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Un jeune Américain musulman tué par un automobiliste ivre de haine

Se sentant affranchi de toutes les règles et prêt à commettre l’irréparable au volant de sa grosse voiture noire, Ahmed Aden, 34 ans, un Américain d’origine somalienne et de confession chrétienne, dépanneur-remorqueur automobile de son état, n’a laissé aucune chance au jeune Abdisamad Cheikh-Hussein, fonçant à vive allure sur l’adolescent de 15 ans au sortir de la mosquée de Kansas City, à la consternation générale de l’Etat du Missouri.

 

Ahmed Aden, l'automobiliste islamophobe accusé "d'homicide au premier degré et de crime de haine"

Le pied sur l’accélérateur, ce chauffard de la route, ivre de haine envers l’islam, qui avait pris un malin plaisir à rôder dans le quartier plusieurs mois avant le drame, heurtant sciemment les esprits à bord de son bolide infernal sur lequel était inscrit « le Coran est une maladie pire que le virus Ebola », a mis pleins gaz, jeudi 5 décembre, à la vue du jeune garçon sur le parvis du Centre islamique somalien, le blessant grièvement et de manière irréversible. Transporté d’urgence à l’hôpital, les jambes pratiquement sectionnées et en pleine hémorragie, Abdisamad Cheikh-Hussein, ce jeune musulman très pieux et pétri de nobles valeurs, qui faisait la fierté de sa communauté à bien des égards, notamment pour s’être imposé comme une étoile montante du basket régional, est décédé peu de temps après sa prise en charge par les médecins urgentistes.

   

Sous le choc de cet homicide abominable qui a endeuillé la minorité somalienne de Kansas City, et au-delà toute la collectivité locale, les témoignages bouleversés affluent pour en dénoncer l’horreur, mais aussi l’inertie coupable de la police. En effet, les forces de l’ordre auraient mauvaise grâce à dire qu’elles ne savaient pas, alors qu’elles avaient été prévenues par plusieurs fidèles, dont le père de la jeune victime traversé par un sombre pressentiment, des allées et venues suspectes d’un automobiliste particulièrement louche, la sonnette d’alarme ayant été tirée quand ce dernier s’est mis à apostropher les musulmans du quartier en les insultant, faisant régner la terreur dans son véhicule recouvert de son analogie infecte entre islam et Ebola.

"J’aurais pensé que la police aurait réagi, pris des mesures pour empêcher ce type de revenir dans le quartier pour nous injurier et nous apeurer délibérément. Mais rien n’a été fait, malgré les plaintes déposées, et aujourd’hui ce crime odieux a eu lieu, et Abdisamad Cheikh-Hussein a été fauché mortellement par cet assassin islamophobe", a déclaré, étreint par l’émotion, Abdisamad, un étudiant qui devait jouer au basket avec le défunt adolescent ce jeudi soir où son meurtrier l’attendait au tournant.

Interpellé par la police le soir même, sur le lieu du crime, au terme d’une confrontation musclée, Ahmed Aden, muni d’une batte de baseball, a fait en quelque sorte son dernier baroud d’honneur, défiant les policiers qui l’encerclaient en tentant vainement de fuir. Il est aujourd’hui sous les verrous, accusé d "homicide au premier degré et de crime de haine."

C’est une communauté éplorée, épouvantée et intensément recueillie qui a assisté aux obsèques d’Abdisamad Cheikh-Hussein le samedi qui a suivi sa mort insoutenable, dans le Centre islamique somalien de Kansas City, les fidèles pleurant un jeune garçon d’une extrême gentillesse et bienveillance, promis à un bel avenir tant scolaire que sportif.

Effondrée, sa tante Khadra Dirir, décrit un adolescent studieux qui se passionnait pour l’étude du Coran, à qui l’imam avait demandé de psalmodier des versets le soir de sa fin tragique. "Si vous lui demandiez un verset, il pouvait vous le réciter par cœur dans son intégralité", a-t-elle confié à la presse locale, à la fin d’un office religieux poignant.

  

    

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