Ijtihad : pour un « Islam progressiste et populaire »
Par Abdelaziz Chaambi,
Mohamed Kaf,
Nadjib Achour,
Sarah Girard,
Youssef Girard
mardi 9 octobre 2007
Militants venus d’horizons divers[1], nous avons travaillé ensemble dans la commission se rapportant à la dynamique musulmane en France dans le cadre du Forum Social des Quartiers Populaires qui s’est déroulé à Saint-Denis les 22, 23 et 24 juin 2007. Ce travail commun nous a permis de confronter nos points de vue et nos expériences afin de faire avancer nos réflexions.
Lors du Forum Social des Quartiers Populaires, nous avons organisé un atelier sur la dynamique musulmane et l’engagement des associations islamiques dans les luttes sociales en France.
Cet atelier nous a montré l’intérêt porté par un grand nombre de personnes pour la thématique que nous présentions. Il a aussi manifesté l’attention portée à notre discours qui cherchait à défendre un Islam engagé socialement et en phase avec son environnement : un « Islam progressiste et populaire ».
Il est évident que malgré la qualité du débat instauré au cours de l’atelier, les questions qui se posent à nous ne peuvent être réglées en quelques heures. Ces questions difficiles nous demandent de pouvoir réfléchir et agir sur le long terme. C’est pourquoi nous avons décidé de poursuivre l’action entreprise dans le cadre de la commission sur la dynamique musulmane en constituant le groupe Ijtihad.
Pourquoi Ijtihad ?
Littéralement, le terme Ijtihad signifie « l’effort ». Au fil du temps, il prit le sens particulier « d’effort de réflexion ». Selon la doctrine classique de la théorie du droit islamique, Ijtihad signifie se contraindre à se forger une opinion (dhann) dans un procès (qadiyya) ou comme règle (hukm) de droit. Pour le philosophe indo-pakistanais Mohammed Iqbal (1877-1938), l’Ijtihad « signifie s’efforcer en vue de formuler un jugement indépendant sur une question légale »[2]. Autrement dit, l’Ijtihad est un effort effectué par un juriste soit pour extraire une loi ou une prescription de sources scripturaires peu explicites, soit pour formuler un avis juridique circonstancié en l’absence de textes de référence.
Dans la tradition sunnite, les « portes de l’Ijtihâd » furent fermées à partir du Xième siècle. Cependant, cette fermeture, qui n’était en rien une prescription sacrée, fut toujours contestée par de nombreux oulémas tels qu’Ibn Hazm (994-1064) ou As-Souyouti (1445-1505).
En fait, la fermeture des « portes de l’Ijtihad » marquait avant tout la décadence intellectuelle du monde musulman post-almohadien. « Le refus de l’ « Ijtihad », écrivait Mohammed Iqbal, est une pure fiction suggérée en partie par la cristallisation de la pensée juridique dans l’Islam et en partie par cette paresse intellectuelle qui, spécialement dans la période de décadence spirituelle, transforme en idoles les grand penseurs. Si quelques-uns des docteurs ultérieurs ont été partisans de cette fiction, l’Islam moderne n’est pas engagé par cet abandon volontaire de l’indépendance intellectuelle »[3].
Au XIXième siècle, les réformateurs musulmans dans la lignée de Jamel ed-Dine Al Afghani (1838-1897) firent de la réouverture des « portes de l’Ijtihad » un des éléments moteurs de leur réflexion. Pour Mohammed Iqbal, l’Ijtihad est « le principe de mouvement dans la structure de l’islam ». Ainsi, le philosophe indo-pakistanais appelait à un Ijtihad collectif afin de « reconstruire la pensée religieuse de l’Islam » pour qu’elle soit en phase avec le monde contemporain.
Dans cette perspective, il affirmait que « le Coran enseigne que la vie est un processus de création progressive constante, ce qui nécessite que chaque génération, guidée mais non empêchée par l’œuvre de ses prédécesseurs, ait le droit de résoudre ses propres problèmes »[4]. C’est afin d’essayer de résoudre nos « propres problèmes » que nous avons donc décidé de constituer Ijtihad.
Ijtihad se voudra un espace de réflexion et d’action sur toutes les questions se rapportant à l’Islam et aux musulmans en France et dans le monde. Notre effort de réflexion collectif (Ijtihad jama’i) aura pour but de promouvoir un Islam en phase avec son environnement social, c’est-à-dire un « Islam progressiste et populaire » capable d’offrir les fondements idéologiques et spirituels à l’émancipation réelle des populations musulmanes.
Ainsi, Ijtihad s’attachera à préserver l’identité culturelle et spirituelle des musulmans tout en s’efforçant de participer activement aux luttes sociales et politiques des populations des banlieues en dépassant notre identité islamique.
Perspectives d’Ijtihad
Avec la constitution d’Ijtihad, nous nous imposons de nouvelles tâches politiques et pratiques. C’est dans ce cadre qu’Ijtihad développera ses réflexions et ses actions. Parmi les nombreux chantiers de travail qui se présentent à nous, certains nous semblent prioritaires :
1 - Construire un « Islam progressiste et populaire » en phase avec son environnement social. Au cours de l’histoire, l’Islam a toujours été traversé par de multiples courants de pensée qui furent le produit de contextes sociaux différents voire mêmes antagonistes. Face à l’ « Islam des dominants » défendu par les « Ouléma du palais » a toujours existé un « Islam des dominés » qui, porteurs des idéaux des opprimés, se voulait le vecteur de contestations sociales et d’un désir de justice.
C’est de cet Islam, porteur de justice sociale, qui a lutté contre les oppresseurs musulmans puis contre la domination impérialiste, dont nous nous réclamons. Il nous appartiendra de définir un « Islam progressiste et populaire » capable de lutter contre l’impérialisme, le néo-colonialisme et ses supplétifs, de promouvoir une renaissance civilisationnelle et de défendre la justice sociale.
Loin de tous replis exclusifs, cet « Islam progressiste et populaire » devra nécessairement s’ouvrir à la culture universelle de tous les opprimés (al-mostadh’afoun) pour mieux se dresser contre l’hégémonie impérialiste. C’est en partant de l’ensemble du patrimoine islamique, sans exclusive, que nous nous attellerons à cette tâche.
2 - Lutter contre l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes les musulmans. L’Islam est depuis des années la victime expiatoire de tous les maux de la société française. Les musulmans sont présentés comme des terroristes voleurs, violeurs, voileurs et antisémites.
Ils sont le symbole même de l’anti-France et l’Islam est définitivement la religion des « barbares ». Pour surveiller et punir les « barbares musulmans », l’Etat français a mis en place une politique de répression et de contrôle de l’Islam et des musulmans dans la plus « pure » tradition coloniale : contrôle de l’Islam par l’instauration du CFCM pour rétribuer les nouveaux bachaghas de la communauté ; criminalisation et répression contre l’Islam et les musulmans par des lois d’exceptions (loi sur le voile, loi « antiterroriste », plan Vigipirate…) et une discrimination institutionnalisée. Comment lutter contre ce contrôle institutionnel et ces discriminations ?
3 - Poser la question féminine en Islam, et ce, dans une tripleperspective : premièrement, celle des discriminations et des pressions que subissent les femmes musulmanes dans la société française, notamment celles qui portent le foulard ; deuxièmement, l’oppression endurée par les femmes au sein même d’une communauté musulmane traversée par des idées et des pratiques sexistes et patriarcales ; troisièmement, lutter contre la culture machiste dominante dans l’ensemble de la société française.
Nous souhaitons ainsi donner les moyens à toutes les femmes musulmanes (quelle que soit leur origine, voilée, non-voilée, etc.) de se défendre contre ces injonctions à la sujétion, d’où qu’elles viennent.
