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Au dixième jour du Siège de Gaza : les données clés d’un énième massacre de palestinien.nes

Le siège de Gaza entraîne un nombre alarmant de victimes et de destructions, révélant une catastrophe humanitaire sans précédent.

Pourquoi lire cet article :

  • Comprendre l'ampleur des pertes humaines et des destructions à Gaza.
  • Prendre conscience des violations des droits humains en cours.

Au 10e jour de l’offensive israélienne, une semaine après l’annonce du Siège de la Bande de Gaza, qui a établi le fait qu’en plus des bombardements sur les bâtiments et les populations civiles, les autorités militaires israéliennes ont totalement fermé l’enclave en empêchant les entrées d’eau, de nourriture et d’essence après avoir bloqué l’accès à l’électricité. Cette décision s’est appuyée sur le fait que le ministre israélien de la défense considère les gazaouis comme des « animaux » et qu’il fallait les traiter « en conséquence ».

Les frappes aériennes et les tir d’artillerie se sont donc enchaîné continuellement pendant 10 jours sur cette enclave côtière, dont la population vit déjà sous blocus, aérien, terrestre et naval depuis 16 ans. Les frappes sont toujours en cours, mais à l’heure où l’armée israélienne s’apprête à déclencher une incursion terrestre dans ce territoire peuplé par 2,3 Millions d’habitant.es, il semble nécessaire de rappeler en quoi l’agression en quoi le massacre en cours dans la Bande Gaza relève d’une catastrophe humaine et humanitaire inédite. Tout cela dans le silence assourdissant d’une partie conséquente de la communauté internationale.

DONNÉES CLÉS

Depuis le 7 octobre 2023, les bombardements sur la population gazaouie ont déjà causé la mort de 2750 palestinien.nes, parmi lesquel.les 1033 enfants. 9714 personnes ont été blessé.es et les autorités sanitaires évoquent un millier de personnes encore sous les décombres des frappes aériennes.

Au-delà des personnes tué.es, il convient de rappeler que plus d’un million de personnes ont été victimes de déplacement forcé. 400 000 ont trouvé refuge dans les établissements scolaires de l’UNRWA, l’agence de l’ONU consacrée aux réfugié.es palestinien.nes. Ces centaines de milliers de palestinien.nes vivent une nouvelle expulsion massive de leur propre terre. En effet, près de 70% de la population gazaouie est arrivée à Gaza au cours des drames de 1948, connus sous le nom de « Nakba » au cours duquel des milliers de palestinien.nes ont été tué.es et plus de 700 000 ont été expulsé.es.

Autre donnée clé qui doit être mentionnée, les bombardements israéliens au phosphore blanc sur des zones civiles. Au cours des dix derniers jours, de nombreuses ONG de Droits Humains locales ont dénoncé l’utilisation du phosphore blanc dans de nombreuses frappes israéliennes.

Au cours des derniers jours Human Rights Watch et Amnesty International ont mené des enquêtes et confirmé cette accusation.

3 731 bâtiments résidentiels, dont 10 500 logements, ont été entièrement démolis par l’armée israélienne, tandis qu’environ 10 000 logements ont été partiellement endommagés. 7 100 d’entre eux sont désormais inhabitables.

Dans le même temps, et profitant du fait que la focalisation médiatique soit concentrée sur la Bande de Gaza, l’armée israélienne et les groupes de colons armés ont tué 58 palestinien.nes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée. 1200 personnes ont été sérieusement blessé.es dans ces attaques. Ces tueries se sont déroulées dans tous les gouvernorats de Palestine.

Au cours des dix derniers jours, il n’y a pas une région de Palestine qui n’ait connu d’attaque militaire, de manifestation réprimée dans le sang ou d’attaques de commandos de colons armés. Huit des 58 victimes sont tombées sous les balles des colons. Quatre à Qusra lors d’une attaque de terreur d’un groupe de colons équipés de mitraillettes, puis deux de plus lorsque ce même groupe à tiré dans la foule réunie pour les funérailles des quatre premiers. Une femme a aussi été tuée lorsque des colons ont criblé de balles sont véhicule. Enfin un homme a été kidnappé par des colons à Jéricho le 13 octobre 2023. Les habitant.es du camp de réfugié.es Aqbat Jaber ont découvert son corps sans vie le lendemain.

CIBLES CLÉS DES BOMBARDEMENTS

Depuis le début des bombardements dans la Bande de Gaza, les populations et les bâtiments civils, n’ont pas été épargnés, certains ont même été particulièrement ciblés. Parmi les victimes de ces frappes on retrouve notamment des journalistes, des personnels soignants, des humanitaires, personnels de l’ONU.

Dans un communiqué publié le 16 octobre, le syndicat des journalistes palestiniens a annoncé que 11 journalistes ont été tués et plus de 20 autres ont été blessés dans les bombardements.

Ahmed Shehab, programmateur de la radio Voix des prisonniers, le photojournaliste Mohamed Al-Salhi, le photojournaliste Mohamed Fayez Abu Matar et le photographe de l’agence Khabar, Hisham Al-Nawajah. Muhammad Abu Rizq, le photographe de la Ain Media Foundation Ibrahim Lafi, le rédacteur en chef de la Cinquième agence de presse Saeed Al-Taweel, le journaliste Muhammad Jarghouth de Smart Media Agency, le journaliste Asaad Shamlikh, le journaliste Salam Mayma, et le journaliste Hossam Moubarak.

