Mercredi 23 mai 2012
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Le PJD, une percée politico-religieuse au Maroc (1/2)

Elections Législatives au Maroc

Le Parti Justice et Développement (PJD), dirigé par Abdelilah Benkirane, désormais premier groupe parlementaire, profite de ces législatives anticipées pour s’affirmer comme acteur incontournable de la vie politique marocaine. Le terme « islamiste » ne suffit pas à définir leur ligne.

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Des milliers de tracts
jonchent les rues de Rabat, certains virevoltent et font intrusion dans le
jardin botanique de la rue Oqba, fermé au promeneur marocain « pour
travaux » depuis des lustres. Implacable intrusion de la politique et de
la pollution des hommes jusque dans la quiétude végétale d’une zone pourtant
protégée…

Soirée de campagne

Vendredi
soir (25 novembre), au QG de campagne du Parti Justice et Développement, fondé
(sous sa forme actuelle) en 1997 par des éléments émancipés du mouvement
religieux Harakat el Islamyia, on peinait à sentir le souffle d’une
victoire annoncée. Dans ce quartier cossu de la capitale chérifienne, toutefois
très proche du quartier populaire « Océan », une quarantaine de
militants s’affairent. Quelques-uns discutent avec les journalistes marocains,
algériens et français déjà sur place, et d’autres, à l’étage du siège récoltent
les premiers indicateurs de résultats. Une centaine de chaises aux coussins de
velours rouges font face à un grand écran qui diffuse alternativement la chaine
marocaine 2M, réputée proche du pouvoir et Al Jazeera name="_ftnref1" title="">[1], réputée proche des contre-pouvoirs en général…

Environ dix marocaines en blouses blanches
et voiles de différentes couleurs s’occupent de servir des boissons (sans
alcool) aux personnes présentes. Des dizaines de grands tapis de qualité ont
été loués ainsi que de cossus canapés de cuirs blancs, qui dénotent d’un
certain pouvoir économique. En effet, ces dernières années, des hommes
d’affaires ont rejoint le PJD[2],
en parti par ce que les monopoles dont jouissent certains favoris du pouvoir,
les empêche de se développer comme ils le souhaiteraient, ou de décrocher des
marchés publics dans le cadre d’appels d’offres transparents par exemple. Les
fonds de campagne du PJD s’en sont trouvés augmentés. Preuve supplémentaire qu’un système non-équitable
ne peut se maintenir indéfiniment (fût-ce par la violence, comme on l’a vu
récemment de manière spectaculaire à travers le monde arabe) sans générer une
opposition organisée, déterminée, rusée et tenace.

Puis
progressivement, la confiance affichée pendant toute la campagne commençait à
se manifester de manière de plus en plus visible après 22 heures. Un
« Allah Akbar ! » à même fusé au moment de la diffusion des
premiers indicateurs de vote. Le lendemain, alors que les premiers résultats
provenant de différentes circonscriptions du Royaume marocain parvenaient, la
célébration et les déclarations de victoire électorale s’enchainaient. La
deuxième chaine arabe en termes d’audience Al Arabyia, ainsi que d’autres
médias tendaient alors leurs micros au populaire secrétaire général du PJD,
Abdelilah Benkirane.

Stratégie
politique : entre contestation et loyalisme

Bien
sûr les premières questions et les premiers commentaires ne manquent pas de
relever la récente victoire électorale du parti politico-religieux tunisien Ennahda.
Le secrétaire général du PJD ne rejette pas complètement le parallèle mais
prend soin de marteler, face aux velléités de classification de son parti à
l’intérieur de ladite "nébuleuse islamiste" : « Nous
sommes marocains, marocains, marocains
 ». Est-ce une manière de
signifier sans forcément le dire que le PJD se veut loyal à un principe qui est
étranger à leurs "cousins" tunisiens ou égyptiens et aux
autres : celui qui fait du Roi du Maroc l’Amir al Mouminine
(Commandeur des croyants) ?