Cette question nous semble incontournable car elle est au centre des débats sur l’Islam, à la fois dans les discours de certains de ses détracteurs (pour lesquels le foulard serait de manière essentialiste le symbole de l’asservissement de la femme et pour lesquels les musulmanes non-voilées seraient forcément des femmes libérées du « joug des musulmans sexistes ») ou a contrario de certains de ses défenseurs (qui érigent le foulard en étendard de l’Islam et qui dénigrent ainsi les musulmanes qui ne le portent pas).
Comment les femmes musulmanes peuvent-elles sortir de ces carcans et s’élever au-delà de toutes les représentations fantasmées dont elles font l’objet ? Nous devons également lutter contre toutes les pratiques sexistes et patriarcales qui touchent l’ensemble des femmes.
4 - Explorer et faire connaître le patrimoine de la civilisation arabo-islamique. L’Islam ne peut pas être réduit uniquement à une spiritualité transcendante puisqu’il est aussi une civilisation immanente. Ainsi, l’Islam représente plus de quatorze siècles d’une civilisation, s’étendant de la Mer de Chine à l’Océan Atlantique, avec ses pages sombres et ses pages glorieuses.
Comment construire notre présent, non en cherchant à ressusciter artificiellement le passé, mais en s’appuyant sur cet héritage civilisationnel ? En effet, les musulmans, héritiers de la philosophie d’Ibn Rushd (1126-1198), de la science de l’histoire Ibn Khaldoun (1332-1406) et de la mystique d’Abou Hamid al-Ghazali (1058-1111) ou de Djalal ed-Din Rumi (1207-1273) doivent explorer ce patrimoine qui est le leur. « Ici comme ailleurs, écrivait Mohammed Abed al-Jabri, notre seule chance de ne plus lire notre avenir dans le passé – ou le présent – des autres, mais de construire à partir de notre propre réalité, à partir de la spécificité de notre histoire et des constituants de notre personnalité, c’est la conscience historique »[5].
5 - Développer la connaissance de la nahda et du mouvement de réformes culturelles-religieuses qui s’est développé dans le monde musulman à partir du XIXème siècle. De Jamel ed-Dine Al Afghani (1838-1897) à Ali Shariati (1933-1977), en passant par Abd el-Hamid Ben Badis (1889-1940) ou Abdelkrim El Khattabi (1882-1963), des hommes ont prôné une spiritualité engagée dans le monde.
Le mouvement de renaissance de l’Islam se fit dans une triple dimension : une politique offensive de lutte anti-impérialiste et de renaissance civilisationelle du monde musulman ; une relecture des textes normatifs dans un sens novateur en lien avec leur environnement social ; une spiritualité profonde et intime.
Quels enseignements pouvons-nous tirer de leurs actions ? Quelles idées développées par ces hommes peuvent encore nous servir aujourd’hui ? Leurs idées, même si nous devons les adapter à notre réalité sociale, nous seront nécessairement utiles pour développer notre propre projet.
6 - Approfondir notre connaissance de l’histoire de l’Islam et des musulmans en France. Cette histoire a trop longtemps été minorée et détachée de l’histoire générale de l’immigration. Pourtant, l’Islam est arrivé en France avec les premiers immigrés maghrébins au début du XXème siècle. Dès les années 1920, les pionniers de l’immigration s’organisèrent afin de pratiquer leur religion.
Au sein de l’Etoile Nord Africaine, l’Islam joua un rôle important dans la lutte globale que menaient les militants nationalistes maghrébins au sein de l’immigration et dans les luttes de libération de leurs pays d’origine. Quelles leçons pouvons nous tirer de l’expérience de l’Etoile Nord Africaine, de l’activité de l’association des Ouléma, de la marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983 et des différentes expériences militantes qui se sont développées à la suite cette marche ?
Au-delà de ces orientations, nous invitons tous ceux et toutes celles qui désirent lutter contre les discriminations dont sont victimes les musulmans et qui veulent construire dans la durée une alternative à l’Islam institutionnel à nous rejoindre afin de construire ensemble un « Islam progressiste et populaire » en phase avec notre époque et les réalités sociales des populations victimes du nouvel ordre mondial.
Nadjib Achour, Abdelaziz Chaambi, Mohamed Kaf, Sarah Girard, Youssef Girard
Contact : ijtihadislam@gmail.com
[1] DiverCité, MIB, CMF, indépendants.
[2] Iqbal Mohammed, Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam, traduit par Eva de Vitray-Meyerovitch, Ed. Du Rocher, 1996, page 149
[3] Ibid., page 178
[4] Ibid., page 169
[5] Abed al-Jabri Mohammed, Introduction à la critique de la raison arabe, La Découverte, 1994, page 170
Abdelaziz Chaambi
Membre fondateur de Divercité. Il est également membre du Collectif des Musulmans de France et de la commission Islam et Laïcité.Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Mohamed Kaf
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Nadjib Achour
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Sarah Girard
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Youssef Girard
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Vos réactions et commentaires sur cet article
Salaam
Bienvenue, félicitation et longue vie féconde et utile au groupe Ijtihaad dans le paysage français. En tant que musulman je suis satisfait de l’ancrage franc au coté des opprimés (mostadh’afoun), tous les opprimés et quelques soient leur dominants, que vous voulez donner a votre démarche et réflexion. Au regard de ce positionnement le débat polémiste sur les qualificatifs a peu d’intérêt.
Les perspectives d’Ijtihad sont ambitieuses. Mais vous faites déja preuve d’une bonne capacité d’Ijtihad en forgeant ce concept/outil d’ijtihad collectif (qui mérite a mon sens élaboration a lui tout seul vu son originalité). Si votre appel, lancé, trouve l’echo qu’il mérite le groupe Ijtihad pourrait bien finir par avoir les moyens pour s’atteler a toutes ses perspectives. C’est ce que je vous souhaite en tout les cas.
Enfin, j’ai une petite remarque sur l’ordre dans lequel apparaissent les perspectives d’Ijtihaad que vous vous proposez. Trois d’entre elles, les dernières, sont de l’ordre de l’exploration, le développement, l’approfondissement de connaissances et/pour enfin son partage. Je pense qu’il est primordiale pour l’éventuel succès sur les trois autres perspectives d’inverser l’ordre de priorité et de faire de la connaissance et son partage la priorité numero un.
Encore une fois tous mes voeux de succès.
Salaam
Salam
Excellente intervention de SSi( expression de respect en marocain) Omar Masri . Vous êtes un temoin de votre époque ,Merci de l’avoir fait.
Dommage qu’Oumma- que je remercie au passage- ne developpe pas un systéme de débat autour des sujets qui s’y apprettent . J’aurais bien voulu que la discution sur ce sujet comme sur d’autres tel que le riba ne se resument pas en des articles commentés souvent à chaud puis noyés dans l’ocean d’articles sur le site. Oumarij
A Idéal et à Lola
IL y a eu un quiproquo dans votre lecture. Je ne dis pas que les "musulmans sont...tournantes". Mais, par contre, je dis que ces propos sont largement tenue par une large frange de feministe en l’encontre des musulmans. Avec un peu d’honnete ce que vous m’imputez colle mal avec le reste de mon texte. Pour ce décoloniser l’esprit c’est sur qu’il faut faire une diète de Tf1. Par ailleurs, il faut aussi se débarasser de ce qui ne colle pas à l’Islam. Et dans la réthorique gauchiste il y a beaucoup de travail à faire car ça colle pas avec notre vision du monde comme le souligne Mamadou.
salam, le texte a le merite de provoquer le débat, à ceux qui nous accusent de gauchistes , je leur dirai tout simplement , vous etes peut etre un nouveau genre de reactionaires , de petit bourgeois musulman , adepte de la cyber militance .... merci aux auteurs du texte pour leur contribution intelectuelle !!!
