Mercredi 26 November 2014
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Le calendrier basé sur le calcul est-il licite ou illicite ?

Le calendrier basé sur le calcul est-il licite ou illicite ?
fr
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La charia et le calendrier (3/3)

Le cadi Ahmad Muhammad Shakir a publié, en 1939, une étude importante et originale axée sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le déterminer en utilisant le calcul astronomique ? ».D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la communauté musulmane de son époque était « illettrée, ne sachant ni écrire ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses du jeûne et du hajj.

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L’opinion juridique du cadi Shakir

Le cadi Ahmad Muhammad Shakir mérite une mention à part
dans ce débat. Il s’agit d’un juriste éminent de la première moitié du XXè s.,
qui occupa en fin de carrière les fonctions de président de la Cour suprême de
la charia d’Égypte (tout comme son père avait occupé la même fonction au
Soudan). Il reste, de nos jours encore, un auteur de référence en matière de
sciences du hadith. (32)

Il a publié, en 1939, une étude importante et originale
axée sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le
titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le
déterminer en utilisant le calcul astronomique ? ». (5)

D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la
communauté musulmane de son époque était « illettrée, ne sachant ni écrire
ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur
l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses
du jeûne et du hajj.

Mais, la communauté musulmane a évolué de manière
considérable au cours des siècles suivants. Certains de ses membres sont même
devenus des experts et des innovateurs en matière d’astronomie. En vertu du
principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus, si
le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du
Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à
écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés ».

Les oulémas d’aujourd’hui commettent donc une erreur
d’interprétation lorsqu’ils donnent au hadith du Prophète sur cette question la
même interprétation qu’au temps de la Révélation, comme si ce hadith énonçait
des prescriptions immuables, alors que ses dispositions ne sont plus
applicables à la communauté musulmane depuis des siècles, en vertu des règles
mêmes de la charia.

Shakir rappelle le principe de droit musulman selon lequel
« ce qui est relatif ne peut réfuter l’absolu, et ne saurait lui être
préféré, selon le consensus des savants. ». Or, la vision de la nouvelle
lune par des témoins oculaires est relative, pouvant être entachée d’erreurs,
alors que la connaissance du début du mois lunaire basée sur le calcul astronomique
est absolue, relevant du domaine du certain.

Il rappelle également que de nombreux juristes musulmans
de grande renommée ont pris en compte les données du calcul astronomique dans
leurs décisions, citant à titre d’exemples Cheikh Al-Mraghi, président de la
Cour suprême de la charia d’Égypte ; Taqiddine Assoubki et Takiddine bin
Daqiq al-Eid.

Shakir souligne, en conclusion, que rien ne s’oppose, au
niveau de la charia, à l’utilisation du calcul pour déterminer le début des
mois lunaires et ce, en toutes circonstances, et non à titre d’exception
seulement, comme l’avaient recommandé certains oulémas.

Il observe, par ailleurs, qu’il ne peut exister qu’un seul
mois lunaire pour tous les pays de la Terre, basé sur le calcul, ce qui exclut
la possibilité que le début des mois diffère d’un pays à l’autre. 
L’utilisation du calendrier basé sur le calcul rendra possible la célébration
le même jour, dans toutes les communautés musulmanes de la planète,
d’événements à caractère hautement symbolique sur le plan religieux, tels que
le 1er muharram, le 1er ramadan, l’aïd al fitr, l’aïd al adha ou le jour de
Arafat, lors du hajj. Cela renforcera considérablement le sentiment d’unité de
la communauté musulmane à travers le monde.

Cette analyse juridique du cadi Shakir n’a jamais été
réfutée par les experts en droit musulman, plus de 70 ans après sa publication.
Le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est récemment rallié formellement à la thèse
du cadi Shakir. Dans une importante étude publiée en 2004, intitulée : « Calcul
astronomique et détermination du début des mois », (6)
al-Qaradawi prône pour la première fois, vigoureusement et ouvertement,
l’utilisation du calcul pour l’établissement du calendrier islamique, une
question sur laquelle il avait maintenu une réserve prudente jusque-là. Il cite
à cet effet avec approbation de larges extraits de l’étude de Shakir.

La décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) de 2006

De son côté, le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN),
qui s’est senti depuis des années interpelé par cette question, a annoncé au
mois d’août 2006 sa décision mûrement réfléchie d’adopter désormais un
calendrier islamique basé sur le calcul, en prenant en considération la
visibilité du croissant où que ce soit sur Terre.

Utilisant comme point de référence conventionnel, pour
l’établissement du calendrier islamique, la ligne de datation internationale
(Greenwich Mean Time (GMT)), il déclare que désormais, en ce qui le concerne,
le nouveau mois lunaire islamique en Amérique du Nord commencera au coucher du
soleil du jour où la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT. Si elle se
produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera au coucher du soleil
du jour suivant. (33)

La décision du CFAN est d’un grand intérêt, parce qu’elle
conjugue avec une grande subtilité les exigences théologiques des oulémas avec
les données de l’astronomie. Le CFAN retient le principe de l’unicité des
matali’e (horizons), (34) qui affirme qu’il suffit
que la nouvelle lune soit observée où que ce soit sur Terre, pour déterminer le
début du nouveau mois pour tous les pays de la planète. Après avoir
minutieusement étudié les cartes de visibilité du croissant lunaire en
différentes régions du globe, il débouche sur la conclusion suivante :

Si la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT, cela
donne un temps suffisant pour qu’il soit possible d’observer la nouvelle lune
en de nombreux points de la Terre où le coucher du soleil intervient longtemps
avant le coucher du soleil en Amérique du Nord. Étant donné que les critères de
visibilité de la nouvelle lune seront réunis en ces endroits, on pourra
considérer qu’elle y sera observée (ou qu’elle aurait pu l’être si les
conditions de visibilité avaient été bonnes), et ce bien avant le coucher du
soleil en Amérique du Nord.

Par conséquent, sur ces bases, les stipulations
d’observation de la nouvelle lune seront respectées, comme le prescrit
l’interprétation traditionnelle de la charia, et le nouveau mois lunaire
islamique débutera en Amérique du Nord au coucher du soleil du même jour. Si la
conjonction se produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera en
Amérique du Nord au coucher du soleil du jour suivant. (35)

Vers un calendrier
islamique universel aux paramètres du calendrier saoudien d’Umm al
Qura ?

Cependant, le CFAN modifia sa position en 2007, et décida
de s’aligner sur une décision du Conseil Européen pour la Fatwa et la Recherche
(CEFR), utilisant les paramètres du calendrier saoudien d’Umm al Qura pour
déterminer le début des mois islamiques (la « conjonction » se
produisant « avant le coucher du soleil aux coordonnées de la
Mecque », et "le coucher de la lune ayant lieu après celui du
soleil" aux mêmes coordonnées.)

Le CFAN et le CEFR décidèrent d’utiliser leur propre
calendrier, au lieu de celui d’Umm al Qura, du fait que ce dernier fait parfois
l’objet d’"ajustements" pour faire coïncider certaines dates avec
celles retenues par les autorités saoudiennes pour des célébrations à caractère
religieux (telles que le début et la fin du ramadan et la date du hajj en particulier).
(27) Mais, ils substituèrent les paramètres de la Mecque à ceux retenus par le
CFAN en 2006 dans le but de favoriser le développement d’un consensus des
musulmans à travers le monde sur cette question.

D’après le CFAN, les données du calendrier ainsi établi ne
diffèrent que de manière marginale de celles obtenues par l’application de sa
méthodologie d’août 2006, (36) même si cette dernière reste la version préférée
des astronomes concernés par cette question. (35)

Les décisions du CFAN et du CEFR ont eu les retombées
importantes suivantes, sur le plan institutionnel :

- Le principe d’utilisation du calendrier basé sur le
calcul est officiellement parrainé par des leaders religieux connus et
respectés de la communauté musulmane ; (5) (6)
(37)

- Il est adopté officiellement par des organisations
islamiques dont nul ne conteste la légitimité ; (38)

- Les communautés musulmanes d’Europe et d’Amérique sont
disposées à l’utiliser pour la détermination du début de tous les mois, y
compris ceux associés à des occasions à caractère religieux.

