sauf l’islam, n’est apparemment capable de vainqure en faisant profiter tout le monde pour une paix durable sans génocide ou massacre de populations. Cela en devient fatiguant, les arabomusulmans aiment bien passer du temps avec leurs femmes, leurs enfants, leurs famiilles, commercer intelligemment sans usure, et développer la science religieuse, technique et littéraire tout en apprenant à connaître les autres croyants. Mais la haine des autres est incommensurables tant leurs fausses croyances les rend instables. Les arabomusulmans, qu’ils soient arabes, perses, turcs, chinois, birmans, français, palestiniens ne demandent que vivre en paix. Il faut savoir rester modeste et humble face à La Civilisation Humaine car c’est une lourde responsabilité quand Allah swt donne ses clés à un peuple ou des peuples. L’arrogance est destructrice, l’humilité construit. Apparemment, tout le monde se vante de sa zone civilisationnelle avec barbarisme et donc sans comprendre ce qu’est une civilisation. Sans quoi ils auraient un peu plus de respect et de quiétude envers ceux qui l’ont fait naître par la Grâce d’Allah swt.

  2. Pourquoi l’auteur de cet excellent article se dit-il « juif athée » ? N’est-ce pas là un oxymore ? S’il est athée, il n’est pas juif. Il vient de démontrer qu’il n’exIste pas de race sémite et, à fortiori de race juive. L’ expression paradoxale de « juif athée » ne contient – elle pas déjà un relent de racisme, sans doute inconscient certes ? Ou tout au moins l’intégration du point de vue des racistes ?

  3. Partition des Indes : hindous contre musulmans, notamment naissance du conflit entre le Pakistan et l’Inde dans le Cachemire qui dure encore aujourd’hui. Birmanie : bouddhistes contre musulmans perçus comme des envahisseurs issus de l’Inde. Chine : PCC contre musulmans (mais aussi croyants de toutes les religions étrangères) sur fond d’attentats islamistes. Que des conflìts d’ordre religieux sur fond d’exacerbation des nationalismes et de réactivation de veilles haines historiques.

    La colonisation ou la migration musulmanes ont peut-être pris dans certains pays comme l’Indonésie mais pas dans tous. Voilà le problème. Les musulmans d’aujourd’hui payent l’histoire et aussi l’attitude des islamistes agressifs aujourd’hui, sur fond de rejet de l’acculturation issue des colonisations comme de la mondialisation. C’est ça qui est vrai partout dans le monde. Rien à voir avec une quelconque persécution généralisée et arbitraire et que l’on voudrait faire passer pour un martyre. Quant aux pays musulmans eux mêmes en quoi ont-ils prouvé leur tolérance vis à vis des autres religions ?

  4. Assalamou ‘alaîkoum. L’Union Juive pour la paix dont se revendique l’auteur Pierre Stamboul a publié je crois me souvenir un certain nombre d’articles sur ce site, je me demande si c’est pas le groupe où se trouve Michèle Siboni très agissante.

    Sur la question de l’anti-sémitisme, enfin je veux dire l’anti-Judaïsme ou anti-Israïlisme, comment je fais pour savoir à quel moment je serais anti-Juif et à quel moment je serais anti-Sioniste ? J’ai l’impression que les gens d’attavisme Juif ou de descendance Israïlite, quand ils sont anti-Sionistes sont souvent Islamophyles, Michèle Siboni l’est probablement. Ne pensez pas que leurs critiques du mouvement Sioniste sont moins fulgurantes que les nôtres, vous vous tromperiez.