Ce statut symbolique ayant une efficience
réelle s’est forgé à partir du XVIe siècle name="_ftnref3" title="">[3], puis
affirmé et affermi les siècles suivants. Tous les monarques alaouites possèdent
ce titre en héritage. Cela fait une première spécificité de ce parti
politico-religieux marocain. Leur contestation des problèmes qui frappent le
Maroc reste dans le cadre d’un loyalisme au système monarchique et au statut du
Roi. A ce titre, ils ont joué un jeu compliqué de « je t’aime moi non plus »
avec le mouvement du 20 février, réunissant des forces contestataires de toutes
tendances, dont beaucoup réclament le passage à un système de monarchie
parlementaire et d’autres à la fin pur et simple du régime monarchique.

Officiellement
le secrétariat général a appelé ses membres à ne pas grossir les rangs du 20
février. Le risque était évident : perdre le bénéfice de près de quinze années
de lente progression au sein des institutions politiques marocaines, au prix
d’importants efforts et compromis. Mais dans la réalité, un cadre des Jeunes (shâbab)
PJD nous indiquait hier qu’il avait participé au mouvement du 20 février :
« Il y a des recommandations, mais nous sommes libres de choisir de
participer ou pas
… », comme ses congénères, et même l’un des membres du bureau central. Abdallah Baha, cadre historique du parti, proche
de Benkirane confirme cette dissonance quand il indique qu’il n’est pas pour
une participation au Mouvement du 20 février. Néanmoins, et c’est là que la
ligne du PJD se dévoile, il n’évite pas de formuler ses critiques et va même
assez loin : « Si le Maroc avait continué dans la logique des
réformes, quand le Printemps arabe est arrivé, il aurait été dans une situation
très confortable. Il n’y aurait pas eu de grands problèmes. Mais malheureusement
il y a eu une régression qui a créé un climat de tension. On allait même vers
un modèle Tunisien ou Egyptien avec l’avènement d’un parti de l’Etat, comme le
PAM[4], à
l’image des partis de Ben Ali ou de Moubarak…
 »

Il comprend donc
l’avènement des revendications que porte le mouvement du 20 février, mais tient
à préciser toutefois qu’ « il n’est pas un mouvement d’une ampleur
susceptible de déstabiliser le pays, mais il n’est pas non plus un
mouvement mineur »
C’est dans ce délicat exercice d’équilibre discursif
que réside le positionnement du PJD : contester, mais de l’intérieur et en
donnant des gages de loyauté… On trouvera dans son discours du « Sa
Majesté » pour désigner le Roi, et une satisfaction vis-à-vis de la
récente réforme constitutionnelle (juin 2011) qui a abouti à ces élections
anticipées[5].
Deux éléments que l’on ne retrouve pas dans la ligne politique du Mouvement du
20 février.

Ce
sont là des indicateurs parmi d’autres qui différencient le présent parti,
par rapport aux autres partis politico-religieux mis en lumière par les conséquences du
Printemps arabe, particulièrement le voisin maghrébin tunisien Ennahda.

Un axe
AKP-Ennahda-PJD-Frères Musulmans ?

Néanmoins,
une parenté avec les Frères Musulmans n’est pas déniée. Une jeune militante qui
évoquait la référence aux Sahwas (de al- ?a ?wa al-islamiyya :
le réveil islamique), ces militants égyptiens issus des Frères Musulmans qui
ont investit le domaine éducatif saoudiens parce que réprimés en Egypte. Ceci
est-il rassurant quand on sait le cocktail molotov qu’a précisément représenté
ce mélange entre l’activisme politique des Sahwas et l’idéologie
hanbalo-wahhabite[6] ?
Malgré cette référence qui nous est présentée, elle ne doit pas être surdimensionnée,
en regard du contexte local. C’est d’ailleurs l’un des problèmes majeurs du
système interprétatif réductionniste de nombreux journalistes traitant de cette
question des Frères Musulmans, voir de chercheurs.