Un commentaire de haute volée,celui de Mazri Omar.Un grand merci à Oumma.com de donner aux uns et aux autres la possibilité de s’exprimer et de s’enrichir mutuellement.
A Addas, vous parlez de décoloniser les esprits, c’est une bonne idée mais je crois qu’il faudrait commencer par décoloniser le votre (d’esprit). A la lecture de vos propos sur "les barbares musulmans qui ne pensent qu’à faire des tournantes", je fais des bonds et me désole de l’avenir de notre communauté en France.
J’ai lu et relu votre bilan sur votre action et j’ai analysé vos démarches et propositions. Il y a beaucoup de bien comme il y a beaucoup de pistes à explorer, à tenter et à débattre sur le terrain des acteurs au quotidien. Bravo. Je ne vais pas m’étaler sur l’action positive qui vous honore mais je vais " vous dénigrer amicalement" selon la règle du bon conseil en Islam et selon la peur que j’ai en moi devant toutes les tentatives de saucissoner l’islam, de l’occidentaliser, de le Jahiliser sans l’avoir pratiqué dans sa logique interne qui est une alternative au matérialisme, au paganisme athée ou aux religions païennes (Chirk)
Permettez moi donc de réagir sans malices à ce qui a heurté ma sensibilité de musulman : cette caricature sémantique " Islam progressiste et populaire" et tous les préjugés idéologiques qui la sous tendent comme l"islam français" est soutenu par d’autres préjugés. En aucun ce que je vais dire n’est dirigé méchamment contre vous ou est la négation de vos efforts. C’est un travail de clarification qui va dans le sens de l’Ijtihad que vous, moi et tout musulman ou non musulman concerné par la désastreuse gestion du monde réclament pour sa dignité et la survie de ses enfants et de ses frètes en humanité.
Il faut nous mettre dans la tête et dans le coeur qu’il y un seul Dieu, un seul Coran, un seul et ultime Prophète Mohamed et que c’est une hérésie sur le plan religieux de vouloir présenter plusieurs islams ou de croire en plusieurs islams. Des raisons idéologiques, politiques en Occident veulent que la division soit la règle qui unit les musulmans et que les seuls qualificatifs pour parler de l’islam sont ceux produits par la culture occidentale dans sa version chrétienne ou matérialiste (libérale ou marxiste). L’islam n’est ni libérale ni marxiste, ni populaire ni élitiste, ni progressiste ni réactionnaire, ni essentialiste ni existentialiste il est la religion d’Adam, de Moise, de Jésus, de Mohamed, la religion que Dieu a choisi pour le bien être moral, social, spirituel et politique des hommes qu’Il a crée. Ces créatures n’ont pas compétence de donner des attributs ou des qualificatifs à la religion de Dieu autres que Lui même a donné à Sa religion :
"Allah atteste, et aussi les Anges et les doués de science, qu’il n’y a point de divinité à part Lui, le Mainteneur de la justice. Point de divinité à part Lui, le Puissant, le Sage ! Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’Islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes d’Allah, alors Allah est prompt à demander compte ! S’ils te contredisent, dis leur : ‹Je me suis entièrement soumis à Allah, moi et ceux qui m’ont suivi›. Et dis à ceux à qui le Livre a été donné, ainsi qu’aux illettrés : ‹Avez-vous embrassé l’Islam ?› S’ils embrassent l’Islam, ils seront bien guidés. Mais, s’ils tournent le dos... Ton devoir n’est que la transmission (du message). Allah, sur [Ses] serviteurs est Clairvoyant. al imrane 13
SVP tout est à débattre, tout est sujet d’ijtihad sauf ce qui a été défini par Dieu sans possibilité de réforme, de relecture ou d’interprétation. Il n’y a pas et il n’y aura pas d’islam avec un qualificatif que celui donné par Dieu dans le Coran. Il n’y a pas d’islam arabe et d’islam iranien, d’islam du temps du Prophète et d’islam post Prophète, ni d’islam boudhiste ni d’islam conservateur ni d’islam sioniste. Il y a l’islam d’Allah al Ahad al Qahar malikou al Moulk :
"Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré, mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur terre, et que c’est vers Lui qu’ils seront ramenés ? Dis : ‹Nous croyons en Allah, à ce qu’on a fait descendre sur nous, à ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux ; et c’est à Lui que nous sommes Soumis›. Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants." al imrane 83
C’est un seul et même islam qui gouverne l’univers, le monde des hommes, des Djinns, des plantes, des animaux, des minéraux. Les hommes peuvent être libres de s’y soumettre totalement ou de le transgresser. s’ils s’y soumettent ils deviennent des mouslims qui peuvent selon leur culture, leur background intellectuel, leurs penchants politiques et leurs intentions être comme Abraham ou Mohamed ou
Même pecheur, innovateur, réformateur, moujtahid, transgresseur celui dont le coeur contient une graine de moutarde de foi et un vernis microscopique d’islamité ne peut tolérer que l’islam soit fracionné, partitionné, qualifié selon la mode et les préoccupations même nobles et légitimes des uns ou les stratagèmes les plus complexes des autres : Il n’ y a plus d’Ijtihad quand le socle de la foi le Thawhid ou le monothéisme pur et parfait est mis en doute sur le fond ou la forme :
"Aujourd’hui, les mécréants désespèrent de vous détourner de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous." al Maida 3
les musulmans peuvent diverger sur la manière de résoudre un problème économique, politique, diplomatique car ils consituent en principe un fueillage avec des branches et des fruits multiples sur le plan de la forme , de la couleur et du gôut. Dieu et l’Islam sont Un nous les croyants cmme toute la création nous sommes multiples, divers et ondoyants :
"N’as-tu pas vu que, du ciel, Allah fait descendre l’eau ? Puis nous en faisons sortir des fruits de couleurs différentes. Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et des roches excessivement noires. Il y a pareillement des couleurs différentes, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Allah. Allah est, certes, Puissant et Pardonneur. Ceux qui récitent le Livre d’Allah, accomplissent la Salat, et dépensent, en secret et en public de ce que Nous leur avons attribué, espèrent ainsi faire une commerce qui ne périra jamais afin [qu’Allah] les récompensent pleinement et leur ajoute Sa grâce. Il est Pardonneur et Reconnaissant. Fater 27
Allah al Fater, le Créateur ex nihilo autorise la divergence et favorise donc l’Ijtihad y compris dans la manière de parvenir jusqu’à sa connaissance et son amour. C’est la loi de l’harmonie qui gouverne l’univers. Dans cette loi il y a trois sous lois qui oeuvrent pour l’équilibre et le mouvement créatif : la dialectique, le retour à l’odre initial, la conjonction des similitudes. Cette même loi de l’Harmonie présidée par la sagesse divine veut que les hommes ne sont pas égaux en efforts, en intelligence et en qualité de foi et il appartient aux plus doués, aux plus vigilants, aux plus responsables d’exercer leurs devoirs vis de Dieu et des hommes pour construire cette harmonie ou y revenir quand elle est troublée :
" Et ce que Nous t’avons révélé du Livre est la Vérité confirmant ce qui l’a précédé. Certes Allah est Parfaitement Connaisseur et Clairvoyant sur Ses serviteurs. Ensuite, Nous fîmes héritiers du Livre ceux qui de Nos serviteurs que Nous avons choisis. Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d’autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par les bonnes actions ; telle est la grâce infinie." Fater 31
La divergence et son corollaire l’Ijtihad est donc recommandée, c’est un devoir, une manifestation de la vitalité, de la vie, une harmonie avec l’oeuvre du Créateur qui crée en permanence sans fatique sans lassitude et toujours avec sagesse :
"Chaque jour (de la création) est dans un état nouveau (Cha’n jadid) "
Nous sommes une créature de Dieu, la loi du mouvement nous concerne. Nous devons donc nous mouvoir, exprimer nos divergence et faire l’effort (ijtihad) de réformer, d’innover, d’inventer, de symboliser d’être pleinement humain mais nous ne pouvons peuvons diverger sur la vérité, pas la notre mais celle de Dieu L’islam que Dieu a appelé comme le Coran al Haq, la religion de la droiture, din al qayim. Croyants nous ressemblons à ces feuilles, ces branches et ces fruits : ils sont portés par un seul et même arbre celui de la foi, la foi pure et authentioque le Thawhid qui a pour nom ISLAM. Nous ne pouvons par la liberté de notre imagination décider d’appeler cet arbre du nom qui nous convient et nous donne vie. Résoudre les défis sur le calcul de la lune, sur la redéfinition du Riba dans ce monde de globalisation et de financiarisation, chercher des facilitations dans un monde plus complexe et plus rapide sont des impératifs logiques qui méritent reconnaissance et récompense. Mais vouloir introduire des particularismes temporels ou spatiaux dans l’ISLAM consciemment ou inconsciemment c’est mettre en doute le principe du Thawhid : l’immuabilité, la vérité, la justice et la perfection du verbe et de l’acte divin.
" Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu’il est appelé à l’Islam ?" as saf 7
Quelque soit notre intelligence, notre richesse lexicale, notre érudition philosophique nous ne pouvons sur le plan de l’unicité et de la permanence de l’islam dire plus, moins ou mieux que Abraham :
" vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur, et faites le bien. Afin de réussir ! Et luttez pour Allah avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés ‹Musulmans› avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin pour vous , et que vous soyez vous-mêmes témoins pour les gens. Accomplissez donc la Salat, acquittez la Zakat et attachez-vous fortement à Allah. C’est Lui votre Maître. Et quel Excellent Maître ! Et quel Excellent soutien !" al Hadj 72
Que les musulmans soient engagés politiquement et socialement à côté de tout ceux qui luttent pour le progrès et les couches populaires c’est un impératif moral, politique et religieux car l’islam a pour vocation la promotion de la justice en général et la réalisation de la justice sociale.
Il ne s’agit donc pas de construire un nouvel islam "progressiste et populaire" mais de redonner vie à l’islam authentique dans le coeur et l’esprit des hommes mais aussi dans les differentes sphères de la société. Il s’agit de mobiliser les populations musulmanes par un enseignement authentique de leur religion et en les impliquant dans la vie de la cité pour qu’ils débattent et surtout qu’ils exercent leur devoir de Vicariat. Entrainer les populations sur des "Islams" c’est faire le jeu des confréries "réactionnaires" et des pouvoirs qui veulent des musulmans analphabètes et inconscients sur le plan de la religion et du monde c’est à dire vivre l’islamité tout simplement en musulmans conscients de ses devoirs vis à vis de Dieu et de son prochain sans dérive angélique et sans confiscation de sa liberté de dire et de faire ce qui est juste et bien. Cet islamité a pour vocation la défense de la dignité de l’humain, la promotion des devoirs de l’homme, la lutte contre le Riba dans sa forme ancienne ou dans sa forme capitaliste, la défense de la femme, la lutte pour la cause de Dieu qui souvent se ramène à la lutte pour défendre les opprimés sans distinction de religion et défendre leurs convictions mêmes si elles ne sont pas islamiques :
"Et qu’avez vous à ne pas combattre dans le sentier d’Allah, et pour la cause des faibles : hommes, femmes et enfants qui disent : ‹Seigneur ! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur›." an nissa 75
"Ceux qui ont fait du tort à eux mêmes, les Anges enlèveront leurs âmes en disant : ‹Où en étiez-vous ?› (à propos de votre religion et de votre dignité) - ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les Anges diront : ‹La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ?› Voilà bien ceux dont le refuge et l’Enfer. Et quelle mauvaise destination ! A l’exception des impuissants : hommes, femmes et enfants, incapables de se débrouiller, et qui ne trouvent aucune voie" an nissa 93
"Et si Allah ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue" al baqara 225
" Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant, ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable." al Hadj 43
La vocation de l’islam n’est de prôner ni la révolution ni le conservatisme ni réactionnaire mais la justice. Sur ce principe de justice nous pouvons nous mobiliser avec tous les hommes de bonne volonté pour que la justice et la paix règne dans nos coeurs, dans nos cités et dans le monde qui nous environne dans le cadre éthique et esthétique qui ne remet pas en cause notre foi monothéiste, notre pudeur, notre dignité, nos devoirs :
" O les croyants ! Remplissez fidèlement vos engagements.[...] Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition !" al Maida 1
Tout le problème est un problème de libération des musulmans vivant en France ou vivant dans d’autres contrées. La libération des musulmans est un aspect d’un problème plus en amont : la libération ou l’humanisation des hommes. Le Prophète a laissé un hadith d’une portée capitale en matière d’ingénierie sociale sous l’angle islamique : " Les meilleurs d’entre vous dans l’islam sont les meilleurs d’entre vous avant l’islam s’ils font l’effort de connaître leur religion". Ce hadith donne à l’Ijtihad un sens plus large et plus universel que celui préconisé par les parisans du sabordage de l’islam de l’intérieur en y introduisant des bidaâ (innovations hérétiques des égarés).
Ma conviction personnelle, ma pratique sur le terrain et mon regard sur la guerre de libération nationale (Algérie) me permettent d’affirmer que nous pouvons tisser des liens de travail et de militance sur des thèmes précis avec les authentiques chrétiens et avec les authentiques marxistes léninistes et troskistes sans collaboration de classes ni partage de place mais pour l’émancipation de la démocratie et de la justice sociale.
Salam à tous et Ramadhan agréé inchaallah. Omar Mazri
A propos d’un titre Islam progressiste ? Salam
Je crois que les auteurs de cet article utilsent des mots et des concepts qui ne maitrisent pas bien, et qui ignorent leur signification philosophique. Le titre uniquement mérite un débat : Islam progressiste et populaire ? que veut dire progressiste ? et par rapport à quoi ? ce terme est un concept marxiste, puis il est devenu un concept occidental. Tout ce qui vient dans l’avenir est un progès selon cette conception.Le progrès dans cette conception est purment matériel : argent, nombre de télé, de voiture....Quant à l’humanité de l’homme, sa croyance, sa stabilité psychologique, sa moralité, elle est totalement rejeté, car elle se ratache à des choses non matérielle ( religion). Donc, qu’est ce que c’est cet islam progressiste ? Et ce n’est pas par hasard, que l’une des référence de cet article est Abed al-Jabri un penseur marocain qui a passé toute sa vie dans le marxisme , et aprés la disparution de leur qibla ( Mouscou/URSS), il est à la recherche d’autres qibla, alors que ces compatriotes se sont rangés dans le rang anti-islamique des nouveaux conservateurs. Celui qui parle de l’ijtihad, doit premièrement avoir bien élaboré ces concepts, ces normes, à partir et uniquement de la Révélation ( Coran et Sunna), et non pas à partir de la philosophie occidental comme c’est le cas des "faux ( nouveaux) penseurs de l’Islam occidental" wasalam. wasalam
Oh ! là ! là ! Addas, je ne voudrais pas utiliser les mêmes procédés que vous mais là, vous dérapez quand vous parlez des "barbares de musulmans qui ne pensent qu’à faire des tournantes dans les cités" !
