in

Une femme voilée agressée dans un bus à Paris : la police met en garde à vue la victime

Auxiliaire de vie, Mlle Lamia s’occupe de personnes âgées au quotidien. Le 30 juin 2013, vers 18 heures, Lamia prend le bus comme tous les autres soirs pour se rendre à son travail.

Quand une dame âgée monte dans le bus, Mlle Lamia lui cède naturellement sa place, mais la dame refuse et l’invective de manière virulente à propos du foulard qu’elle porte. S’ensuit une discussion houleuse : « Sale arabe, retourne dans ton pays, tu devrais relire le Coran… », lui assène la dame. Au moment de descendre à l’arrêt de son travail, Mlle Lamia doit une nouvelle fois faire face à l’agressivité de la dame âgée. Cette dernière, se croyant suivie, bouscule Mlle Lamia, qui cette fois ci lui répond.

A ce moment, un homme de grande taille arrive vers Mlle Lamia et la gifle violemment. Elle s’accroche à lui pour le retenir en appelant au secours. Il a fallu que des personnes s’interposent pour éviter qu’il ne continue.

Alertée à la demande de Mlle Lamia, la police arrive sur les lieux et, plutôt que d’arrêter l’agresseur, décident de placer Mlle Lamia en garde à vue.

Comme dans les affaires récentes à Argenteuil, la victime se retrouve suspectée et, dans ce cas, arrêtée. Dès lors qu’il s’agit d’une femme voilée, le traitement et les investigations prennent une tournure spécifique.

Mlle Lamia se retrouve en garde à vue jusqu’au lendemain … pour avoir été courtoise en proposant son siège à une personne âgée, tandis que son agresseur est laissé en liberté.

C’est à ce moment que le CCIF est alerté par la famille de la victime, ainsi qu’un avocat. Les bandes vidéos du bus sont alors saisies, le commissariat est alerté du suivi de la victime, tandis qu’une dizaine de policiers se rendent au domicile de Mlle Lamia pour l’arrêter à nouveau.

Pendant sa déposition comme pendant sa garde à vue, Mlle Lamia fait l’objet de tentatives d’intimidation de la part de la police, qui fait un usage disproportionné de ses moyens contre une jeune femme qui est, comme le montrent de manière éclatante les vidéos, la victime dans cette affaire.

Victime d’une dame au comportement raciste et islamophobe qui l’agresse verbalement puis la bouscule, juste parce qu’elle porte un foulard.

Victime d’un homme qui la frappe violemment au visage, sans être inquiété par la police.

Victime du chauffeur de bus et de la RATP, censés veiller à la sécurité des passagers, sans porter secours à la jeune femme dans cette altercation.

Victime de l’indifférence, voire de l’hostilité des badauds, qui n’interviennent que tardivement alors même que Lamia a déjà été frappée.

Victime de la police, qui cherche à l’intimider dès le début de cette affaire, envoyant une dizaines d’agents au domicile de la jeune femme, faisant peur à ses parents, dont la maman reste choquée psychologiquement, allant même jusqu’à contacter l’employeur de Mlle Lamia pour leur dire qu’elle est en garde à vue, portant injustement atteinte à sa réputation professionnelle.

Il a fallu l’action efficace d’un avocat, en bonne intelligence avec la famille de la victime et le CCIF, pour obtenir rapidement la libération de la jeune femme, que nous accompagnerons jusqu’au bout dans cette affaire.

Le parquet, une fois les vidéos visionnées, a immédiatement ordonné qu’elle soit remise en liberté. Dès le début de cette affaire, la jeune Lamia a fait preuve d’une détermination et d’une dignité sans faille, ainsi que sa famille, qui compte mener cette affaire jusqu’à son terme, en exigeant que toute la lumière soit faite et que tous ceux qui auront tenté de minimiser la gravité de cette affaire, soient le plus lourdement sanctionnés.

Comment comprendre le rôle que joue dans cette affaire la police, ainsi que les tentatives répétées d’intimidation dont a fait l’objet la victime ?

Les recherches se focalisent à présent sur l'agresseur dont le patronyme est proche d'une personnalité politique.

Le CCIF

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pakistan : 50 oulémas signent une fatwa contre le terrorisme

Le directeur de Channel 4 essuie des critiques pour son programme Spécial Ramadan