Ce leitmotiv de la
« globalisation/mondialisation » (ici celle des mouvements religieux
dits « transnationaux ») empêche de voir, ou à tout le moins
d’essayer même de saisir, les dynamiques et la profondeur des cultures et des
histoires locales. Or elles restent déterminantes. La globalisation/mondialisation
n’a pas aboli l’anthropologie des peuples et le principe d’Etat-Nation. Tel Frère
Musulman
takfiriste (qui lance des anathèmes) ici, sera de tendance soufie
là-bas[7].
Et encore ces deux catégories n’épuisent pas les sensibilités, orientations,
compromis ou contradictions de celui-ci et de celui-là... Vicissitudes humaines,
en somme, comme partout ailleurs…

Par
rapport à Ennahda , on a vu notamment que la reconnaissance du principe
d’Amir Al Mouminine par le PJD marocain indiquait une première différence. Ceci
étant, le parti politico-religieux de Rachid Ghannouchi et d’Hamadi Jebali
(premier ministre) ayant remporté une victoire électorale dans le contexte
postrévolutionnaire tunisien, assistera t-on à un rapprochement avec
l’institution religieuse de la Zeitouna, que Ben Ali avait quelque peu mise sous
l’éteignoir (avant de tenter d’instrumentaliser sur la fin de son règne) ?
S’il ne nous est évidemment pas possible d’y répondre pour le moment, il faut
toutefois noter que, pour rassembler le maximum de tunisiens dans le processus
de restauration de l’Etat, les vainqueurs d’Ennahda ont fait appel à la
personnalité du second grand vainqueur de ces élections démocratiques
tunisiennes : Moncef Marzouki.

La ligne de son parti est clairement de
gauche et plutôt laïcisante. Hier, à la tribune du siège de son parti,
Abelilah Benkirane répétait à l’envie qu’il était ouvert à un dialogue et,
au-delà, à une collaboration avec les partis concurrents (y compris le PAM),
malgré les divergences qui pourraient affleurer sur certains sujets. Les
questions sociales et économiques étant considérées comme les plus urgentes et
essentielles, et les plus à même de produire du consensus. Mais le fait est
bien là : en Tunisie comme au Maroc, les partis de tendance plutôt laïque
(à des degrés différents toutefois, et pas nécessairement dans l’acception
française du terme…) cumulent un nombre plus importants de voix et de partisans
que le PJD marocain ou qu’Ennahda. Il leur faut donc en prendre acte et
composer avec cette frange de la population… et inversement. Dans le cas
tunisien, cela semble bien parti, dans le cas marocain, cela reste à
construire.

C’est
exactement le scénario devant lequel s’est retrouvé le parti de Recep Tayip
Erdogan AKP après avoir gagné les élections turques. Leur volonté de réaffirmer
l’islam dans l’espace public national, éventuellement de procéder à une
réislamisation par le bas, s’est confrontée à une société en partie laïcisée
par le double effet de l’action de Mustafa Kemal Atatürk et de l’aspiration
postmoderne à l’autodétermination en matière de rapport à la religion ou plus
généralement en terme de choix de convictions.

Il est donc
incorrect de prétendre pouvoir tracer une boucle Frères Musulmans qui passerait par Rabat, Tunis, Le Caire et Ankara. Néanmoins, là encore, la
prudence s’impose également, et il faudra observer les rapprochements qui
s’opèrent (ou pas) sur des sujets précis, lors de prochaines rencontrent
internationales…

Eléments de la ligne
politico-religieuse

Nous
parlions de la « matrice » Frères Musulmans, il faudrait en l’espèce
surtout évoquer l’origine précise, marocaine évidemment, du Parti politique en
question. Elle est religieuse. Ses fondateurs sont des éléments émancipés du Harakat
el Islamiy
(Mouvement islamique). Si un jeune chercheur nous indiquait que
les deux branches sont depuis longtemps indépendantes, on pouvait toutefois
remarquer la présence de membres de ce mouvement matriciel au siège du parti, dimanche dernier,
pour y célébrer la victoire électorale…