Cependant, sur le plan opérationnel, l’initiative du CFAN
et du CEFR de 2007 n’a eu, jusqu’ici, que des retombées marginales à travers
le monde musulman.

La confrontation rituelle entre les traditions et la modernité lang=EN-GB>

Depuis la fin des années 1950, la Ligue arabe,
l’Organisation de la Conférence Islamique et d’autres institutions similaires
ont présenté à leurs Etats membres plus d’une demi-douzaine de propositions
visant à développer un calendrier islamique commun. Bien que ces propositions
n’aient jamais abouti, jusqu’ici, les efforts continuent dans cette voie, à la
recherche d’une solution acceptable pour toutes les parties concernées.

En effet, du fait de ses faiblesses manifestes, le
calendrier islamique basé sur l’observation de la nouvelle lune n’est plus
utilisé, dans les sociétés musulmanes, que pour déterminer les dates associées
à des célébrations religieuses. Pour tous leurs autres besoins, les musulmans
du monde entier utilisent, depuis de nombreux siècles, le calendrier grégorien,
basé sur le calcul astronomique, sans avoir la moindre appréhension qu’ils
pourraient, ce faisant, enfreindre des prescriptions religieuses.

Ce comportement paradoxal est également observé au niveau
des Etats. Ainsi, l’Arabie Saoudite utilise-t-elle le calendrier d’Umm al Qura,
basé sur le calcul, pour la gestion des affaires administratives du pays, ce
qui indique clairement que le calendrier lunaire basé sur l’observation
mensuelle de la nouvelle lune ne peut pas servir à un tel usage.

Les questions suivantes s’imposent, de ce fait :

- En préconisant la méthode d’observation de la nouvelle
lune pour la détermination du début des mois lunaires, le Prophète aurait-il
indiqué une procédure qui rendait caduques les fonctions usuelles du calendrier
musulman, le rendant impropre à tout usage ? Ou bien ne s’agissait-il que d’une
simple indication, une réponse appropriée, en son temps, à la question qui lui
était posée, mais qui aurait dû être revue et adaptée aux besoins des sociétés
musulmanes, au fur et à mesure de leur développement scientifique, culturel et
social ?

- Pourquoi les horaires des prières sont-ils déterminés de
manière licite sur la base du calcul astronomique, et les débuts de mois
islamiques ne pourraient-ils pas faire l’objet de la même démarche ? (35)

- Pourquoi le calendrier basé sur le calcul serait-il d’un
usage licite en Arabie Saoudite, quand il s’agit de gérer les affaires
administratives du pays, et serait-il illicite quand il s’agit de déterminer
les dates associées à des célébrations religieuses telles que le 1er ramadan,
eid al-fitr, le 1er dhul hijja, ou eid al adha ?

- Plus généralement, pourquoi l’utilisation du calendrier
grégorien basé sur le calcul astronomique serait-elle licite pour les musulmans
du monde entier, alors que l’utilisation du calendrier islamique, basé sur le
même calcul, ne le serait pas ? (39)

Les Etats musulmans, seuls vrais décideurs en la matière,
sont les seuls à pouvoir répondre à de telles questions. Ils sont conscients que
le consensus séculaire en faveur de l’utilisation de la méthode d’observation
de la nouvelle lune a été sérieusement "ébréché" par le cadi Shakir
d’abord, puis par le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord et le Conseil Européen
pour la Fatwa et la Recherche, sans compter nombre d’auteurs et d’associations
moins connus. Une nouvelle génération de penseurs musulmans (très minoritaire,
pour le moment, et située essentiellement aux Etats-Unis, en Europe et dans
certains pays du Maghreb, mais comprenant des maîtres à penser aussi influents
que Yusuf al Qaradawi), ne voit plus d’obstacle d’ordre religieux à l’adoption
du calendrier basé sur le calcul. D’ailleurs, les diverses options qui
s’offrent aux décideurs des Etats musulmans en matière de réforme du calendrier
reposent toutes, d’une manière ou d’une autre, sur l’utilisation du calcul
astronomique.

