Quand les groupes de pression s’attaquent à la liberté d’expression

Et voilà, comme vous le savez maintenant le spectacle de Dieudonné prévu pour l’Olympia a été annulé.

dimanche 15 février 2004

Et voilà, comme vous le savez maintenant le spectacle de Dieudonné prévu pour l’Olympia a été annulé. Une nouvelle qui ravira certes tous les ennemis de Dieudonné mais également tous les ennemis de la liberté d’expression et d’information.

Avec tous les événements de ces derniers mois et même de ces dernières années, affaires Pascal Boniface, Daniel Mermet, Tariq Ramadan et Dieudonné, nous sommes obligés de nous poser des questions quant à l’avenir de la démocratie telle que nous l’avons connue jusqu’à présent en France.

Les politologues et les spécialistes de droit comparé nous expliquent depuis des décennies qu’il existe de nombreuses différences entre le fonctionnement du régime politique des Etats-Unis d’Amérique et celui de la France.

Parmi ces différences, il y aurait l’existence des lobbies ou groupes de pression qui existent officiellement aux Etats-Unis mais qui n’existeraient pas chez nous.

Non seulement l’existence de ces lobbies, ou groupes de pression, est parfaitement reconnue dans la société et dans les médias aux Etas-Unis mais leur influence et leur efficacité ne sont pas le moins du monde niées ni occultées.

Qu’en est-il en France ?

Officiellement, les lobbies, ou groupes de pression, n’ont pas la moindre existence et de ce fait il n’y a aucune raison de se pencher sur leur éventuelle influence ou efficacité. Comment pourrait-on étudier ou bien analyser quelque chose qui n’existe pas ?

Toutefois, il est troublant de constater certaines des similitudes existant dans le déroulement des « affaires » Boniface, Mermet, Ramadan et Dieudonné qui remettent en doute cette « certitude officielle » :

1/ Affaire Pascal Boniface (2001-2002)

Le directeur de l’I.R.IS fut traité d’antisémite car il avait rédigé une note interne au P.S afin d’attirer l’attention des dirigeants et des cadres du parti sur le fait que les droits de l’Homme, le droit international et tous les grands principes que l’on applique dans tous les conflits ne l’étaient étrangement pas dans le conflit israélo-palestinien.

Pascal Boniface se retrouve attaqué de toute part. Au sein du PS, il est isolé et stigmatisé. Il subit de nombreuses attaques dans les médias. Professionnellement, TOUT a été fait pour lui mener la vie dure et lui faire quitter l’I.R.IS. Il a d’ailleurs fini par démissionner du PS fin 2003.

Etrangement, ceux qui l’ont honteusement et gratuitement taxé d’antisémitisme ne l’ont pas poursuivi devant les tribunaux. Pourquoi ? Tout simplement parce que les écrits de Pascal Boniface, à l’image de ses idées, n’avaient strictement rien d’antisémites.

2/ Affaire Daniel Mermet (2002)

Le journaliste de France-Inter fut poursuivi en justice pour antisémitisme, suite à des propos critiques tenus à l’égard de la politique d’Ariel Sharon mais aussi en raison de la ligne éditoriale de son émission en matière de traitement du conflit israélo-palestinien.

Daniel Mermet a reçu le soutien de nombreux journalistes et de nombreuses personnalités dont Rony Brauman, Danielle Mitterrand, Gisèle Halimi, Théo Klein et Lucy et Raymond Aubrac…

Bien évidemment, il fut relaxé et ce en dépit des nombreuses pressions exercées sur le tribunal qui a retenu qu’il n’y avait aucune considération raciale dans les propos ni dans la ligne éditoriale du journaliste et de son émission. De son côté France-Inter ne prit aucune sanction à son égard. Pourquoi ? Tout simplement parce que tant dans ses actions que dans ses propos Daniel Mermet a toujours démontré qu’il n’était pas antisémite.

3/ Affaire Tariq Ramadan (2003)

L’intellectuel musulman a été traité d’antisémite car il avait rédigé un article dans lequel il soulignait le comportement communautariste de certains intellectuels français. Ceux qu’il citait étaient connus pour leur militantisme pour le respect des Droits de l’Homme et du droit en général mais avaient un comportement différent dès qu’il s’agissait de s’exprimer sur le conflit israélo-palestinien.

Du jour au lendemain, celui qui était présenté comme un musulman modéré, ouvert au dialogue et tolérant et devenu un prédicateur des banlieues, un islamiste et un sale antisémite notoire.

De manière fort étrange, bien que les attaques à son égard furent violentes et nombreuses, aucun de ses détracteurs ne le poursuivit en justice. Pourquoi ? Tout simplement parce que tous les écrits et les propos de Tariq Ramadan ont toujours démontré qu’il n’était absolument pas antisémite.

4/ Affaire Dieudonné (2003-2004)

L’humoriste a été traité d’antisémite car il a critiqué, à sa manière, les extrémistes juifs et sionistes de la même manière qu’il l’avait déjà fait à plusieurs reprises avec d’autres formes d’extrémismes. Sa critique trouvant sa motivation dans sa perception du conflit israélo-palestinien.

Ce n’est pas la première fois que Dieudonné est taxé d’antisémitisme. La fois précédente, cela c’est fini devant un tribunal et il a été bien évidemment relaxé. Cette fois-ci en plus des poursuites judiciaires et de la calomnie relayée par tous les médias, Dieudonné subit une attaque visant à détruire sa carrière. Spectacles annulés, dédicaces et rencontres également annulées et boycott de sa personne et de ses spectacles par la quasi-totalité des médias.

