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Un activiste marocain condamné à un an de prison ferme pour avoir imité le roi

Son imitation de Mohamed VI, le 10 décembre dernier, tout de blanc vêtu dans une jellaba traditionnelle, coiffé d’un fez, et marchant à l’aide d’une béquille, tel qu’est apparu le roi, clopin-clopant, depuis plusieurs semaines, a propulsé Driss Boutarada, un jeune activiste du Mouvement du 20 février, sur le devant de la scène marocaine, mais en le précipitant  dans les oubliettes de l’autocratie.

L’ironie sociale et politique n’est pas du goût du souverain qui ne plaisante pas avec la liberté d'expression, surtout quand elle s'aventure sur le terrain de l'humour  jugé subversif, au point de châtier le joyeux drille qui a osé faire rire à ses dépens. Après avoir été interpellé manu militari pour« possession de 15 grammes de cannabis », un motif fallacieux qui prêterait à sourire s’il n’était aussi lourd de conséquences, Driss Boutarada vient d’être condamné à une longue année d’emprisonnement. Une sentence moyenâgeuse et disproportionnée, tombée comme un couperet,  qui entend faire un exemple et dissuader d'autres vocations de comiques…

Cette injustice, devant laquelle le sens de la dérision s’émousse, a néanmoins  inspiré une réaction caustique à l’ex-capitaine Mustapha Adib. Ce dernier n’a pas craint de s’attirer les foudres monarchiques en proposant au chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, d’interdire désormais aux Marocains de porter des jellabas blanches, des fez et de s'aider de béquilles.

Le royaume de l'Atlas manque cruellement d’humour, même quand celui-ci émane d'un pays ami, celui de Voltaire, grand pourvoyeur de touristes et de propriétaires de riyads devant l'Eternel, qui se targue de rire de tout…

Ainsi, le 5 décembre, le trait d’esprit d’un pilote d’Air France, aux commandes d’un vol entre Casablanca et Paris, a failli provoquer un incident diplomatique. Alors que son vol était retardé pour cause d’atterrissage prioritaire de l’avion du roi Mohamed VI, le pilote français, espiègle, avait cru bon de détendre l’atmosphère en  conseillant aux passagers de se plaindre auprès du sultan en lui adressant une plainte directement au palais royal de Rabat. Une simple boutade qui n’a pas déclenché l'hilarité dans l’entourage du potentat, mais fait planer la menace d’une plainte royale contre Air France pour « diffamation ».

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