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A 72 ans, Fatna Sbaa espère décrocher son bac pour étudier à l’université

La vie est un long combat qui peut, parfois, au crépuscule de l’existence, déboucher sur une magnifique victoire sur soi-même et sur l’illetrisme, ce terrible frein à l’accès au savoir, comme le démontre, aux yeux d’une Algérie admirative, l’exceptionnelle Fatna Sbaa, une candidate au baccalauréat âgée de 72 ans et armée d’une volonté sans faille.

Femme de défi et grand-mère rêvant d’étudier sur les bancs de l’université, Fatna Sbaa a fait du chemin depuis Hassi Bahbah (Djelfa) où elle naquit en 1943, ne baissant jamais les bras devant les obstacles qui se sont dressés sur sa route, à mille lieues des sentiers de l’école.  

Sa soif de connaissances et sa détermination à percer les mystères linguistiques furent le puissant moteur de son fabuleux parcours d’autodidacte, au cours duquel il lui a fallu puiser en elle des ressources insoupçonnées pour franchir avec succès les différentes étapes qui l’ont menée dans cette salle d’examen, longtemps imaginée dans ses doux songes.

"L’apprentissage n’a jamais été tributaire de l’âge, mais plutôt une question de volonté et d’efforts à déployer", assure-t-elle en connaissance de cause. "La confiance en soi et la concentration sont les clefs de réussite au Bac", insiste cette postulante au bac dont la grande maturité est une source d’inspiration aussi intarissable que rafraîchissante.

Se projetant déjà dans l’avenir proche, son précieux sésame en poche qui lui ouvrira grand les portes des amphithéâtres en sciences islamiques, sa discipline de prédilection, Fatna Sbaa se réjouit d’être entrée dans la cour des grands, même si ceux-ci ont l’âge d’être ses petits-enfants… Ainsi, cette compétitrice dans l’âme, qui espère s’illustrer brillamment à l’examen de sa vie, risque fort de croiser l’une de ses nièces inscrite au même endroit qu’elle.

Elle a tracé son chemin hors des sentiers battus, à force de courage et d’opiniâtreté, surmontant un sentiment irrépressible de dévalorisation et dépassant ses peurs paralysantes, cette septuagénaire d’exception, qui n’a plus rien à prouver, escompte bien ne pas s’arrêter en si bon chemin…

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