Ceci
nous amène à évaluer quelques éléments de la ligne politico-religieuse du PJD. Les
aspects extérieurs sont par définition ceux qui se présentent en premier à
l’observation. On nous permettra donc de commencer par eux. Toutes les élues
femmes arborent un hijab, qui enserre plus ou moins largement le tour de leur
visage. Beaucoup de cadres du mouvement arborent quant à eux une zébiba, ce durillon
formé (en principe) par la pratique régulière de la prière depuis plusieurs
années[8].
Les membres de la liste jeune, non. Ces éléments ne sont pas nécessairement des
éléments fondamentaux de la piété, car cette autre dimension de la pratique
qu’est al akhlaq (la morale) par exemple, se manifeste autrement, mais ils
sont des signes extérieurs à travers lesquels une certaine catégorie de
croyants-pratiquants se reconnaissent, comme le chapelet ou la croix chez les
paroissiens (à ceci prêt que la zebibâ est un élément incorporé au sens
étymologique).

Nous
évoquions la morale (al akhlaq), dans son sens religieux. C’est en effet
sur ce plan que le PJD capitalise une partie de ses voix. Renvoyant donc cet
aspect extérieur de piété , de nombreux électeurs conçoivent ses membres comme un
rempart assez sûr contre la corruption qui frappe l’Etat marocain à différents
niveaux. La confiance sur ce point s’illustre par la taux de recouvrement des
impôts de 80% qu’ils ont obtenu dans l’une des localités qu’ils dirigent, ce
qui est assez exceptionnel au Maroc. Le parlementaire Baha de l’expliquer par
une équation simple : « Les Marocains raisonnent
logiquement : "Si je te donne mes impôts pour qu’ils partent
directement dans ta poche, alors je garde mon argent. Si je te donne mes impôts
pour que tu travailles pour l’intérêt public, alors je paie mon dû
." »

Mais
cet aspect de morale religieuse contenu dans les signes extérieurs, dans le
discours et, dans une certaine mesure, dans le programme du PJD, déborde les
seuls aspects de l’incorruptibilité, de la promesse d’une plus juste
redistribution des richesses du royaume et de l’aide aux plus démunis.
Récemment, on a appris que la Commission Mimouni, en charge de la
révision constitutionnelle sous le Haut patronage du Roi, avait biffé du projet
de nouvelle Constitution la notion de « Liberté de Conscience », sous
la pression des députés PJD (alors au nombre de 47, désormais au nombre de
107).

Quand on demande les raisons de ce refus au parlementaire réélu et cadre
du PJD Abdallah Baha, il explique ainsi le lobbying de son parti sur ce
point : « Ce problème ne se pose pas, la liberté de conscience
existe au Maroc. Personne ne vient vous faire l’inquisition sur ce que vous
croyez. La liberté est déjà assurée. Mais le problème quel est-il ? Ce
dont nous avons peur, c’est qui si nous faisons une disposition pareille dans
la Constitution, on va ouvrir la porte au prosélytisme. Je pense surtout aux
évangéliques. Ils sont très actifs dans ce domaine.
 […] Je ne serai
pas contre ce prosélytisme si la société marocaine était au même niveau que les
sociétés occidentales. Sur le plan de l’enseignement et des ressources. Ils
profitent de la situation matérielle des gens, des nécessiteux. Donc ce n’est
pas honnête. Quand la société marocaine sera au même niveau que les
sociétés occidentales, on aura la liberté comme en Occident. Parce qu’ils nous
disent : pourquoi on donne la liberté aux musulmans dans nos sociétés et
vous ne donnez pas cette liberté aux chrétiens dans votre société ? Mais
les chrétiens existent, ils sont là (ndlr, surtout des journalistes et hommes
politiques occidentaux)… parce que les juifs marocains, il n’y a pas de
problèmes, ils sont là depuis des siècles title="">[9].
S’ils ne font pas du prosélytisme...
 »

Cette
réponse n’était pas sans nous surprendre, tant nous pensions que c’est plutôt
les velléités laïques, agnostiques ou athées, selon le degré d’affirmation de
soi et de sa liberté de conscience, que visait cette censure par le PJD. En
effet, lors de Ramadan 2009, par exemple, le Mouvement
alternatif pour les libertés individuelles

