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Avignon : une trentaine de femmes voilées ont protesté contre l’islamophobie dans le cadre de la “marche du foulard”

Alors que l’hystérisation autour du burkini est encore sur toutes les lèvres et dans toutes les têtes, au terme d’une chasse aux sorcières estivale, frénétique et ubuesque, dont le Conseil d’Etat, dans son infinie sagesse, a fort heureusement sonné le glas, les dégâts dans l’opinion sont à l’aune de cette polémique politicienne qui est allée jusqu’à pourchasser des fantômes sur les plages et verbaliser le port d'un simple voile : ravageurs !

Et malheureusement, ce n’est pas l’arrivée de l’automne et l’apparition de ses couleurs flamboyantes dans le paysage qui constitueront la parenthèse enchantée susceptible de mettre un terme à cette croisade anti-voile acharnée, puisqu’elles sont annonciatrices de primaires, à droite comme à gauche, de toutes les crispations identitaires et autres débordements islamophobes.

C’est animées par la crainte que la saison des feuilles mortes soit pire que celle des récoltes et des moissons, qu’une trentaine de femmes voilées ont défilé samedi, à Avignon, serrant les rangs pour protester contre une islamophobie attisée sans relâche, jusqu’à parasiter la traditionnelle transhumance des juillettistes et aoûtiens, et perturber la sacro-sainte farniente au soleil…

 Répondant à l’appel lancé par le mouvement "Respect, égalité, dignité", elles ont marché de la gare jusqu’au très emblématique Pont d'Avignon, pour dénoncer une intolérance religieuse alarmante qui se double d’une grave atteinte aux droits des femmes de se vêtir comme bon leur semble.

« Ce sont toujours les femmes que l'on pointe du doigt. […] Mais grâce à la laïcité, on devrait pouvoir s'habiller comme on le veut », a vivement déploré l’une des participantes auprès de France bleu Vaucluse, tandis que l’organisateur de la manifestation, Abdel Zahiri, insistait : "Quand on voit une femme avec un foulard, on ne doit pas se demander pourquoi. On doit se dire que c'est normal."

Déshumanisées et désignées à la vindicte, hiver comme été, même quand elles ne sont pas sur le devant de la scène publique, les citoyennes revêtues du voile honni ne sont guère plus encensées lorsqu’elles sortent dans la rue pour user d’un droit fondamental : celui de manifester dans un pays habitué à résonner de clameurs de colère de tous ordres…

Ainsi, Fatima Barachi, une militante féministe, n'a pas vu d’un bon œil cette « marche du foulard » : "Certes il y a parfois des discriminations contre les musulmans mais ces rassemblements participent à créer encore plus de communautarisme. Et en plus, ça énerve les gens", a-t-elle commenté sur un ton très critique.

Reste à savoir qui des artisans des peurs et de la discorde, ou de leurs concitoyens musulmans, conduisent réellement les Français au bord du gouffre et de la crise de nerfs…

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