Qui vous dit qu’ils sont musulmans ?
Pourquoi faites-vous l’amalgame entre voyous et musulmans ?
et je sais de quoi je parle. Je connais bien la banlieue et active dans une Assos très proche des gens.
Ce sont des voyous qui n’ont ni Dieu ni maître un point c’est tout !.
La Culture TF1 finit par s’imposer à tous, hélas.
bonsoir,
Je ne comprends pas pourquoi certains bloquent autant sur la sémantique. Islam modéré , islam progréssiste ... et alors , le plus important n’est t’il pas le travail sur le champs, le changement de perception du monde , de ce qu’est l’islam .
Pourquoi ne pas continuer sur les pas de grands réformateurs de la pensée et du droit tels que Hassan Al Benna et Cheikh Chaâraoui qui ont tant donner aux musulmans. Eux, pensaient t’il que l’islam était incomplet ? violent ? Pas du tout, ils réfléchissaient juste à un islam accompagant leur temps.
Et nous, allons nous réfléchir à l’islam de notre temps ? Je trouve l’initiative de cette commission très positive.
Je ferai juste remarquer que cette initiative vise à résoudre les problèmes des musulmans causés par des non-musulmans.
Il me semblait pourtant que l’Ijtihad visait à résoudre les problèmes des musulmans dans une société musulmane, non ?.
Autrement dit : nous devrions résoudre nous-mêmes les problèmes que pose l’assimilation des musulmans vivant dans une société non musulmane.
Bref ! c’est aux musulmans de changer, pas aux non-musulmans !.
C’est donc qu’on ne leur reconnaît aucune "qualité" qu’ils auraient en propre, aucune richesse.
Quand on lit certains commentaires on se rend bien compte de l’image excrécrable qu’ont certains musulmans d’eux-mêmes. C’est bien la preuve qu’ils ignorent ce qu’est véritablement l’Islam sinon ils saurait en parler de plus belle façon.
A quand la prière en français ?.
Attention, je ne met aucunement en doute les bonnes intentions et la sincérité des porteurs de ce projet.
J’aurais souhaité simplement rencontrer sur ce site des personnes qui sachent dire ce qu’est véritablement cette Sublime et Dernière Miséricorde accordée par Dieu aux Hommes : l’ISLAM.
Réponse à Septique
Je me permets de vous raconter une anecdote. Un jour une amie juive me dit "sais tu pourquoi les musulmans ont du mal à s’en sortir ? " Non lui réponds dis je. "Parce que vous rêvez et que vous vous arrêtez au rêve alors que nous nous rêvons et mettons tout en oeuvre pour réaliser nos rêves" Peut-être n’avait -elle pas tort. Alors pourquoi ne pas réaliser ce rêve ...
Il y a quelque chose d’étonnant à voir le trio CMF, Divercité, et le MIB parlaient de théologie, alors que ces associations n’ont pas le moindre théologien penseur digne de ce nom capable de formuler en des termes crédibles une pensée religieuse de qualité ou en tout cas cohérente. Ce texte est surtout un effet d’annonce qui débouchera sur du vent comme d’habitude.
n ce qui est du cfcm,soit il doit disparaître soit il doit se soumettre au principe de la démocratie.Cette structure ou ce truc doit à mon avis etre ramplacée par un organisme indépendant des pays étrangers et du gouvernement.Y en a marre.On est plus des enfants ! Maintenant ça suiffit ! Nous voulons construire en france un islam détaché de tout influence etrangere.Si messieurs les politiques et mesdames les politiques vous voulez défendre vos interets et vos amis dictateurs ... allez y mais fichez nous la paix ! Le renouveau de l’islam doit se faire en toute liberté. Voilà !
De nombreuses personnes sont convaincues qu’il est nécessaire de « réformer » l’Islam afin de l’adapter aux données du monde moderne. D’autres rejettent cette idée avec passion, observant que le contenu de l’Islam est de source divine et ne peut en aucun cas être transformé par la volonté des hommes.
A mon avis, le plus urgent aujourd’hui n’est pas de réformer l’Islam, mais simplement la société musulmane. J’observe au passage qu’il faudrait commencer à parler des sociétés musulmanes, pour être plus réaliste, car il doit bien y avoir une cinquantaine de sociétés musulmanes bien différentes les unes des autres, établies sur Terre, dans un vaste périmètre allant du Maroc à la Chine et à l’Afrique du Sud.
Avec le temps, l’Islam pratiqué dans tous ces pays a changé de manière fondamentale par rapport à l’Islam décrit dans les textes du temps de la Révélation. D’une part, il a intégré les coutumes locales des différents pays. D’autre part, les lois musulmanes ont été choisies sélectivement dans les différents pays, et à différents moments de leur histoire, pour favoriser tel ou tel groupe au pouvoir (les chefs de tribus, les hommes des tribus, puis plus tard les rois, etc.). L’Islam pratiqué a ainsi pris des caractéristiques qui changent de manière importante d’un pays à l’autre.
Tout le monde sait qu’il y a ainsi 4 rites sunnites et un rite shi’ite, plus un nombre important de groupes moins importants. Les dispositions juridiques énoncées dans ces rites sont appliqués dans les différents pays, tout en reflétant et intégrant les coutumes et traditions locales prévalant dans l’environnement national.
Ainsi, quand on s’intéresse au détail du droit musulman appliqué dans différents pays, en matière de mariage et de divorce, ont voit immédiatement les différences énormes qui existent dans les dispositions appliquées. Chaque pays est convaincu qu’il applique fidèlement la charia, alors que cette charia est bien différente de celle appliquée dans le pays voisin.
Certains pays poussent l’extrémisme au point de proclamer que seule leur interprétation de l’Islam est conforme au message divin et que tous les autres sont dans l’erreur. C’est la source de toute la violence qui est déchaînée actuellement sur ces questions dans les pays du Moyen Orient.
Mais il y a le meilleur et le pire dans les différentes lois appliquées dans les pays musulmans, basées sur la charia. Si on pouvait les aligner sur ce qui y existe de meilleur, ce serait déjà un progrès énorme, pour les sociétés concernées, sans soulever aucun problème de nouvelle interprétation de la religion ou de réforme.
Si les Etats islamiques pouvaient s’aligner sur les meilleures pratiques et dispositions qui ont été retenues dans les différents codes nationaux islamiques, et s’ils les appliquaient uniformément dans tout le monde musulman, cela résoudrait l’essentiel des problèmes actuels en matière de droits humains et de droits de la famille et de la femme.
Il rendrait également caduqes de nombreuses discussions relatives à la modernité. Car, l’Islam bien compris et bien appliqué, tel qu’il était pratiqué au temps du Prophète, était très « moderne » dans ses concepts, principes et valeurs. Simplement, avec le temps, sa modernité a succombé sous le poids des coutumes et des traditions.
J’ai bien ri en lisant la réaction de Sultan, particulièrement confuse et qui dissimule mal le profil militant de gauche en mal de révolution. Sa lecture de l’islam relève de son imaginaire de gauche ou d’extrême gauche. Je peux utiliser les mêmes principes et faire une lecture liberale de l’islam. Tout cela pour dire qu’il faut rester prudent et éviter de s’enflammer.
A Traillemac.
Certes vous avez raison quand vous affirmez que le progrés ou la modernité n’ai pas tribituaure de la culture occidentale. Mais pour autant certaines notions renvoient en priorité à cette ladite culture. Daoud est tres pertinent quand il dit que le terme "progressiste"est mal approprié, pour ne pas dire "suspect".