(MALI), cofondé par deux marocaines, réclamait le droit de pouvoir se sustenter
sans se cacher pendant le mois de jeûne. Les militantes de ce mouvement subirent
des pressions policières. Plus largement, est-ce qu’un Printemps arabe
qui s’est déroulé sous le mot d’ordre « Hourryia » peut faire
l’économie de la liberté de conscience ? Cette question pourra commencer à
être réglée de manière pratique par le modus vivendi politique et social
que sauront établir (ou pas) les partis politico-religieux (dits
« islamistes ») au pouvoir avec leurs concurrents/partenaires laïcs
et inversement.

En
tout cas tous ces mouvements politico-religieux entraperçus ici,
particulièrement le PJD, semblent, de prime abord du moins, vouloir ancrer leur
conception de l’islam dans l’histoire et la culture locale ainsi que dans la
modernité. Le transnationalisme wahhabi, pour ne citer que lui, ne paraît pas
vraiment "hanbaler" ce pays de tradition malikite et de culture
arabo-amazigh qu’est le Maroc. « Islamistes », oui mais…


Les résultats du Parti Justice et
Développement (PJD, Al Adl wa-l Tinmiya, والتنمي العدالة
)

Durant l’exercice
parlementaire 2007-2011, le PJD comptait 47 membres au Parlement (sur 305
sièges). Mais ce chiffre était minoré par la relative limitation du processus
électoral imposée par l’ancienne constitution et par le PJD lui-même, qui,
stratégiquement, pressentait que le moment d’étendre leur pouvoir n’était pas
encore advenu. Ils comptent depuis les élections du 25 novembre dernier –qui
n’ont toutefois rassemblé, selon les sources officielles, que 45% des
électeurs– 107 sièges, soit plus d’un tiers du parlement, ce qui en fait le
groupe parlementaire le plus important du pays, devant l’Istiqlal, le PAM, le
Mouvement Populaire, et de nombreux autres (avec un paysage socialiste très
éparpillé). Le parti est présent dans 58 circonscriptions, soit 64% de
l’ensemble des circonscriptions. Sa liste nationale remporte 24 sièges sur 90
possibles. Celle-ci est réservée, par la nouvelle constitution, aux femmes et
aux jeunes, afin qu’ils et elles accèdent plus rapidement aux responsabilités
parlementaires. Le Roi vient par ailleurs de désigner, à la suite de ces résultats, le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane comme premier ministre.


[1]La chaine Qatari a été boutée hors du royaume marocain courant 2010. Elle n’y a plus d’antenne locale et de rédaction. Toutefois, quelques correspondants sont autorisés...

name="_ftn2" title="">[2] A la suite de ces législatives, le PJD compte 7 parlementaires hommes d’affaires ou chefs d’entreprises, 9 Médecins ou pharmaciens, 9 ingénieurs, ou encore 12 professeurs universitaires…

name="_ftn3" title="">[3] Mais ses promoteurs tracent sa
généalogie et sa légitimité bien au-delà, en remontant jusqu’au Prophète.

name="_ftn4" title="">[4] Parti Authenticité et Modernité,
fondé en 2008 par Fouad el Himma, ancien ministre marocain, très proche du roi
Mohammed VI.

name="_ftn5" title="">[5] Pour aller plus avant dans
l’analyse des trois principaux acteurs politico-religieux du royaume, on
consultera le récent ouvrage du sociologue (actuellement visiting fellow à
l’Université de Columbia, Etats-Unis), Youssef
Belal : href="http://bit.ly/riqZvj">Le
cheikh et le calife, sociologie religieuse de l’islam politique au Maroc
(Editions de l’ENS,
Lyon, juin 2011). Ce livre issu d’une
enquête de terrain répertorie le paysage politico-religieux au Maroc qui se
concentre sur les trois principales forces : le Roi (Mohammed VI), Le cheikh
Abdessalam Yassine (fondateur du Parti Justice et Bienfaisance, Al Adl wa-l
Ihsan
) et le Parti Justice et Développement Justice et Bienfaisance (Al
Adl wa-l Tinmyia
). Nous remercions le sociologue href="http://www.archipress.org/reda/">Réda
Benkirane pour cette indication bibliographique. 