Le syndicat a aussi fait état de la destruction et du ciblage de 50 bâtiments abritant des médias. Le siège du quotidien Al-Ayam, est parti en fumée dans les frappes qui ont ciblé la tour Palestine. Même sort concernant les bureaux de Ma’an qui étaient eux situés au sein de la tour Watan.

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Les humanitaires et personnels de l’ONU ont aussi payé le prix fort de leur engagement. Parmi les milliers de personnes touchées par les bombardements, l’UNRWA a annoncé que 14 faisaient partie de l’agence onusienne.

Des dizaines de bâtiments de l’UNRWA ont été touchés par les frappes. Le lundi 16 octobre, l’un de ses plus grands centres scolaires à été complètement réduit en cendres.

https://twitter.com/Timesofgaza/status/1713908241371963863?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1713908241371963863%7Ctwgr%5Ec33e86dba7ce3d2eec4caf4a3856c33ae393b6ce%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.france-palestine.org%2FAu-dixieme-jour-du-Siege-de-Gaza-les-donnees-cles-d-un-enieme-massacre-de

En plus des écoles onusiennes, l’armée israélienne a ciblé l’ensemble des centres éducatifs de Gaza. Le ministère de l’éducation palestinien a recensé 164 écoles touchés dans les bombardements dont 17 directement ciblées et une intégralement rasée. 127 enseignant.es sont tombées sous les bombes israéliennes.

Parmi les bâtiments civils, ont nombre incalculable de mosquées ont été réduites en cendres, les églises gazaouies ont aussi été bombardées.

Depuis l’ordre d’évacuation du nord de Gaza, en violation totale du Droit international, des milliers de Gazaoui.es ont donc été contraint.es à un nouveau déplacement forcé, sous peine de ne plus être considéré.es par l’armée israélienne comme des civil.es. Dans sa communication officielle, l’armée israélienne a mis en avant deux routes qu’elle a établi comme des couloirs d’évacuation.

Malheureusement, l’aviation israélienne a continué à bombarder ces routes à de nombreuses reprises. La plus meurtrière des frappes a touché un convoi humanitaire qui se dirigeait vers le sud dela bande de Gaza. 70 palestinien.nes ont été tué.es dans l’explosion et 200 autres ont été blessé.es.

MISE EN PERSPECTIVE DE CES DONNÉES

En termes de personnes tué.es, l’offensive aérienne israélienne sur la bande de Gaza est sans équivoque, 2750 gazaoui.es ont été tué.es en seulement 10 jours de frappes aériennes. Lors de l’agression israélienne de Gaza en 2014, 2200 palestinien.nes ont été tué.es mais en 51 jours d’attaques. Les frappes israéliennes sont donc 6 fois plus meurtrières qu’en 2014, l’année qui avait été la plus mortifère pour les civils palestinien.nes depuis 1967.

1033 enfants palestiniens ont été tués dans les bombardements sur la bande de Gaza, plus d’un tiers des gazaoui.es mort.es sous les bombes israéliennes. Ce bilan macabre, atteint en à peine 10 jours est à mettre en perspective avec un autre conflit international. Dans le cadre de l’invasion de l’Ukraine par l’armée Russe, plus de 545 enfants ont été tués. Ce chiffre est publié par l’ONG Save The Children et est mesuré à partir des données de l’ONU collectées du 24 février 2022 au 22 aout 2023.

D’après ces statistiques, en Ukraine, un enfant meurt sous les bombes chaque jour depuis le début de la guerre. A Gaza, un enfant meurt toutes les 15 minutes.

Au cours de la journée du 12 octobre, dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré qu’elle avait largué plus de 6000 bombes sur la population gazaouie et que 4 000 tonnes d’explosifs avaient été déversées sur la Bande de Gaza. A titre de comparaison, en 2019, année record en termes de bombardements américains sur l’Afghanistan au cours des dernières années, l’aviation étasunienne a déversé 7423 bombes sur l’ensemble de l’année civile. A Gaza ce sont 6000 bombes qui sont tombées en à peine 6 jours.

https://twitter.com/visualizingpal/status/1713946381654663226?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1713946381654663226%7Ctwgr%5Ec33e86dba7ce3d2eec4caf4a3856c33ae393b6ce%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.france-palestine.org%2FAu-dixieme-jour-du-Siege-de-Gaza-les-donnees-cles-d-un-enieme-massacre-de

Autre élément de contexte, la quantité de palestinien.nes tué.es en Cisjordanie Occupée et à Jérusalem-Est occupée. En seulement dix jours, l’armée israélienne et les groupes de colons armés ont tué autant de palestinien.nes qu’en 2014, année la plus meurtrière pour les civils palestiniens depuis la guerre de 1967.

A titre de comparaison, l’année en cours à vu un peu plus de 200 palestinien.nes se faire tuer par l’armée ou des colons armés, 157 l’ont été en 2022. Les dix derniers jours ont vu plus de palestinien.nes mourir en Cisjordanie qu’au cours des années 2021(46) et 2020 (32).

Sources : WAFA / Eye on Palestine / Times of Gaza / Human Rights Watch / Amnesty International / Defense For Children / Save The Children / visualizing Palestine / OCHA OPT / OMS / Syndicat des Journalistes Palestiniens / Reporters Sans Frontières / Middle East Eye / Quds News Network/ Al-Jarmaq News

Photo : Human Rights Watch

AFPS 

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