Mais, cette ré-interprétation du rituel islamique, en
matière de détermination du début des mois lunaires, doit bousculer des
traditions millénaires pour se faire sa place. Elle doit faire face, en
particulier, à des courants fondamentalistes importants qui prêchent le respect
de l’orthodoxie et des traditions en matière religieuse. Ces courants
fourmillent en Arabie Saoudite, au Pakistan et en Egypte, pour ne citer que
quelques pays représentatifs.

Le calendrier basé sur le calcul devient, ainsi, un enjeu
important dans la confrontation politique rituelle, récurrente, entre les
défenseurs des traditions et les promoteurs de la modernité dans les sociétés
musulmanes. (40) Relégué actuellement au statut de relique du passé, il peut
de nouveau assumer de manière satisfaisante toutes ses fonctions usuelles dans
les sociétés islamiques, s’il est remis en phase avec ses fondements
conceptuels et méthodologiques astronomiques.

Notes

name="cite_note-26111">1. 
lang=EN-GB>Un auteur de référence en matière de science du hadith

name="cite_note-29111">2. 
lang=EN-GB>Décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord

3. style=''> Abi alfayd Ahmad
al-Ghomari : « Tawjih alandhar... » op. cit.

4. style=''>  lang=EN-GB> href="http://www.moonsighting.com/articles/Suggested%20Global%20Islamic%20Calendar%202nd%20meeting.pdf">Moonsighting.com
Global Islamic calendar 2nd meeting Rabat, 2008 : La décision de
2006 du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) a suscité l’intérêt des
autorités politiques et religieuses dans de nombreux pays musulmans, parce
qu’elle tient compte des exigences de l’interprétation traditionnelle de la
charia, tout en permettant d’établir à l’avance un calendrier islamique annuel,
qui peut en fait s’appliquer à l’ensemble du monde musulman. Le début des mois
de ce calendrier serait programmé sur la base du moment (parfaitement
prévisible, longtemps à l’avance) auquel la conjonction se produira chaque
mois. Des astronomes de diverses nationalités se réunirent au Maroc, en
novembre 2006, puis en octobre 2008, pour étudier plus en détail la possibilité
de l’adopter comme base d’un calendrier islamique universel. 

5. style=''>  Sur le plan
méthodologique, la substitution des paramètres du calendrier d’Umm al Qura à
ceux établis par le CFAN dans sa décision d’août 2006 a les effets
suivants :

- L’exigence
que la « conjonction » se produise « avant le coucher du soleil
aux coordonnées de la Mecque », au lieu de 12 :00 h GMT, comme
spécifié auparavant par le CFAN, augmente de 3 heures la plage durant laquelle
la conjonction sera prise en compte. Ceci améliore les chances pour que le
premier jour du nouveau mois, déterminé selon la méthodologie du calendrier
d’Umm al Qura, ne soit décalé que d’un jour par rapport au calendrier lunaire
établi par les observatoires astronomiques.

- Par contre, le
paramètre selon lequel « le coucher de la lune doit avoir lieu après celui
du soleil aux coordonnées de la Mecque » introduit une condition
restrictive par rapport aux paramètres établis par le CFAN en 2006. Il implique
que la nouvelle lune doit être potentiellement visible à la Mecque le soir qui
suit la conjonction, alors que le CFAN basait son raisonnement sur le fait que
la nouvelle lune serait potentiellement visible « quelque part sur
Terre ».

6. style=''> Zulfikar Ali
Shah The astronomical calculations : a fiqhi discussion

7. style=''>  Islamic Center
of Boston, Wayland : Moonsighting Decision documents

8. style=''> On peut se poser
une multiplicité d’autres questions à ce sujet, parmi lesquelles les suivantes
 :

- La charia,
d’après le consensus des musulmans, ne s’est jamais opposée à l’acquisition de
la connaissance scientifique, ni au développement de la science. Pourquoi
ferait-elle une exception, au niveau du calcul du début des mois lunaires ?

- Comment se
fait-il que les musulmans s’enorgueillissent des travaux des astronomes
musulmans éminents qui ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’astronomie,
au Moyen Age, si la substance de leurs travaux doit être considérée comme
illicite ?