[6] Pour fouiller cette thématique, voir le récent travail de Stéphane Lacroix, Les islamistes saoudiens. Une
insurrection manquée
, Paris, Presses universitaires de France, coll.
« Proche-Orient », 2010.

title="">[7] C’est ce que nous avons tenté de montrer à l’échelle des "avatars"
européens de cette mouvance dans « Les Frères Musulmans, du global au
local », in href="http://pub.u-bordeaux3.fr/FicheOuvrage.php?OUV_CMD=995">Religions
et Mondialisation : exils, expansions, résistances
,
(dir) Rigal-Cellard, Presses Universitaires de Bordeaux, 2010, ou « The
Autonomization of the Muslim Brotherhood in Europe : Da’wa, Mixité and
Non-Muslims », in href="http://www.amazon.fr/Muslim-Brotherhood-Europe-Roel-Meijer/dp/0231702906">The
Muslim Brotherhood in Europe.
Burdens of the
Past, Challenges of the Future
, (dir) Meijer
and Bakker, London-New York, Hurst Publishers/Columbia University Press,
December 2011, pp. 179-205.

name="_ftn8" title="">[8] Il a plusieurs type de
zébiba : celle du hajj patinée par la patiente multiplication des
prosternations front contre terre au fil des ans, ou celle du jeune born-again
qui entre en religion avec ferveur et sur le front duquel se dessine une zébiba
de débutant empressé, qui confine plus à la brûlure…

title="">[9]
La présence juive au Maroc est résiduelle. Une partie importante de la
population juive du Royaume, quoiqu’en disent les reconstructions apologétiques
et les belles déclarations de principes, a été diminuée par
l’émigration consécutives aux pressions et contraintes, ou à la conversion
forcée, comme dans le cas des marranes de l’Espagne post-Reconquista. Un
dossier de l’excellente revue marocaine d’histoire Zamane de Novembre
2011 se basant sur des documents anciens, atteste de la conversion massive et
contrainte qu’ont connu les juifs de Fès aux XIIIeme-XVIe siècle. Des
patronymes comme Benchekroun, Benkirane, Benzakour, Bentabet, ou Bennis en
porte encore témoignage vivant. Plus proche de nous, en 1912, une expédition
dans le quartier du Mellah de Fès avait causé la mort de dizaines de juifs et
de nombreux blessés. Cf « Ces Fassis d’origine juive », par Adnan
Sebti, Zamane, novembre 2011, pp 66-71 (également pp 96-98). Plus récemment, en
mars 2011, Hamid Chabat, le maire de Fès, a déclaré lors d’une réunion de son
parti que les révolutions arabes étaient en fait un coup prévu dans « Le
Protocole des Sages de Sion » (dont toute l’historiographie contemporaine
a montré qu’il s’agissait d’un faux) pour déstabiliser le monde arabo-musulman.
Chabat pensait peut-être ainsi "mettre à distance" son patronyme...
d’origine on-ne-peut-plus hébraïque.

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Commentaires

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0 points

Merci cher ami pour cet article.Mais j’aimerais bien signaler que le peuple marocain aime son roi,c’est toute une dynastie que personne ne peut et ne pourras abolir.
Les cas de la Tunisie, l’Égypte et la Libye n’ont aucun lien de comparaison avec notre royaume le Maroc.vive le Roi et vive le Maroc.
Le PJD a des contraintes pour le moment actuel, mais qu’il va surmonter à l’aide de Dieu.
Pour les libertés individuelles,il faut garder en esprit que nous vivons dans un pays musulman, si un marocain n’a pas envie de jeuner le "ramadan", il"déjeune" mange, mais chez lui et non pas dans la rue.