    Pour savoir la distinction entre les Sionistes et les anti-Sionistes parmi les gens d’attavisme Juif ou les Juifs de religion, je ne connais rien de plus parlant à l’esprit, presque comme une identité remarquable en mathématique, que deux personnages, à savoir, Bernard Coutchner et Rony Braudman. Je ne sais pas si l’un ou l’autre sont Juifs de religion, je les prends tous les deux comme étant d’attavisme Juif, sans aller plus loin. Pourquoi Rony Braudman me plaît tandis que Bernard Coutchner me débecte ? Tous les deux, Bernard Coutchner d’abord, Rony Braudman ensuite ont présidé le même organisme humanitaire important, « Médecins Sans Frontières ». Voyez jusqu’à quel point ils ont des éléments d’identité, de rapprochement. La différence, c’est que Bernard Coutchnert est Sioniste et néo-conservateur, qui pointait à gauche, le second, Rony Braudman est anti-Sioniste et se tient éloigné de la thématique tueriffère et hypocrite du devoir ou droit d’ingérance que Bernard Coutchnert vantait sans pudeur, aplaudi d’une gauche molle et complaisante. C’est en comparant les sentiments que produisent en moi ces deux personnages qui ont bien des choses communes dans leur parcours que j’arrive à définir aussi rigoureusement que possible, que je hais le Sionisme et pas les gens d’attavisme Juif tous ensemble. L’un était clairement Sioniste et partisan des guerres milioniennes, l’autre s’en tient à distance. Donc il y a toutes sortes de gens d’attavismes Juif comme d’autres attavismes, probablement beaucoup sont indifférents, ou changeants, certains sont Sionistes, certains sont anti-Sionistes. Les gens justes et équilibrés, Musulmans ou pas, aimeront Rony Braudman pour ses faits et ses dires, ils haïront Bernard Coutchnert pour ses faits et ses dires, schématiquement. Testez vos cœurs et interrogez-vous, si vous préférez Rony Braudman à Bernard Coutchnert, ce ne sont que leurs actes et dires les plus connus de vous qui font la différence.

    Emmanuel Todd est également d’attavisme Juif, d’origine Espagnole lointaine semble-t-il, je ne connais pas de meilleur avocat des Musulmans de France et du monde ni meilleur procureur du Sionisme, quand vous le lisez, vous avez l’impression qu’il exprime en bonne forme vos ressentis vagues et informulés. Voyez, écoutez Michèle Siboni qui nous défend tant, elle est d’attavisme Juif, mieux, elle est revenue de l’état Sioniste dont elle a connu le mal.

    Et il y a certaines Juives féministes d’apparence, anti-Arabes en réalité, comme ce fut le cas d’Elisabeth Badinter qui aplaudissait la guerre livrée à l’Irak en 1991 en substance, comme une guerre légitime contre un sud viriliste,… donc pour son féminisme à elle, le nombre des victimes importait peu. Bon, c’est pas du féminisme authentique ça, c’est du Sionisme déguisé.

    Je cite encore alors là, le cas formidable de Stéphane Hessel, ancien résistant et Juif d’attavisme et peut-être de religion je ne sais, mais d’un anti-Sionisme à la fois calme et percuttent. Je me souviens d’une émission radio un samedi après-midi, c’était en 2009, au journaliste qui l’invitait, il dit en substance tenez-vous bien, que l’arme du Hammas est légale, que l’aviation Israïlienne est illégale, et il a insisté bien que le journaliste incrédule l’ait repris croyant mal entendre, puis visiblement gêné il a trouvé une quelconque parade pour changer le cours de la conversation. Ah, ce n’est pas tous les jours qu’on entend ça sur une grande radio Française, j’ai cru rêver.

    Et dans le monde des sciences, qui nommerais-je mieux que le spécialiste des sols, pédaulogue et agronome, le vieux Daniel Nahon aux cours et aux conférences magistrales et autoritaires, dont le souci, la hantise, c’est la cause des sols et des ressources agricoles, donc l’alimentation de l’humanité, il a enseigné à Marseille, au Maroc, il a étudié les sols de pays en voie de désertification, mais sauf erreur, jamais il ne parle de l’état Sioniste, pas une seule référence ni un cours qu’il y aurait donné, un écologiste dur, un humaniste intransigeant, j’ignore s’il vit encore.