- Est-ce bien
raisonnable de réduire le calendrier islamique à un rôle de figurant, et de
donner le premier rôle à un calendrier étranger à la culture musulmane, alors
que le calendrier islamique basé sur le calcul est capable de répondre
parfaitement à tous les besoins des sociétés musulmanes modernes, qu’il
s’agisse des célébrations religieuses ou des transactions commerciales, par
exemple ?

- Qu’auraient
fait les musulmans, pour la gestion de leurs activités quotidiennes, si le
calendrier grégorien n’avait pas existé ?

9. style=''> Ce scénario n’a
rien de surprenant pour celui qui a étudié l’histoire des calendriers. Ces
derniers ont souvent connu de grandes dérives, et soulevé de grandes passions.
Par exemple, le « calendrier romain » fut réformé une première fois
par Jules César en 46 av. J.C., devenant, sous la dénomination de
« calendrier julien », le calendrier solaire de référence pendant
seize siècles, en Europe et en Afrique du Nord. Mais, il connut, au cours de
cette longue existence, de grands dérapages, tiraillé qu’il était entre les
intérêts nationaux, sociaux et religieux des groupes les plus divers. 

En 1267, Roger Bacon pouvait écrire, à son sujet, en s’adressant au Pape Clément IV :

« Le calendrier est intolérable pour le sage, une horreur pour l’astronome et une farce pour le
mathématicien ». (41) En effet, d’après un récit de l’époque, « si un
voyageur part de Venise le 1er mars 1245, le premier jour de l’année
vénitienne, il se retrouverait en 1244 en arrivant à Florence et, s’il
continuait après un court séjour sa route vers Pise, l’année 1246 y aurait déjà
commencé. Continuant son chemin vers l’Ouest, il se retrouverait en 1245 en
Provence et, s’il arrive en France avant le 16 avril (Pâques) il serait de
nouveau en 1244. »

Cependant, le calendrier julien surmonta ses difficultés, grâce à la réforme dont il fit
l’objet en 1582, sous l’égide du Pape Grégoire XIII. Mais, il lui fallut encore
surmonter une multiplicité d’obstacles, sur une durée de près de trois siècles
et demi, dans différentes communautés et régions du monde, avant de pouvoir
s’imposer, sous sa nouvelle dénomination de « calendrier grégorien »,
en tant que calendrier de référence sur un plan universel. (42)

10. href="http://literati.net/Duncan/CalendarExcerpt.htm">http://literati.net/Duncan/CalendarExcerpt.htm class=MsoHyperlink>David Ewing Duncan :Calendar : Humanity’s Epic Struggle
to Determine a True and Accurate Year, Harper-Collins/Avon, 1998

11. style=''> href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_gr%C3%A9gorien">Le calendrier
grégorien

Références en arabe

Mohammed al-Bukhari, Recueil de hadiths (3/119)

Allal
el Fassi : « Aljawab assahih wannass-hi al-khaliss ‘an nazilati fas
wama yata’allaqo bimabda-i acchouhouri al-islamiyati al-arabiyah »,
« Le début des mois islamiques arabes », rapport préparé à la demande
du roi Hassan II du Maroc, Rabat 1965 (36 p.), sans indication d’éditeur

Abi
alfayd Ahmad al-Ghomari : Tawjih alandhar litaw-hidi almouslimin fi
assawmi wal iftar, 160p, 1960, Dar al bayareq, Beyrouth, 2è éd. 1999

Nidhal
Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya
wa mouchkilate attawqiti alislami, 152p., Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997

Muhammad
Mutawalla al-Shaârawi : Fiqh al-halal wal haram (édité par Ahmad Azzaâbi),
Dar al-Qalam, Beyrouth, 2000

name="cite_note-411111"> lang=EN-GB>Ahmad Shakir : « Le début des mois arabes … est-il licite
de le déterminer par le calcul astronomique ? (1939) »
class=MsoHyperlink> reproduit par le quotidien saoudien « al-Madina »
du 13 octobre 2006 (n° 15878)

href="http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2004/10/article01b.shtml">Yusuf
al-Qaradawi : « Calcul astronomique et détermination du début des
mois » (en arabe) Islamonline.net

lang=EN-GB> href="http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2003/10/article03.shtml">Abderrahman
al-Haj : « Le fqih, le politicien et la détermination des mois
lunaires » (en arabe) Islamonline.net