Comment est-il possible que cet humoriste apprécié du public, de certaines critiques et de très nombreuses personnalités (et non des moindres !) soit soudainement devenu un paria ? Comment est-il possible que Dieudonné soit traité d’antisémite à la suite d’un sketch visant les extrémistes juifs et sionistes alors qu’il était apprécié pour s’être attaqué aux extrémistes (notamment catholiques et musulmans) avec talent et férocité ?

Nous remarquons que le dénominateur commun de ces quatre « affaires » (les plus médiatisées) est le conflit israélo-palestinien et pour être précis la critique de la politique et des actions du gouvernement Sharon et des extrémistes juifs et sionistes.

Dans chacune de ces affaires, nous avons assisté à la même réaction de la part des défenseurs inconditionnels de l’état israélien qui ne supportent pas la moindre critique. Toutes personnes se permettant de critiquer ouvertement la politique et les actions du gouvernement israélien et des extrémistes juifs et sionistes dans le cadre du conflit israélo-palestinien se voit systématiquement taxé d’antisémitisme.

Ces attaques de la part des fondamentalistes juifs et sionistes sont particulièrement rapides et organisées car elles ont pour but d’empêcher toute réflexion et tout débat sur ce sujet. Il y a les attaques, les insultes et autres agressions verbales et écrites dans les médias mais il y a aussi les menaces « anonymes » qui prennent parfois la forme de menace de mort comme pour José Bové, Eyal Sivan (cinéaste israélien) et Charles Enderlin.

La pression et l’isolement sont si forts que certains finissent par céder comme la journaliste Catherine Nay qui déclarait dans l’hebdomadaire Marianne du 27 Janvier 2003 : « J’ai décidé de ne plus écrire sur ce sujet »

Face à de tels abus less politiques sont malheureusement soit parfaitement silencieux soit complices.

Comment expliquer que la quasi-totalité des politiques se taisent ou participent à ces « lynchages médiatiques » ?

Comment expliquer la quasi-unanimité des médias pour soutenir ces campagnes de lynchages, de diffamations et de désinformation ?

Comment expliquer que la justice et la police restent désespérément inactives ?

Les médias, les politiques et la justice et la police ne cèdent que face à certaines formes de pressions :

Les médias ne sont pas dirigés par des entreprises philanthropiques, ils fonctionnent tout naturellement avec des investisseurs et des fonds publicitaires. La pression pouvant s’exercer sur un média est donc principalement financière. Mais il ne faut pas totalement écarter le pouvoir des politiques.

La justice et la police, en dépit des beaux principes de notre république, sont fortement influencées par les politiques pour ne pas dire en partie contrôlé par eux.

Les politiques ? Que veulent-ils en cette année d’élections ? Le pouvoir. Ils se doivent donc de plaire au plus grand nombre et/ou aux groupes les plus influents. La marche arrière exercée par le gouvernement sur la loi contre le tabac est un exemple flagrant du pouvoir des groupes de pression. Dans ce cas, les buralistes ont ouvertement menacé le gouvernement d’une sanction électorale. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autre.

Pour ce qui est des affaires citées plus haut et plus généralement de tout ce qui touche de près ou de loin au conflit israélo-palestinien, il est clair que nos politiques subissent des pressions. Comment expliquer sinon leur silence ou leur participation à ces attaques touchant des personnes au-dessus de tous soupçons ? Sans oublier cette « frileuse timidité » quand il s’agit de demander la simple application du droit international et des droits de l’Homme dans cette partie du monde.

Force est de reconnaître qu’il existe un groupe de pression composé d’extrémistes juifs et d’extrémistes sionistes qui usent de TOUS les moyens à leur disposition pour influer sur les politiques et donc sur la justice, la police et les médias.

Ne nous voilons plus la face, qu’on les appelle « lobby » ou « groupes de pression » cela n’est vraiment pas important. Ils existent bel et bien dans la société française et ils ne se privent pas d’intervenir lorsque leurs intérêts sont en jeu. Leurs intérêts ne sont pas ceux de la démocratie, des citoyens français en général, des juifs, des musulmans, des catholiques ou des athées.

Non, leurs intérêts sont ceux d’une minorité et peu importe que cela aille à l’encontre des libertés et des droits les plus fondamentaux.

Il nous faut résister à ces graves atteintes à la liberté d’expression et d’information par tous les moyens légaux à notre disposition. On ne peut tolérer que des groupes de pression composés d’extrémistes et de fondamentalistes puissent agir comme le font ces personnes qui ont obtenu l’interdiction du spectacle de Dieudonné.

Il est vital de se mobiliser mais attention à ne pas se tromper de combat. Ici il n’est pas juste question de soutenir Dieudonné parce que l’on apprécie l’artiste ou l’homme. Non, le problème est bien plus grave. Il est question de défendre des libertés et des droits fondamentaux pour lesquels, rappelons le, des gens sont morts dans ce pays et d’autres continuent à mourir aujourd’hui dans le monde.

Je rajouterai qu’il faut à tout prix éviter les amalgames et ne pas faire le jeu des extrémistes. Dans la situation actuelle, ce ne sont certainement pas les juifs qui sont en cause mais juste les extrémistes juifs auxquels il faut ajouter les extrémistes sionistes. De même que combattre les extrémistes catholiques et musulmans ne signifie pas que l’on condamne tous les catholiques ni tous les musulmans.

TOUT EXTREMISME ET TOUT FONDAMENTALISME EST A COMBATTRE ET CE D’OU QU’IL VIENNE.

 

 

Je conseille vivement la lecture des ouvrages suivants :

Est-il permis de critiquer Israël ? de Pascal Boniface aux éditions Robert Laffont

Antisémitisme : l’intolérable chantage ouvrage collectif aux éditions La Découverte

La guerre israélienne de l’information de Joss Dray et Denis Sieffer aux éditions La Découverte

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