    Donc tout ce monde divers et varié des Juifs de religion ou seulement d’attavisme représente toute une palette, plus large que certains intelllectuels médiatiques Français. Ceux qui s’expriment le plus et sont mieux mis en avant ne sont jamais les vrais représentants de quoi que ce soit, on ne connaît jamais un groupe de gens à travers ce qui en paraît le plus, la vertu, la valeur n’est jamais médiatisée ainsi. BHL, Zemmour et leurs semblables ne sont qu’un petit élément, l’élement Sioniste qui n’a pas autant de génie que d’autres qui n’ont pas le vent en poupe. Aimons les actes justes et bons, rejetons les faits injustes et mauvais, ainsi nous serons sûrs de ne recéler en nous aucune haine essentielle et donc injuste par elle-même. Si vous êtes pour la justice, selon le chant de Bethoven, vous êtes déjà vainqueurs.

    Croissant de lune.

  5. Lisez “Le venin dans la plume” que vient de faire paraître remarquablement Gérard NOIRIEL sur cette comparaison entre l’Edouard Drumont de l’antisémitisme des années 3 et Eric Zemmour et son Ani islamisme d’aujourd’hui..

  6. @Leo.

    Il vaut mieux lire André Versaille. Cet « intellectuel de gauche » dénonce l’aveuglement de sa famille politique qui s’exalte dès qu’elle entend à l’étranger « révolution du prolétariat » sans savoir ce que cela recouvre (exemple des pieds rouges lors de l’indépendance de l’Algérie) et s’indigne en France aux propos de son ennemi héréditaire, l’extrême droite, même quand ils sont républicains. Résultat cette gauche a soutenu le stalinisme, a été munichoise par pacifisme, a collaboré sans s’engager franchement dans la résistance tant que durait le pacte germano soviétique, s’est émerveillée face au maoïsme, au castrisme, a encensé Khomeiny, … Et même avant, la gauche a promu l’aventure coloniale au nom de la « mission civilisatrice » de la France. Mais la gauche révise l’histoire pour masquer ses erreurs, tout en continuant à se voiler la face.
    Surtout elle n’a pas été foutue de convaincre les français lors des dernières élections présidentielles (certains naïfs avaient bien voté massivement pour Melenchon pensant assister au retour de Jesus plutôt que de voir en lui le dictateur de gauche qu’il est dans le fond) et ne fait que s’effondrer davantage. La gauche ne comprend plus le monde depuis longtemps malheureusement. C’est ce qu’il faut en déduire.

    • @ Z ou Zarathoustra au choix, donc voilà comme c’est bien déballé, la droite n’a rien fait de mal, ni Vishi ni Franco ni Adolphe Hitler ni autre chose. Ah mais oui, c’est vrai, la droite la plus extrême ressemble un peu à la gauche quand, quand, quand elle redécouvre le réel et quand elle a bien lu et relu les territoires perdus, pas vrai? Comme Zarathoustra, comme Zemour, et paraît-il comme Adolphe Hitler. A force d’aller vers la gauche on finit par se retrouver à droite, on ne sait plus où on en est, un certain Zarathoustra dans un ancien com nous a pondu que oui, il a votté Benoît Hamon au premier tour, le votte des plus gauchistes des électeurs, mais après, il s’est réveillé, a repris contact avec le réel, donc maintenant, il fait la sourde oreille quand on lui dit que Zemmour n’est qu’à un micron de distance des limites légales, un petit micron avant l’appel délibéré au meurtre. Son histoire du général Bugeaud est inattaquable légalement, moi aussi, je pourrais prendre Napoléon et dire qu’à Austerlitz j’étais pour Napoléon parce que je suis Français, on sait bien que ça veut rien dire. La citation de Zemmour n’était que celle d’un lâche qui sous-entend sans risque un appel et encouragement à violence sans s’exposer lui-même ni aller au baston. Pourquoi est-ce que le courageux Zarathoustra n’exprimerait pas délibérément ici ce que le pleutre Zemmour, soucieux de sa personne évite de faire ouvertement? Allez jusqu’au bout, Zarathoustra et identifiez-vous, soyez brave, on se sent mieux après, je vous y invie. C’est quoi que vous voudriez dire sans encore oser? Allez, et faites-nous des leçons tirés des territoires perdus, nous autres qui sommes rétifs et ne voulons pas prendre conscience de notre ob-scu-ran-tis-me profond, dites-nous à quel point nous sommes mauvais et de quelles parties de nous-mêmes nous devrions nous amputer.