Références en
français

Emile Biémont : Rythmes du temps, Astronomie et
calendriers, De Borck, 2000, 393p

Karim Meziane et
Nidhal Guessoum : La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La
Recherche n° 316, janvier 1999

Jamal Eddine Abderrazik : « Calendrier Lunaire
Islamique Unifié », Editions Marsam, Rabat, 2004.

href="http://www.louisg.net/C_musulman.htm">Louisg : Le Calendrier
musulman

href="http://www.louisg.net/E_croissant_musulman.htm">Louisg : Le début des
mois dans le calendrier musulman

lang=EN-GB>Nidhal
Guessoum : Le problème du calendrier islamique et la solution Képler

lang=EN-GB>Mohamed
Nekili : Vers un calendrier islamique universel

lang=EN-GB>Khalid
Chraibi : 1er muharram, calendrier lunaire ou islamique ?

href="http://www.calendrier-ramadan.com/khalid-chraibi-la-problematique-du-calendrier-islamique-397.htm">Khalid
Chraibi : La problématique du calendrier islamique

href="http://www.oumma.com/Le-calendrier-musulman-en-10">Khalid Chraibi : Le
calendrier musulman en 10 questions

Références en anglais

href="http://www.moonsighting.com/">Moonsighting.com website

href="http://www.moonsighting.com/methods.html">Moonsighting.com : How Islamic
months begin

lang=EN-GB>Moonsighting.com :
Selected articles on the Islamic calendar

href="http://www.icoproject.org/paper.html">Islamic Crescent’s Observation
Project (ICOP) : Selected articles on the Islamic calendar

href="http://www.fatwa-online.com/news/index.htm">Saudi Arabia High Judiciary
Council : Announcement of beginning of months 2000-2010

href="http://www.math.nus.edu.sg/aslaksen/calendar/islamic.shtml">Helmer
Aslaksen : The Islamic calendar

href="http://www.icoproject.org/pdf/ilyas_1994.pdf">Mohammad Ilyas : Lunar
crescent visibility criterion and Islamic calendar

href="http://www.icoproject.org/sau.html">Mohamed Odeh : The actual Saudi dating
system

href="http://www.phys.uu.nl/~vgent/islam/ummalqura.htm">Robert Harry van Gent :
The Umm al-Qura Calendar of Saudi Arabia

href="http://www.phys.uu.nl/~vgent/islam/diyanetcalendar.htm">Robert Harry van
Gent : The Islamic Calendar of Turkey

lang=EN-GB>Robert
Harry van Gent : Predicting the First Visibility of the Lunar Crescent

(comprend une bibliographie importante : href="http://www.phys.uu.nl/~vgent/islam/bibl_hilal.htm">bibliography on lunar
crescent visibility) 

lang=EN-GB>Fiqh
Council of North America : Islamic lunar calendar decision of 2006

href="http://www.icbwayland.org/include/MoonsightingDecisionWeb.pdf">Islamic
Center of Boston, Wayland : Moonsighting Decision documents

href="http://www.icbwayland.org/include/CalculationsFiqhPosition.pdf">Zulfikar
Ali Shah The astronomical calculations : a fiqhi discussion

href="http://tabsir.net/?p=633#more-633">Khalid Chraibi : Issues in the Islamic
Calendar, Tabsir.net

href="http://www.islamic-calendar.blogspot.com/">Khalid Chraibi : Towards a
global Islamic calendar, SaudiDebate.com

href="http://tabsir.net/?p=621#more-621">Khalid Chraibi : Can the Umm al Qura
calendar serve as a global Islamic calendar ? Tabsir.net

lang=EN-GB>Islamic-Western
Calendar Converter (Based on the Arithmetical or Tabular Calendar)

lang=EN-GB> style=''>David Ewing Duncan :Calendar :
Humanity’s Epic Struggle to Determine a True and Accurate Year,
Harper-Collins/Avon, 1998, ch. 1
style=''>

