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« Tel-Aviv sur Seine » est bien un événement communautaire

Parmi les points qui ont intrigué les observateurs lors de l'événement « Tel-Aviv sur Seine » figurait la présence active d’éléments de la Ligue de Défense Juive (LDJ) dans le service d'ordre.

Nous étions, militants de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS), présents sur place en distribuant des tracts pour expliquer notre appréciation sur un événement à nos yeux indécent et de pure propagande.

Nous avons, nous-mêmes, constaté sur place une incroyable répartition des rôles entre la police nationale et des individus très vraisemblablement liés à cette milice privée. Lorsque ces individus malmenaient nos militants venus dialoguer avec les personnes qui se présentaient à l’entrée de la manifestation, la police les laissait faire, avant de repousser elle-même nos militants. Comme si nous nous étions trouvés dans une zone où ne s’appliquait plus le droit français.

En réponse à une lettre que j'ai adressée au Ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, ce dernier m'informe que « jamais la LDJ n'a été présente sur le site et ne s'est vue offrir un rôle opérationnel dans la conduite de cette manifestation. »

Pourtant, plusieurs journalistes ont souligné cette présence tout en décrivant la forte implication de ces individus aux côtés des forces de l'ordre, déjà suffisamment nombreuses pour un événement supposé festif.

Willy Le Devin et Jérémie Lamothe de Libération relevaient la présence surprenante des « membres de la Ligue de Défense Juive (LDJ), équipés d’oreillettes et talkies-walkies, surveillent l’événement de l’intérieur, allant même jusqu’à suivre des journalistes et écouter leurs conversations. Leur leader, Jean-Claude Nataf, se trouvait même à l’entrée du quai, échangeant régulièrement avec les forces de l’ordre. »

Même constat fait par Fanny Marlier et Marie Turcan, journalistes des Inrocks : « Ce jeudi 13 août, Jean-Claude Nataf scrute la foule, salue certains visiteurs, retourne discuter avec le service de sécurité, se balade d’un “point d’entrée” à un autre pour “voir si tout va bien”. » Et d'ajouter, soulignant le rôle actif du co-fondateur de la section française de la LDJ : « Aux alentours de 13 h, deux connaissances s’approchent, il les fait passer devant la cinquantaine de visiteurs qui font la queue, et ils se soumettent à la fouille. Il réitérera cette exception une dizaine de fois en quelques heures avec journalistes, visiteurs qui lui serrent la main ou encore avec Arno Klarsfeld, qui rentre vers 14h30 sans être contrôlé par les forces de l’ordre. À chaque fois, il suffit que Jean-Claude Nataf montre au personnel de sécurité que ces “privilégiés” sont avec lui pour qu’ils passent en premier devant les autres, sans qu’aucune question leur soit posée. »

Par contre, à côté de ce déni surprenant de la réalité, le Ministre apporte une information stupéfiante en reconnaissant que « des entretiens préparatoires se sont déroulés avec les organisateurs de l'événement auxquels était associé le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) dont l'unique mission se limitait à l'accueil des membres de la communauté.»

Information stupéfiante à plus d’un titre. Ainsi, on avait affaire à un événement conçu de bout en bout comme communautaire : seuls les membres d’une « communauté » bénéficiaient d’un accueil et d’une protection particulière. Cette révélation du Ministre, pour qui « Tel-Aviv sur Seine » était bien un évènement « communautaire », vient démentir Anne Hidalgo pour qui « Paris Plages offre des loisirs à tous les Parisiens et permet d’envisager, le temps de l’été, notre ville sous un aspect plus ludique que d’ordinaire. » Elle disait s’adresser à tous les Parisiens alors qu’était mise en œuvre à l’entrée de la manifestation une  sélection parfaitement étrangère à la laïcité et aux valeurs de la République. Que devient, dans cette affaire, l'ordre républicain qui doit être assuré en toute indépendance de différentes « communautés »? Que vont penser les Parisiens lorsqu'ils apprendront que leurs contributions servent à financer une manifestation « communautaire » sans qu'ils en soient informés ?

On peut supposer que la LDJ n'était pas présente en tant que telle, mais que des éléments de cette milice étaient recyclés dans le SPCJ ou bien que le SPCJ a servi de faux-nez à la LDJ dans cette affaire. Car la présence de cadres de la LDJ et leur participation active ne fait aucun doute.

Toujours dans sa réponse, Cazeneuve retient que « cet événement a pu se dérouler en garantissant tout à la fois la liberté d'expression de chacun, et la sécurité générale de tous les publics. »

Non Monsieur le ministre, a-t-on envie de lui répondre, la liberté d'expression n'a pas été garantie pour tous comme vous le préconisez. Interrogé par les Inrocks, un photographe indépendant témoigne : « Des personnes n’ont pas supporté que je prenne des photos. Je me suis fait insulter et une personne de la sécurité s’est jetée sur moi au moment où je partais, pour me donner un coup de pied. On m’a refusé l’accès à “Tel Aviv sur Seine”». Puis les journalistes des Inrocks soulignent que « Quelques minutes plus tard, une jeune femme arborant un tee-shirt avec le drapeau palestinien se fera frapper par une femme qui attendait dans la file. »

Puis il y a le cas de ces cinq jeunes venus jouer au foot, affublés de maillots «Gaza Soccer Beach», et qui se sont vu refuser l'entrée au site. D'autres se sont vu refuser l'entrée avec comme seule explication pour motiver le refus : « c’est votre tee-shirt monsieur. ça ne rentre pas, voilà ». 

A cela s’ajoute le fait que le Ministre n'a pas répondu à la plus importante des questions que je lui posais : A quand la dissolution de cette milice privée ? Dissolution qu'il avait déjà envisagée l'été dernier.

Taoufiq TAHANI

Quand la LDJ, cette milice juive néo-fasciste aux méthodes violentes, interdite aux Etats-Unis et en Israël, dont les agissements en France au vu et au su de tous et en toute impunité constituent une anomalie française effarante, barrait l'accès à Tel-Aviv sur Seine à des jeunes d'origine maghrébine.

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