      Croissant de lune.

      • Croissant de lune : Comme d’ habitude, vous êtes un maitre du pathétisme, votre mauvaise foi, ou votre bêtise, au choix, pourrait nous tirer les larmes, si nous étions dupes de votre atrophisme intellectuel . Pour vous, on est dans un camp, ou dans l’ autre, c’est vraiment simpliste, comme raisonnement, surtout pour disqualifier, quelqu’un, qui vient de vous un cours magistral, qui vous reste en travers de la gorges. parce que oui, Z, a totalement raison, dans son exposé sur la gauche, et je ne pense pas pour autant, qu’ il soit d’extrême droite, ça c’est bon pour les petits esprits, qui ont des œillères, comme les ânes, pour les obliger a aller tout droit.
        Maintenant, votre propre démonstration, ne nous prouve rien de ce que nous savions déjà, que le bien, tout comme le mal, n’ont pas de camps, qu’ ils y a des gens biens et mauvais partout, rien de plus. Mais, en fait, vous vous enfoncez, en voulant a tout prix démonter la droite, vous défendez le mauvais de la gauche. Nous avons pu remarquer, que ce n’ est pas la première fois,que vous défendez l’ indéfendable, vous ne devez certainement pas beaucoup diversifier vos lectures.

        • Merci Cheyenne. Non je ne suis pas d’extrême droite. Mais je ne réponds plus à ce commentateur comme à d’autres d’ailleurs. C’est une perte de temps. Bien à vous.

  7. Mouais bof. Vision relativement manichéenne qui considère visiblement par principe les musulmans comme les nouveaux damnés de la terre, victimes de l’éternel oppresseur occidental. Le colonialisme et l’impérialisme arabo musulmans comme la traite orientale n’ont jamais existé même si on évoque la reconquista. Le terrorisme qui continue à nous frapper n’a aucun impact sur la vision que les français ont de l’islam. Oui tout vient de l’atavisme colonialiste des français, des européens, des occidentaux même si on constate un phénomène de rejet de l’islam en Asie (Inde, Chine, Birmanie, …). Le racisme est un phénomène spécifiquement occidental plutôt qu’universel.
    Bon dernier point. Jusqu’à plus ample informé, ce sont les juifs en proportion qui font l’objet du plus grand nombre d’agressions en France, aujourd’hui. Et l’antisémitisme n’est pas que le fait des néo nazis.
    J’ai l’impression que vous étiez à la manif contre l’islamophobie et qu’en tant que non musulman vous aviez besoin de vous en expliquer, histoire d’éviter tout amalgame avec des islamistes qui n’existent d’ailleurs pas en France. L’exercice est parfaitement réussi. Vous n’êtes pas un islamo gauchiste mais bien un républicain, défenseur de la laïcité.

