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Contre la violence, pour un idéal de société fraternelle

Il est essentiel aujourd'hui, alors que notre République et les valeurs qu'elle incarne sont menacés, de témoigner de notre indignation face à l'horreur et de condamner la violence et les extrémismes de tout type. Rien ne justifie la violence dont nous avons été les témoins ces derniers jours en France, en particulier lorsqu'elle porte atteinte à la vie. La France a permis depuis des siècles un brassage des individus, venant de tous horizons, qui fait sa force et en fait un modèle de vivre-ensemble à travers le monde.
En ces temps de crise, d'incertitude, où la violence et les extrémismes trouvent un terreau fertile, il est important que toutes les bonnes volontés œuvrent ensemble pour la stabilité de notre pays et pour que le respect et la sacralité de la dignité humaine soient placés au cœur de notre projet de société.
L'ennemi apparaît clairement identifié, même si on ne le cite jamais précisément. Mais c'est bien l'islam qui est insidieusement visé, aujourd'hui comme hier, à travers nombre d'insinuations, de tournures de phrases, stigmatisantes, émanant d'intellectuels, de politiques et de médias, déterminés à faire corps face à "l'axe du mal". L’islam serait la matérialisation du mal sur terre. Il serait source d'inspiration pour tous les "détraqués", produits de la société, instables et fragiles psychologiquement, prédisposés à passer un jour à l'acte et à commettre l'innommable. Il serait synonyme d'anéantissement des libertés, de retour de l'obscurantisme moyenâgeux en Occident et dans le monde, d'anti-modernité, de relégation de la femme au statut d'objet. Le diable existe bien et c'est l'islam qui le matérialiserait car il est source de tout mal et de toute la misère du monde. 
Ces "croisades" des temps modernes trouvent à travers ces tueries une légitimité infaillible que nul n'est en droit de contester. Certes, le citoyen de confession musulmane a le devoir, à l'instar de ses concitoyens de même confession que lui ou non, de condamner inconditionnellement l'expression de la barbarie, de la haine et de la violence, a fortiori lorsqu'elle entraîne la mort d'individus. Sa conscience citoyenne, sa foi, son sentiment d'appartenance à la Nation, le conduisent naturellement à agir ainsi, non les appels des uns et des autres qui somment la communauté musulmane de France, de condamner des crimes qui auraient été commis au nom de l'Islam. 
Ce que nous vivons aujourd'hui est symptomatique de l'état d'une société profondément malade, refusant de prendre conscience des maux dont elle est atteinte (mal-être des personnes, défiance, individualisme, communautarismes, intolérance, haine et rejet de l'autre, indifférence face aux souffrances de ses semblables, violence omniprésente, discriminations, concurrence malsaine généralisée dans toutes les sphères de la société, inégalités, matérialisme destructeur,…). 
Le tout-répressif, la "surenchère législative" en matière de sécurité publique, n'arriveront certainement pas à bout de la gangrène, d'un mal bien enraciné et dont l'un des antidotes résiderait dans la prise de conscience individuelle et collective de ce qui l'alimente : une conception du bonheur qui exclu le plus grand nombre, une société de l'avoir qui réprime l'être, l'être-ensemble et l'être-au-monde, qui relègue l'homme au statut de simple "machine à consommer", qui conditionne les comportements à travers les modes, les pubs, les médias, qui condamne les personnes à devenir les produits d'un système qui magnifie le paraître au détriment des choses essentielles de la vie que le cœur ne pourrait ignorer (amour, respect, compassion, solidarité, proximité, intégrité, empathie,…).
Plus qu'une nécessité, le rapprochement, le dialogue,au-delà des différences et des divergences, pour pouvoir véritablement vivre ensemble, en sécurité et en paix dans notre société, sont un devoir qui nous incombe à tous. Nous nous devons d'œuvrer collectivement pour qu'un état d'esprit empreint de fraternité et de tolérance s'érige pour faire face à toute cette violence, toute cette haine et tous ces préjugés que nous vivons au quotidien.

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