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De toute façon quoi que le Maroc fasse ; ses névrosés voisins de l’EST trouveront toujours , soit par jalousie ou par la bêtise quelque chose à cracher dessus . Mais la caravane Maroc avance lentement , sereinement mais sûrement vers un horizon meilleur , alors que les chiens enragés restent sur le trottoir à aboyer .

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C’est marrant que Mr Bayloq fasse etat de l’orientation tres à gauche du PJD tandis que celui de tahar bensaada nous dit le contraire.Faudrait savoir !D’apres ce que j’en sais ,le PJD a un programme social tres ambitieux.

Quant au repli identitaire du PJD qui craint l’entrisme des autres confessions avec la nouvelle ouverture démocratique du pays,cela semble comprehensible pour celui qui a en vue l’histoire de la colonisation et du néo colonialisme avec sa politique de confrontation de front par l’occident de l’islam ,puis de façon plus detourné apres les independances . Lorsque mr Benkirane promet une tolérance plus grande ,c’est une certitude pour moi.Encore faut il que les pays arabes aient acquis une réel independance et que tout ceci ne soit pas un miroir aux alouettes de plus

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0 points

AUCUNE PRESSION VISUELLE DE LA CAMAPGNE ELECTORALE INCITATIVE A LA PARTICPATION
L’inquiétante appréhension, quant à la participation populaire aux élections législatives, s’est avérée, hélas, fort juste. Non pas en raison, des appels intempestifs de boycott qui n’ont pas eu d’effets à l’échelle de la majorité de la population, mais plutôt, en premier lieu, pour des raisons techniques. Beaucoup a été dit et écrit sur l’ineptie et la gérontocratie des dirigeants des partis politiques, mais la lumière devrait être dirigée sur les tares mêmes de la campagne électorale et la responsabilité de ceux qui ont établis ses lois.
Les résultats sont clôt avec une participation de 45,40%, soit prés de la moitié des électeurs inscrits et la victoire annoncée du PJD qui s’apprête à gouverner avec les partis de la KOUTLA. Normal avec l’ISTIQLAL mais dichotomique avec l’USFP et le PPS. Quoi qu’il en soit, la finalité et l’ambiance générale de la campagne électorale illustre l’exception marocaine dans le paysage du printemps arabe. Mais l’issue de cette consultation populaire appelle quelques réflexions.
Tout d’abord, le caractère fade de la campagne électorale freinée par nombre de restrictions de par la loi. Rien à voir avec la profusion des banderoles et des portraits géants des candidats qui caractérisent la rue arabe durant des périodes similaires. Le candidat au Maroc voit sa campagne limitée à l’affichage de modestes posters sur les murs des terrains vagues ou des écoles de proximité. Il doit informer les autorités de la tenue de toutes réunions ou marches à l’extérieur de son quartier général. Il est procédé comme si les électeurs devraient se suffire des textes de dépliants où domine la langue de bois et se retrouvent les mêmes promesses. En plus d’un coup d’œil aux murs d’affichage ! Ce qui suppose des électeurs tous instruits et rompus aux règles des opérations électorales. Or, l’expérience démontre que ceux aptes à lires les pamphlets, le plus souvent, ne se déplacent guère aux bureaux de vote. La majorité des électeurs votants n’auront guère, le plus souvent, pris connaissance de la littérature commune des candidats. La campagne dans son ensemble n’exerce aucune pression visuelle incitative à la participation. Par ailleurs, la programmation de l’élection, un vendredi, ne contribue pas, non plus, au déplacement pour accomplir le devoir national. En ce jour, on se prépare à la prière et on s’affale après le couscous, désormais, traditionnel.
Les résultats reflètent ainsi la prédominance des masses illettrées et démunies qui ont imposé leur choix au reste de la Société, selon le principe du « règne de la quantité et les signes du temps ». Les citoyens et citoyennes productifs que l’on range sous l’appellation de la bourgeoisie ont une fois encore, pour la plupart, massivement, manqué le rendez-vous. Nombre de découpages électoraux favorisent d’ailleurs les quartiers populaires, voir ce qui restent de bidonvilles. Mais, l’on ne peut, non plus, sous-estimer la campagne et la stratégie mobilisatrices du PJD, ; le parti dit islamique modéré y a cru dés le début et les urnes lui ont donné raison. Il importe de noter que cette formation politique a utilisé certaines rhétoriques de l’Islam pour parvenir à sa coloration islamique aux yeux des masses, mais s’est distancée, depuis, de tout ce qui peut rebuter l’électeur moyen. Magistrale prouesse politique qui mérite d’être saluée.
En définitive, le Royaume du Maroc a réussi pacifiquement l’alternance gouvernementale à l’instar de l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie…Ce qui le range aux cotés des pays européens démocratiques. Il est clair que notre pays a tracé sa voie et se trouve surement sur ses rails dont nul ne peut l’ébranler. Il est légitime de s’enorgueillir durant ces temps incertains dans le monde arabe.
Taieb Jamai 29/11/2011