    • Alors lisez bien Zarathoustra, il écrit en substance qu’on constate rejet des Musulmans en Inde, Chine, Byrmanie. Et il préfère le vocable “rejet” il semble à tous que ça va bien au-delà du rejet, mais ce que sous-entend Zarathoustra, soyons clairs, c’est que les épreuves des Musulmans étant générales et universelles, c’est que ce doit être défendable et pour de bonnes raisons. Si c’est ainsi, on pourrait périphraser, prendre les épreuves vécues de Juifs à travers les pays et les âges, des Chrétiens, et beaucoup d’autres y compris des peuples disparus, décimés, c’est que c’était pour de bonnes raisons, si tant de gens en agissaient ainsi, c’est que peut-être c’était chose juste ou qu’il est permis de s’interroger. Donc si Zarathoustra lui-même vivait un jour grande épreuve ne la considérez pas comme injuste et inéthique, c’est que ça viendra de lui, n’est-ce pas? Moi, je n’entends rien à cette réthorique, je ne l’ai lue que dans la fâchosphère, comme si le grand nombre conférait la vertu et excusait les méfaits. Demandez-lui ce qu’il reproche aux Musulmans, demandez même à Eric Zemmour, après les circonlocutions et les envolées pseudo-lyriques, eh bien ils ne sauront rien articuler de sensé, de saisissable, ils reprochent aux Musulmans d’être Musulmans, voire d’être tout simplement. Trop de gens sur terre, n’est-ce pas? A chaque siècle son tiers-exclu, son bouc émissaire. Si vous n’êtes pas de l’avis de Zarathoustra, c’est que vous êtes écolo-gaucho-bobo-islamo-compattibles et collabos, voilà ce que vous êtes, et pour sortir du politiquement correct, mais aprenez à blâmer, à haïr l’adolescente Suédoise, emblême et symbole de quoi? De la volonté généreuse de vivre en harmonie. Osez-vous encore persister à vouloir le bien de l’homme et de l’humanité? C’est que vous n’êtes pas dans le réel, allez immédiatement lire les territoires perdus, ça vous rééduquera. Le racisme est universel a dit notre Monsieur, soyez racistes que diable au lieu de persister béats à aimer tout le monde. C’est qu’on vous a bourré le crâne dès la communale, soyez indéférents, soyez vraiment anti-conformistes, soyez racistes, osez!

      Croissant de lune.

  8. Merci à l’Union Juive Française pour la paix. Vous avez beaucoup de courage car vous êtes, me semble-t-il, minoritaires parmi les juifs à oser condamner les atrocités commises par un état qui se réclame de votre religion. Je ne connais pas bien le judaïsme mais j’aurais beaucoup de mal à croire qu’il autorise de telles persécutions et assassinats, pas plus que ne les autorise le christianisme et l’islam. Je pense que les dirigeants israéliens ne sont pas plus juifs que ceux de daesch ne sont musulmans, ou les nazis chrétiens. Nous devons tous ensemble nous opposer à ces horreurs, assumer nos différences et en faire une richesse, en toute amitié.

  9. Salam, les gauchistes faibles seront bien en peine de répliquer à cet article clair, qui déconstruit d’avance leurs arguties habituelles pleines d’ambiguïté volontaire ou non. Les fâchos ne sauraient répliquer à ces arguments forts sans se démasquer totalement.

    J’aimerais bien croire que l’auteur que je félicite exagère dans son article, mais hélas, les choses semblent bien aller dans ce sens à vitesse croissante. Les appels à violence ne sont plus très masqués, un Eric Zemmour ne s’arrête qu’à un micron de distance avant les limites légales, l’intention est surentendue. Qu’en sera-t-il dans un an d’ici si on n’y met sérieusement un frein ? Tant d’appel à haine et violence aussi fréquents ne peuvent pas s’expliquer sans complicité, complaisance ou passivité de la gouvernance. Mais un jour ou l’autre, les mots sont suivis d’actes.

    Cet article lucide fait du bien, il répond un peu à un article plus ancien de quelques jours, « L’hiver vient ».