Sans faire l’histoire de ce concept,telle n’ai pas ma prétention, cette notion connote la lutte contre les religions taxés d’obscurantisme. Et à juste titre comme le dit Daoud c’est ce qu’on repproche à tous les musulmans, et on leur enjoint d’etre "progressiste". Autrement dit sortez de votre archaisme.
Le "progressisme"est aussi lié à la question feminine.Mais le feminisme comme l’entendent beaucoup de personne c’est quoi ? C’est la lutte pour l’egalité des sexes.Idée que je partage. Cependant le feminisme c’est aussi la lutte contre le voile,contre la pseudo-aliéniation qu’on impute à nos soeurs. C’est la lutte contre tous ces "barbares" de musulmans qui ne pensent qu’ a faire des tournantes dans les cités ! On peut taxé mes propos sur le féminisme d’exégération.Mais une chose est sur c’est que ce terme de féminisme, qui renvoie au progrés, contient toutes ces contadictions.
Le" progressisme" sonne donc mal avec l’Islam et renvoie à des catégorisations du monde qui sont antinomiques à la religion musulmane. Oui pour que nos prenons à bras de corps nos problèmes et non à l’islamo-gauchisme.Mais la priorité c’est ce décoliniser l’esprit.
Je n’ai nul besoin d’ intérmédiaires qui s’érigent en "théologiens" pour me signifier ce qui est progressiste, moderne archaïque, ou je ne sais quoi encore. Il est aisé comme vous le faîtes de vous protéger derrière des mots comme progressiste par exemple. Des mots n’ont jamais fait une théologie.
Je ne vois aucune représentativité dans ces comiques du CFCM choisis par Sarkozy. Lui même ne représente même pas la moitié de la France.
Merci aux auteurs de cette initiative, qui proposent que nous soyons maitres de nos destins, loin des calculs politicien et de pouvoir que certains souhaitent faire à nos dépens.
Salam j’aimerai réagir aux interventions de certains internautes qui oublient que l’Islam est non seulement progressiste mais je dirai aussi révolutionnaire, et le qualifier ainsi ne remet en rien en cause la sacralité du message ou sa transcendance. Le Prophète PSL est venu bouleverser l’ordre injuste établi, donner les droits et la dignité à chacun et surtout à chacune : n’oublions pas quelle était la situation des femmes à l’arrivée de l’Islam, et comment il s’est comporté avec les femmes, les pauvres, les non-musulmans, les enfants, les animaux et l’ensemble de la nature humaine. Si ce comportement n’est pas progressiste par rapport à ce qu’il y avait, je ne sais pas ce que c’est alors ! En ce qui concerne l’initiative d’Ijtihad, les auteurs n’ont jamais prétendu qu’ils voulaient prendre la place des théologiens musulmans (soyons sérieux), mais bien que d’obédience de gauche, ils aspirent à bousculer les théologiens et les pseudo-représentants de l’islam pour que des chantiers soient ouverts, pour faire réellement de la religion et du message de l’Islam des éléments d’émancipation , de justice sociale et de fraternité réelle, et non pas comme c’est les cas actuellement et depuis trop longtemps, un maintien dans la fatalité, le béni-oui-ouisme et l’instrumentalisation politicienne. Je tiens à rappeler également qu’être musulman et se reconnaitre dans des valeurs de gauche n’a jamais constitué une tare ou une honte, bien au contraire, voyez le parcours du chahid Sayyed KOTB ou du Docteur Moustafa MAHMOUD etc. Pour ce qui est du parcours des militants-es signataires du texte, certains d’entre eux ont été de tous les combats contre l’islamophobie depuis une trentaine d’années et ça leur a couté très cher, pendant que d’autres visaient la représentativité à tous prix et d’autres étaient prêts à vendre père et mère pour s’asseoir dans les salons de la République, pour devenir les instruments de contrôle et de flicage des gouvernements étrangers ou de la France néo-coloniale. Enfin je rappellerai simplement qu’il ne faut pas être des cents et des milles pour impulser des dynamiques de transformation vers plus de justic : reméditer la situation du Prophète PSL dans les jardins de Taêf !!!.
Il serait dans l’interet du CFCM, il en va de son image, et de sa crédibilité de recruter un chargé de communication pour servir d’interface avec ses électeurs...peut etre sentirons nous moins le mepris qu’affiche à notre égard Rabah.
a mr rabah, j’ ai l’impression que vous défendez votre association comme un salarie qui pourrait defendre son entreprise pour etre promu.vous etes tres ambitieux,mr rabah,mais seulement pour vous même... ne vous en faîtes pas on ne jalouse pas votre plan de carriere,on denonce seulement cette oligarchie..........
Salam,
Belle et noble initiative qui mérite la contribution de tout un chacun qui souhaite changer et améliorer le sort du monde en général et de l’humanité en particulier...
En revanche, sur les remarques autour du "progressisme" et de ses usages et effets idéologiques, je partage l’idée selon laquelle accoler des épithètes au substantif "Islam" illustre la volonté de démarquer un "Islam" d’un autre "Islam" qui ne partagerait pas lesdites qualités mais dont les affluents ne voient pas pour autant retirer la qualité d’"islamique". En l’occurence ici, cet "Islam progressiste et populaire" cherchera à se distinguer d’un autre "Islam" qui lui, serait, a contrario, conservateur et élitiste. Un "Islam" conservateur et élitiste qui pourtant resterait et demeurerait un "Islam". Bref ! Ce sont là en fait autant d’adjectifs qui qualifient des attitudes d’esprit de certains musulmans ou non d’ailleurs. Parler de plusieurs "Islam", c’est les confondre avec les musulmans (et leurs mouvements d’idées et de pensées) pour mieux nier l’unicité de l’Islam, de Dieu, de Son Message, de la condition humaine et de la Vie... L’Islam comme dernier Message universel du Créateur à l’Humanité n’est ni progressiste ni conservateur selon les acceptions politiques, et donc contingentes, en cours... C’est le réduire à une "réalité historique limitée" alors que, comme spiritualité singularisée par un universalisme tout aussi imposant qu’exigent, il se propose comme alternative permanente au destin de chaque être humain au-delà de ses conditions culturelles, religieuses, politiques, sociales, sexuelles, ethniques ou autre...
Un message d’amour certes, mais aussi un message de justice, car vouloir justice ne devrait être rien d’autre qu’aimer. Or au nom de l’amour, on continue de justifier des injustices, tout comme au nom de la justice, on continue de haïr. L’amour est l’indispensable préliminaire de toute vraie justice, et la justice la condition sine qua non de tout amour sincère. Un véritable ijtihad, un véritable jihad...
Enfin, quelques remarques à Rabah. Tu ne réponds cher frère à aucune des questions posées par Amazone. Les revoici au cas où tu ne les as pas bien lu ! " Pourquoi la majorité des musulmans de France ne se reconnait t-elle absolument pas dans votre combat ? Pourquoi quand un procés se tient en France pour islamophobie n’êtes vous jamais au côté des victimes ? Pourquoi toutes les filles non scolarisées parce qu’elles portent le foulard n’ont t-elles trouvé aucun soutien de votre association ? Pourquoi ne pas avoir dispensé de cours à ces jeunes filles en marge du savoir, de la connaissance et de l’enseignement ? Pourquoi alors que votre association semble pesée, aucune loi à l’heure d’aujourd’hui ne condamne l’islamophobie ? "
Autant de questions légitimes cher Rabah qui n’ont de réponse de ta part que la prétendue légitimité du CFCM et de son processus électoral bien discutable au regard des principes élémentaires de démocratie derrière laquelle vous vous cachez ici. Répondez donc simplement aux raisons pour lesquels le CFCM n’a qu’un impact dérisoire, pour ne pas dire aucune utilité, dans la vie des musulmanes et des musulmans de France. Vous ne parlez que de représentation des musulmans là où les musulmans ne demandent qu’à vivre dignement et fidèlement leur foi...