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Merci M.Taieb Jamai pour ce commentaire "tranquille",...j’aime bien :)

Et tout particulièrement ceci :

TAIEB JAMAI : Les résultats reflètent ainsi la prédominance des masses illettrées et démunies qui ont imposé leur choix au reste de la Société, selon le principe du « règne de la quantité et les signes du temps ».

 :)

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Le mot islamiste est une invention occidentale,il y a seulement des pays musulmans,ou l’islam est pratique.Maintenant les occidentaux nous ont classe entre islamiste,islamiste modere et islamiste extremiste,donc il y aura pour bientot un livre des pays musulmans et leur classement islamique,je
crois que ce jeu a assez dure,pronant simplement une religion tolerante et acceptons dans son sein toutes les religions,sans suprematie,ni ostentation.

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Bonjour,
Merci pour cet article, mais le PJD doit être vu pour ce qu’il est : un parti réactionnaire de droite, sans vision économique, ni vision sociale (le débat sur la liberté de conscience en est une preuve de plus hélas). Malheureusement le système électoral marocain les empêche de gouverner et les contraint à faire des alliances. ce qui est dommageable car ils pourront toujours imputer leurs échecs à d’autres partis.

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Monsieur Taieb Jamí

Parmi vos contradictions au sujet des élections »exception marocaine« , vous dites :

(1) Le royaume “chérifien„ a réussi l´alternance, et vous comparez le vécu électoral chez vous à celui d´Espagne !

(2) Vous affirmez que de fait c´est ce qui vous situe aux côtés des pays occidentaux les plus démocratiques !

(3) A cet embellissement de l´événement magique »exception alaouite« , vous dites nul ne peut ébranler la voie où se trouve votre royaume, ne s´agissant que d´un orgueil !

(4) Au début de votre dissertation,vous certifiez que le boycott resta sans effet, mais vous ne parlez que de 45 % de participation, la considérant moitié de l´électorat !

(5) Avec franchise, vous dites : la loi freina la propagande, fichage modeste, réunions surveillées, les plus aptes ne vont jamais aux bureaux de vote, la présence des illettrés, un Vendredi de Couscous !

(6) Comptant sur votre propagande légalisant tout le faux et écartant tout principe sur lequel devrait se baser une jeune démocratie, comment pourriez-vous mettre votre régime à la hauteur de vos voisins espagnols ?

(7) Quant à l´orgueil auquel vous faites référence, il ne devrait être que de ceux qui avouent une fidélité aveugle et une allégeance à l´esclavage et à l´ignorance qui sont à l´origine des misères d´un peuple, toujours contraint de supporter une tradition moyenâgeuse, n´étant que le secret de vos privilèges, vous pavanant et bafouant les droits de nos démunis, pendant 343 ans survivant sans le moindre secours (analphabétisme, misères, corruption, manque de dignité !).

(8) Concernant la victoire de votre »Chevalier Pégediste« , je pourrais apporter tous les éléments qui l´ont favorisé au supposé poste de chef d´un gouvernement fantoche, qui sans le moindre des doutes, il restera en main de celui qui est élu par la loi des plus forts (Sarko & Co.)

Houcine__