    Je forme le vœu que la modération permette le dépôt le plus rapide possible des commentaires longs à publier, il est urgent de parler, de se parler, on n’a plus le droit de se taire. Oumma.com, publiez plus vite, ne censurez plus autant, du choc des idées jaillit la lumière, si l’auteur intervient lui-même la conversation aura plus de sens, vive la parole libre sur ce forum.

    Croissant de lune.

    • bonjour,
      je ne suis pas toujours d’accord avec vous, mais je vous rejoint totalement sur votre dernier paragraphe. Le dialogue et l’échange(m^me si des fois on s’emporte) sont les meilleurs remèdes à la peste brune. Personne n’a peur de ce qu’il connait, de ce qu’il fréquente.

    • Vous êtes pour le débat dit-vous ! Alors que votre première phrase reprend le dogme de la gauche :
      – article premier : la gauche à toujours raison.
      – article deux : en cas de défaillance c’est l’article un qui rentre en vigueur.

      Nous avons à faire ici à un texte d’extrême gauche d’un groupuscule (ni dieu ni maitre) qui ne justifie sont existence que par son opposition à un autre groupuscule d’extrême droite.

      Cette tentative de récupération : « nous allons lutter tou.tes ensemble pour défendre les droits de tou.tes, la dignité et l’égalité » n’est pas sans rappeler les beaux jours de l’international socialisme de l’après guerre d’il y à 70 ans. La “lutte des classes” ayant perdu sa signification (rappelons nous du “travailleurs travailleuse” d’Arlette Laguiller) il faut lui trouver un substitue.

      • mais si l’on ne se parle pas, alors c’est fini. On va se retrouver dans une société morceler, ou chaque groupe aura peur des autres, et cela finira alors dans la violence.

        • Citation :
          “Alors il est peut-être temps pour tous les gens de « mon » camp de sortir d’un discours qui se croit progressiste mais qui stigmatise une bonne partie du prolétariat de notre pays. Continuer à s’aveugler ne mène nulle part, sauf à renforcer les fachos.”

          Pierre Stambul s’adresse à « son » camp (la gauche) “qui stigmatise une bonne partie du prolétariat”. Ici les musulmans sont assimilés au “prolétariat” (on ne perd pas facilement ses vieux réflexes à l’extrême gauche). Les “fachos” restent l’ennemi à abattre et il faut le renfort de toute la “gauche”. (Tout ce qui au-delà du PC est considéré comme “fachos”)
          Bon courage pour le dialogue !

          • attention, je n’ai pas dit que c’étais toujours facile, il arrive que l’on s’emporte, il arrive que sous le coup de l’émotion des nom d’oiseaux fusent, il arrive aussi de se tromper de cible, et d’attaquer la personne envieux et place de son argumentation…mais je pense que l’on a pas d’autre choix. Le dialogue reste la base du vivre ensemble, la base de la politique, qui est notre “mise en commun”.
            Et oui, y’a des fois aussi, ou j’ai pas le courage…bien a vous

  10. L’antisémitisme est une invention raciste, en revanche les langues sémites existent et elles ont une richesse intérieure largement différentes des langues indo-européennes, ce qui explique leurs propensions pour les métaphores, les double, triple, quadruple, etc sens, la spiritualité, la poésie, la sensualité, ce qui a permit la naissance de la trajectoire unitaire (monothéiste) en araméen, en hébreu, en arabe ou en guèze. Et ce qui explique que l’écriture de la Bible en grec ou du Coran dans une autre langue que l’arabe a au mieux réduit la signification du texte, au pire l’a perverti. C’est ce « sémitisme » que l’Europe païenne ou néo-païenne a mal saisi et n’a souvent pas voulu tolérer tout en sachant que c’était là la source de sa propre épopée. Donc il y a un antisémitisme biologique, racial, raciste et il y a derrière le refus du « sémitisme » spirituel véhiculé par les juifs sémites, puis les chrétiens sémites puis les musulmans sémites. Ce que le pape lui-même a finalement accepté de définir comme « des Sémites spirituels ».

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