En lisant les interventions de Rabah une citation me vient à l’esprit :
"Mon Dieu, préserves moi de mes amis, mes ennemis je m’en occupe".
UN grand merci à Rabah qui vient de m’ouvrir les yeux, par son silence, à la question que je me suis toujours posée. Le CFCM défend t-il mes interêts ? La réponse est clair : NON. Le CFCM défend ses interêts.
Je lis les interventions sur ce site et j’avoue être sidéré par l’intervention de Rabah, qui défend le CFCM bec et ongles. C’est effectivement son droit. Ce qui me sidère c’est que Rabah n’argumente pas et semble nous dire qu’il n’a pas de compte à nous rendre nous ses electeurs. Si c’est cela la conception que ce fait cette association de la démocratie alors on est mal barrée !
Réponse au frère Rabah
Le frère Rabah croit trouver une légitimité au CFCM en invoquant sur un ton pontifical « le vote de musulmans ». Outre la pauvreté épouvantable de son argumentation, Précisons à Rabah que les règles de ce vote ont été établies par le Ministère de l’intérieur afin de favoriser les détenteurs de mosquées qui ne représentent qu’eux-mêmes ou les consulats étrangers qui les ont mandatés.
Rappelons également à Rabah que la légitimité en islam se défini par le savoir, la piété, la sagesse, ce qui ne semble pas être (c’est le moins que l’on puisse dire surtout pour le savoir et la sagesse) la marque de fabrique du CFCM. Rappelons enfin à notre frère Rabah, que Dalil Boubekeur, président du CFCM a été imposé, non pas suite à un vote, mais suite à la volonté du ministre de l’intérieur de l’époque Nicolas Sarkozy. Voilà frère Rabah un bel exemple de démocratie et de légitimité, termes qui vous sont si chers.
Le CFCM n’ a qu’une seule légitimité, celle du ministère de l’intérieur qui cherche à imposer des interlocuteurs dociles à une majorité de musulmans qui ne s’est jamais reconnu dans ces interlocuteurs.
A mr Rabah, votre sens de la démocratie me laisse quelque peu perplexe. La démocratie Mr Rabah c’est aussi le dialogue n’est ce pas ?
Pour répondre à votre question : ma légitimité c’est que vous êtes censé me représenter que j’ai voté pour ou contre vous. N’est ce pas assez comme légitimité ?
Le respect dont vous faites preuve à l’égard des musulmans que nous sommes, en nous martelant votre légitimité sans répondre à nos questions n’est pas digne d’une association qui se dit au service et au bien être des musulmans. Et ceci est bien attristant.
Mme Amazone vous contestez à nouveau la légitimité du CFCM. Le CFCM a la légitimité électorale. Et vous quelle est votre légitimité. Oui je le répète et je sais que cela vous gêne, le CFCM est légitime grâce aux votes des électeurs musulmans. Si vous connaissez une autre légitimité dans la démocratie, faîtes moi signe.
A Mr Rabah. Je crois que nous entretenons un discours de sourds. Vous eludez mes questions depuis tout à l’heure et n’insistez que sur votre légitimité, que je n’ai à aucun moment mis en cause.
Il est dommage pour les gens qui vous soutiennent, de voir que vous ne répondez à aucun moment aux questions que peuvent se poser les musulmans, qu’ils aient votés pour ou contre vous.
Il est grave aussi de penser que seul le vote compte, non le vote ne se suffit pas à lui. Il faut ensuite faire ses preuves et c’est sur ces preuves que portaient mes questions.
Je comprends votre embarras quand au fait que vous ne vouliez pas répondre à mes questions et ne vous en tiens pas rigueur. Les lecteurs d’Oumma et la oumma en générale, apprécieront votre sens du dialogue à sa juste valeur.
Je ne me contredis pas Mme Amazone, le CFCM est légitime beaucoup plus que ceux qui le critiquent comme les auteurs de cet articles qui agissent certainement par aigreur, car ils auraient souhaité être parmi le CFCM comme le CMF qui a toujours voulu réprsenter les musulmans, mais aucun musulman n’a voté pour eux. Le vote Mme Amazone est légitime. Seul le vote.
A Rabah. je vous remercie de l’interêt porté à mon intervention cependant je reste quelque peu sur ma faim.
A toutes mes questions vous répondez par le sérieux de votre association, ce dont je ne doute pas mais ne répondez pas à mes questions.
De plus vous justifiez votre sérieux par la validation de l’Etat Français, et pourtant juste avant vous légitimez votre présence par un vote transparent des musulmans. N’avez vous pas l’impression de vous contredire ?
Je doute fort que "les Nadjib Achour, Abdelaziz Chaambi, Mohamed Kaf, Sarah Girard, Youssef Girard" aient la capacité de produire un ijtihad moderne. Jusqu’à présent, les personnes citées ci-dessus et sans mettre en cause leurs intentions sont plutôt des militants politiques de formation marxiste et léniniste, voire troskystes pour certains d’entre eux. Je ne conteste pas leur choix idéologiques, chacun est libre de ses opinions, mais on ne s’improvise pas théologiens ou oulamas du jour au lendemain, en passant du marxisme à la théologie musulmane qui exige une culture précise dans bien des domaines.
Pour répondre à Mme Amazone, le CFCM est légitime. Les musulmans de France ont voté pour ses représentants d’une manière transparente et démocratique. De plus si l’Etat français a approuvé ce choix, c’est que l’Etat français s’est très bien que le CFCM est compétent pour représenter les musulmans de France. L’UOIF, la mosquée de Paris, et la FNMF sont de grande fédérations courageuses et indépendantes qui prennent des risques et , qui travaillent avec sérieux pour la communauté.
Trés bonne initiative avec cependant un point génant : pourquoi parler d"’islam progressiste et populaire" ? Cette expression est génante et ne contribue aucunement à faire évoluer l’image que se font les gens de l’islam, au contraire, elle renforce l’idée que l’islam pratiqué par la majorité des musulmans en France est un islam figé et rétrograde. Dommage !
A Rabah. Nous ne doutons pas du sérieux de votre association, mais nous nous interrogeons. Pourquoi la majorité des musulmans de France ne se reconnait t-elle absolument pas dans votre combat ?
Pourquoi quand un procés se tient en France pour islamophobie n’êtes vous jamais au côté des victimes ?
Pourquoi toutes les filles non scolarisées parce qu’elles portent le foulard n’ont t-elles trouvé aucun soutien de votre association ?
Pourquoi ne pas avoir dispensé de cours à ces jeunes filles en marge du savoir, de la connaissance et de l’enseignement ?
Pourquoi alors que votre association semble pesée, aucune loi à l’heure d’aujourd’hui ne condamne l’islamophobie ?
En attente de vos réponses Cordialement
Daoud, depuis quand "modernite" et "progres" sont-ils des vocables (sic) neo-coloniaux (vocable est masculin) de la pensee (laquelle ???) ? Vous etes enferme dans une double negation qui ne participe pas a l’evolution necessaire de toute chose afin de s’adapter au monde qui l’entoure.
Vous etes une relique pseudo-intellectuelle du temps de l’Egire, si j’ose dire.
L’Islam a ete durant des siecles au coeur du progres et de la modernite.
Historiquement, l’Islam a perdu de toute sa superbe face a un Occident conquerant. Aujourd’hui, un Orient tout aussi conquerant voit le jour.