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Commentaires

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Les oulémas d’aujourd’hui commettent donc une erreur d’interprétation lorsqu’ils donnent au hadith du Prophète sur cette question la même interprétation qu’au temps de la Révélation, comme si ce hadith énonçait des prescriptions immuables, alors que ses dispositions ne sont plus applicables à la communauté musulmane depuis des siècles, en vertu des règles mêmes de la charia

les pays musulmans ne se sont jamais mis d’accord pour une seule vision du croissant lunaire de Ramadhan.

Les gens du savoir les plus certifiés estiment que la discorde sur les débuts des mois doit être considérée.
Nul doute qu’il y a entre les débuts du mois un décalage évident. Ce qui témoigne pour cette considération c’est le hadith rapporté par Kouraybe serviteur d’Ibn Abbas.

Oum El Fadhle fille d’El Hareth l’a envoyé pour quelque besoin chez Mouâwiya à Damas.

Il a dit : « Je suis allé à Damas, j’ai exécuté ma tâche. Le mois de Ramadhan a débuté quand j’étais à Damas : J’ai vu le croissant lunaire la nuit du vendredi. Puis, je suis retourné à El-Madina à la fin du mois. »
Ibn Abbas m’a interrogé sur le début du mois : « Quand est-ce que vous avez vu le croissant ? »

Je lui ai dit : « Nous l’avons vu la nuit du vendredi. »
Il a dit : « Toi tu l’as vu ? »

J’ai dit : « Oui et les gens l’ont vu et ont jeûné ainsi que Mouâouiya. »
Il a dit : « Mais nous ne l’avons vu, que la nuit du samedi. Nous jeûnerons jusqu’à completer trente jours ou voir le croissant de Chawal. »
J’ai dit : « Tu ne te contentes pas de la vision de Mouâouiya et de son jeûne (c’est le Khalife) ? »

Il a dit : « Non ! C’est comme cela que nous a ordonnés (de faire) Le Messager d’ALLAH Salla Allahou Alaïhi wa Sallam. »

L’argument évident - dans ce hadith - s’éclaircit d’après les points suivants :

1/ Les musulmans étaient à cette époque une seule nation et avaient un seul état. Mouâouiya était le Khalife et Ibn Abbas lui reconnaissait sa présidence (Khalifa). Si la discorde sur les débuts du mois n’était pas considérée, il n’aurait pas pu le contredire.

2/ Kouraybe est un adepte d’Ibn Abbas : Un des plus illustres et un des meilleurs élèves de ce dernier. Il a informé qu’il a vu le croissant lunaire et que les gens l’ont vu, alors ils ont tous jeûnés (à Damas).

3/ Ibn Abbas a dit : « C’est comme cela que le Prophète, Salla Allahou Alaïhi wa Sallam, nous a ordonnés de faire. » Il a attribué l’ordre au Prophète, Salla Allahou Alaïhi wa Sallam. Il connaît bien le sens du terme et le risque qu’il encourt devant Dieu, en attribuant une chose au Prophète, Salla Allahou Alaïhi wa Sallam, qu’il n’a pas dit, ni textuellement, ni comprise du sens de se termes.
Quant à l’entente des gens sur la même vision (du croissant lunaire) en ce qui concerne le jour d’Arafat (pendant le pèlerinage) c’est parce qu’ils sont dans un même lieu. Il faut bien qu’ils aient une même vision.

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Merci à Alex pour ces arguments. baraka Allahou fiik.

Il y a une autre urgence : un appel pour soutenir notre frère Salah Hamouri prisonnier innocent des geôles de la dictature sioniste et demander sa libération ce Jeudi au Trocadéro entre 17:30 et 19:30.

http://www.alterinfo.net/Appel-a-rassemblement-pour-Salah-Hamouri-evenement-organise-a-titre-individuel-par-deux-soeurs-en-islam-et-autorise-par_a47985.html

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3bdulHakym algarabun alawashki
-35 points

Salam

Le soleil se lève à l'Ouest :-D