Surenchère dans la profanation : la mosquée de Castres ciblée

Depuis plusieurs semaines déjà, les noms des villes de France qui ont vu leur lieu de culte musulman profan

dimanche 13 décembre 2009

Depuis plusieurs semaines déjà, les noms des villes de France qui ont vu leur lieu de culte musulman profané s’égrènent dans la presse, suscitant à chaque fois l’ indignation de convenance des autorités, sans que rien n’endigue cette escalade de violences islamophobes.

Rejoignant la sombre liste des mosquées outragées, la mosquée de Castres, dans le Tarn, a été sauvagement souillée dans la nuit de samedi à dimanche, selon le même rituel lugubre appliqué par les taggers de l’ombre, que le racisme le plus primaire anime.

Exhumant des archives de l’horreur les immuables croix gammées assorties des slogans nazis de sinistre mémoire tels que "Sieg heil", complétés de mots d’ordre nationalistes "La France aux Français" , et d’un ralliement racial à la "White power" sur les murs extérieurs, les profanateurs sacrilèges ont agrémenté leur mise en scène macabre de pieds de cochons suspendus à la poignée du portail, d’oreilles de porcs agrafées à la porte d’entrée et d’affiches aux couleurs du drapeau français.

Sous le choc, Abdelmalek Bouregba, président de l’Association islamique de Castres, a indiqué qu’il allait porter plainte contre un « acte prémédité », constatant avec amertume que « Depuis un certain temps, on n’arrête pas de viser la communauté musulmane", dans une allusion à peine voilée aux dérives délétères du débat sur l’identité nationale et au référendum suisse anti-minarets.

Après les habituels mots de compassion des élus, maire, députés, et de la préfète du département, SOS Racisme a dénoncé la violation du lieu saint, qui "vise très clairement, de la part des auteurs de ces méfaits, à laisser entendre qu’un musulman ne saurait être Français", regrettant vivement "la libération de la parole raciste, libération que le débat sur l’identité nationale permet et organise".

Face à cette hémorragie de profanations qui fragilise et déshonore la République, comment ne pas établir un lien de cause à effet avec un climat européen et national anxiogène, cédant à un alarmant repli communautaire à caractère nationaliste et xénophobe ?

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