Ce point de vue est interessant Daoud, car il reste extremement dominant au sein de la communaute Musulmane : un refus du progres sur beaucoup de fronts car celui-ci reste associe a l’Occident honni, et par un effet mecanique pervert incite le monde musulman a refuser l’evolution, car celle-ci va de paire avec le progres, ce dernier n’etant pas une fin en soi mais un moyen de mieux vivre et s’epanouir en tant qu’humain, quelle que soit l’endroit ou l’ideologie dominante.
Les plus eveilles d’entre les musulmans le savent bien : l’Islam est condamne a evoluer, comme il a su si bien le faire aux origines de la civilisation islamique, et donc s’adapter au monde moderne (sciences, philosophie, sociologie etc), ou bien demeurer dans cet etat actuel indigne de son passe glorieux.
L’evolution ne part pas des textes qui sont ouverts a une interpretation conservatrice ou pragmatique a l’envie. La lutte pour le progres et l’evolution se profile dans chaque conscience individuelle musulmane pour finalement gagner la oumma.
Daoud, et d’autres encore, votre conscience est encore "colonisee" comme votre intervention en temoigne. A quand votre Ijtihad pour votre souverainete et votre independance ?
Taremaillac
Vous affirmez dans votre article : "l’Etat français a mis en place une politique de répression et de contrôle de l’Islam et des musulmans dans la plus « pure » tradition coloniale : contrôle de l’Islam par l’instauration du CFCM pour rétribuer les nouveaux bachaghas de la communauté"
Vous devriez respecter le CFCM qui est une institution libre et sérieuse et démocratique. Le CFCM travaille pour le bien de la oumma et seulement pour le bien. Le CFCM est une chance pour les musulmans.
Chère soeur, chers frère,
Un petit commentaire sur votre texte :
Pour peu qu’on libère aujourd’hui l’esprit musulman de ces restrictions et que l’ijtihad retrouve sa place comme méthodologie constructive nécessaire à la réforme de la pensée islamique, les principes fondamentaux de l’Islam recouvreront leur place comme fondements de la pensée islamique. Ils pourront retrouver de même leur rôle légitime dans la formation de la pensée humaine en général et servir de référence pour comprendre la vie, l’homme, le monde. Ils seront pris en compte pour déterminer les objectifs des lois et des enseignements de l’Islam. Il sera alors de nouveau possible d’apporter des solutions islamiques pratiques aux problèmes de la vie, d’établir des systèmes sociaux, éducatifs et moraux spécifiques et, partant, de faire disparaître la dichotomie qui existe entre la théorie et la pratique. Ce faisant, on aura rompu le cercle vicieux dans lequel se trouve la pensée islamique aujourd’hui.
L’ijtihad doit être un effort de réflexion qui doit être aussi le devoir de toute personne car si un juriste est considéré apte à extraire une réponse légale à partir des sources de l’Islam, chaque individu devra nécessairement l’appliquer individuellement à son contexte. Aussi, si la vie ne consiste pas à s’inscrire dans des limites juridiques, chacun devra effectuer cet effort à partir des principes universels vers son contexte à titre individuel.
N’oubliez pas les dom tom (mayotte et la réunion) dans votre travail.
Le fait même de reprendre à votre compte le vocable "progressiste" laisse à penser que vous vous êtes laissés surprendre par une injonction de la société dominante qui exige de vous que le terme Islam (pour être accepté) doit être automatiquement accolé du référent idéologique équivalent à la "modernité" et au "progressisme" et autre vocables neo coloniales de la pensée. Sans vous en rendre compte, vous tombez ici dans le travers de ceux qui pensent être "décolonisés" au niveau de l’esprit mais qui reprennent le vocabulaire des dominants pour plaire et éviter d’être taxés "d’obscurantisme". L’islam n’ pas à faire la preuve de son progressisme, ni à confirmer son obscurantisme, l’Islam doit être perçu sans préjugés culturels. Donc en annonçant la couleur dès le titre, vous vous défaussez à bon compte de l’influence de la pensée dominante qui est présente dans votre dialectique. Les autres religions : christianisme, protestantisme, judaïsme sont-elle priées avec condescendance à faire acte de progressisme ?
Apparement non, mais vous les frères vous en ressentez le besoin. A quand une décolonisation des esprits !
LE CMF n’a jamais été réellement représentative. C’est une structure actuellement composé de quelques militants et sans aucune prise sur le terrain. Le CMF a été traversé par des conflits importants qui l’ ont paralysé et empêcher de se développper. Le CMF s’accroche à toutes les initiatives pour survivre et sauver le peu qu’il reste.
Les auteurs de ce texte confondent 3 choses. La lutte féministe, la lutte contre l’impérialisme et l’effort de d’interprétation des textes réligieux. De bonnes intentions, mais les auteurs ne pourront mener ces combats de front. Surtout que ce combat vient d’association divercité, CMF, MIB qui souffrent cruellement de cadres performants et dont le discours plutôt simpliste n’ pas brillé jusqu’à présent par sa pertinence d’interprétation.
Le frère Abdelaziz Chammi et le CMF militent au sein du groupuscule gauchiste des indigènes. C’est leur droit, mais cet engagement au sein de ce groupuscule gauchiste s’est avéré inutile, et une perte de temps.Le CMF devarit se recentrer sur l’essentiel et quitter ce groupuscule gauchiste.
Le terme progressiste renvoie à une idéologie de gauche. Le fait même d’utiliser ce terme classe les auteurs de ce texte à la gauche de léchiquier politique. L’islam doit sortir des batailles politiques. L’islam est une religion et non un dogme socio-poltique.
Le projet est ambitieux et en cela il mérite notre intérêt en vue de redonner à juste titre à l’islam et aux musulmans une aura dans les sociétés qu’ils habitent. Mais je ferais, si on me le permet, une critique fondamentale : oui tout à fait d’accord avec le fait selon lequel il importerait que les musulmans sachent se remettre en cause et être à même d’ interroger également l’environnement politico-social dans lequel ils évoluent en faveur de bien-être individuel et collectif (intérêt public) et ce, entre autres, à partir de leurs références ;en d’autres mots, en s’inspirant pour ce faire de la voie des pionniers de la pensée réformiste ; et ce afin de pourfendre les préjugés aussi bien "extrinsèques" (ceux qui viennent des non-musulmans ou plus généralement des "islamophobes" déclarés ou plus insidueusement drapés sous les oripeaux des Lumières ou de la défense des droits de l’homme ) qu’"intrinsèques" ( c’est-à-dire ceux qui viennent parfois des musulmans eux-mêmes incapables de s’élever à la critique et le débat contradictoire ou alors qui donnent dans la mauvaise foi pure et simple). Mais donc j’exprimerai comme déjà dit une réserve : j’ai quelque difficulté à accepter l’expression "islam progressiste" qui ferait, in fine, de la religion musulmane un agent (laissant accroire, bon gré mal gré à la nécessité d’une "refonte" des dogmes) ; ce qu’elle n’est manifestement pas en ce que le texte coranique et les traditions prophétiques sont certes traversés par le souffle ou l’Esprit divin (surtout s’agissant du Coran, révélé précisément par Allah pour les fidèles musulmans)mais sont soumis, toutes choses étant par ailleurs, à la critique historique notamment de la part des praticiens de l’ijtihâd. Autrement dit, le Coran demande ou exige une attention de l’intelligence critique de l’individu capable par des efforts redoublés, de contextualiser certaines données révélées qui n’ont pas été fixées une fois pour toutes. Ce n’est donc pas à l’Islam d’être "progressiste" mais plutôt aux musulmans qui sans sacrifier ce qui fait l’essence de leur foi, se montreraient ainsi capables d’être de véritables mujtahidin pour une reviviscence de l’islam au XXIème siècle.
