Urgence citoyenne

Depuis quelques jours, à la suite de la création du collectif « Banlieues respect », de nombreuses analy

par

mercredi 9 novembre 2005

Depuis quelques jours, à la suite de la création du collectif « Banlieues respect », de nombreuses analyses et commentaires, fleurissent ici et là. Amalgames, désinformation et diffamation nécessitent une mise au point, il en va de notre responsabilité à nous membre du collectif.Il s’agissait tout d’abord, après la mort des deux enfants de Clichy, de s’organiser par solidarité avec les familles touchées par ce drame.

Les premiers jours de crise passés, devant l’extension des manifestations violentes sur tout le territoire, et la réponse exclusivement sécuritaire du gouvernement, il nous est apparu nécessaire, répondant à un impératif citoyen, de regrouper des associations et de monter le collectif, éviter que la fracture ethnique ne devienne un gouffre et que tous les efforts réalisés depuis des années par le tissu associatif, dans ces périphéries urbaines ne soit réduit à néant.

Il nous paraissait évident que cette situation de violence ne pouvait servir que ceux qui ont intérêt au statu quo dans ces quartiers, à l’affrontement entre les différentes composantes de la population, et à la propagation de cette idéologie mortifère du choc des civilisations ; Le danger d’une lecture binaire des événements, véhiculée par certains médias et politiciens, celui de l’affrontement entre la civilisation et la barbarie des quartiers, entre l’islam et le christianisme, nous mettait face à nos responsabilités de responsables de structures et de citoyens.

Ne rien entreprendre pour contrebalancer cette analyse s’apparentait pour nous à une démission à un moment critique et proprement impensable, au moment ou toutes les grandes associations, LDH, MRAP, ou tous les partis politiques peinaient à analyser la situation et à agir. La dimension confessionnelle donnée à la crise, l’appel par les élus locaux à des imams, pour rétablir le calme, la fatwa de l’UOIF, a fini par nous convaincre de la gravité de la situation.

La diversité, politique, sociale, confessionnelle et ethnique des premières associations qui se sont associés pour lancer l’appel et l’écho très favorable rencontré par celui-ci (cent associations nous ont rejoint sur notre appel en deux jours, sans parler des messages de soutien de particuliers.) nous ont convaincu de la justesse de l’appel et du collectif.

Les message étaient simples : Solidarité avec les familles de toutes les victimes, retour au calme, à la paix dans nos quartiers, pression sur les décideurs institutionnels et le gouvernement pour que la réponse ne soit pas répressive mais puisse poser les bases d’un véritable dialogue et un débat global sur toutes les dimensions de cette problématique complexe des discriminations de toutes sortes, de la violence policière au quotidien que subissent les habitants de ces quartiers, le respect des mémoires spécifiques de ces minorités et le débat essentiel sur la période coloniale, l’esclavage.

C’est dans l’urgence que s’est créé ce collectif et si on peut pointer des maladresses et des erreurs de communications, on ne peut nous faire le procès de la manipulation, de la récupération, de la subordination à je ne sais quel parti politique, ou au gouvernement.

Un des éléments de la confusion autour de ce collectif vient du fait que certain de ces membres ont été reçu par le premier ministre le 09 11 2005. Une réunion prévue de longue date (deux mois), organisée par M. Hassan Mbarek, président de citoyenneté et démocratie, dont le but était de réunir des associations diverses, (Ni proxo ni Macho, UNIR, Débarquement jeunes, Regards citoyens, Harkis et droits de l’homme,) pour s’entretenir des problématiques rencontrées dans leurs actions, la diminution drastique des subventions, les problèmes de discriminations dans tous les champs de la société et la situation dans les quartiers.

Le premier ministre a voulu maintenir cette réunion au plus fort de la crise et nous n’avons pas usé de la langue de bois pour lui dire notre sentiment et notre inquiétude sur la politique du gouvernement, l’action et la responsabilité du ministre de l’intérieur et de la grave décision du recours à la loi de 1955 concernant l’état d’urgence et le couvre feu.

D’aucune façon on peut nous faire le reproche d’un collectif téléguidé par Matignon, on alors cela participe de l’insulte, de la diffamation et au procès d’intention et ne sert pas à construire une alternative cohérente, forte de toutes les mobilisations, à ces politiques économiques et sociales déstructurantes et dangereuses pour le pays.

Pour Le collectif « Banlieues respect. »

Ali Aïssaoui

Publicité

Auteur : Ali Aissaoui

Président de l'union des initiatives républicaines (Unir), membre collectif « Une école pour toutes et tous » et des « Indigènes de la république. »

commentaires