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Une Australienne contrainte de se dévoiler par peur de l’islamophobie violente

C’est librement, en son âme et conscience, que le choix de revêtir le hijab s’est imposé à elle comme une évidence, à l’aube de ses 19 ans, mais c’est sous la contrainte, habitée par la peur, que trois ans plus tard, Nurcan Baran, une jeune mère de famille australienne, a décidé la mort de l’âme de le ranger dans son armoire.

Nurcan Barran a renoncé à porter le voile en décembre 2013 

Le climat s’est-il à ce point assombri sous des latitudes resplendissantes des couleurs du multiculturalisme qu’il conduise une citoyenne musulmane à renoncer à une liberté individuelle fondamentale ? Oui, répond, affligée, Nurcan Barran, épouse et maman à temps plein, et étudiante en droit à l’université de Canberra à temps partiel, qui garde la tête haute même sans le voile protecteur qui l’enveloppait de sa piété.   

Cette féministe musulmane très combative, comme elle se plaît à se décrire elle-même, garde un souvenir douloureux du mois de décembre 2013, lorsque la crainte du lendemain et l’angoisse de sortir voilée avec sa petite fille à ses côtés ont eu raison de sa détermination à ne pas capituler devant le racisme primaire. Alors que le temple législatif australien résonnait d’un débat houleux sur la visibilité musulmane dans l’espace public, les islamophobes, agresseurs de femmes voilés, étaient en embuscade à chaque coin de rue comme jamais auparavant.   

"Le hijab n’est pas un outil d'oppression, il doit être considéré comme le choix intime d'une femme dans la majorité des cas", clame-t-elle sans relâche, en renvoyant dos à dos les hommes qui obligent les femmes à se dévoiler et ceux qui les obligent à se voiler. 

"Je ne pense pas que les hommes ont le droit de dicter aux femmes leurs choix vestimentaires que vous soyez d’Occident ou du  Moyen-Orient. C’est essentiel d’insister sur ce point", a-t-elle renchéri, en précisant que, dans son cas précis, l’accumulation des humiliations quotidiennes, les regards pesants et réprobateurs, les réflexions méprisantes, les provocations insultantes et menaçantes, le traitement discriminatoire même au sein de la maternité où elle a donné naissance à son adorable petite fille, et les récits de passages à l'acte d'une brutalité inouïe ont été particulièrement déstabilisants, lui faisant perdre toute confiance en elle, jusqu’à se replier progressivement sur elle-même et préférer rester cloîtrée à la maison.

"Je n’étais plus moi-même, j’avais perdu toute confiance en moi, je me sentais salie et dévalorisée. Je ne voulais plus sortir, j’avais peur d’aller me promener avec ma fille, je vivais un enfer", a indiqué Nurcan Barran, en imputant à Tony Abbott, le Premier ministre australien qui préside aux destinées du pays depuis septembre 2013, et à son gouvernement de coalition libérale-nationale, l’entière responsabilité de l’exacerbation du sentiment anti-musulmans sur un territoire ensoleillé qui fut toujours propice à l’éclosion de la diversité culturelle, mais où, aujourd'hui, fleurissent les stéoréotypes sur le terreau de la haine.

 

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