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Sur BFM TV, la critique d’Israël déclenche un malaise : Antoine Basbous maintient le mot “déportation”

Sur le plateau de BFM TV, un moment  révélateur s’est produit lors d’un échange  consacré à la situation au Liban. Dès lors qu’Israël est mis en cause, l’atmosphère se crispe. Mais face à la gêne manifeste de la journaliste, Antoine Basbous, directeur de l’observatoire du monde arabe,  n’a pas cédé d’un pouce. Invité à commenter les injonctions faites aux populations civiles d’évacuer la zone située au sud du Litani, dans le sud du Liban, l’expert n’a pas pris de détour pour qualifier la situation. « Demander d’évacuer le sud du Litani, c’est une déportation », affirme-t-il calmement. À peine le mot prononcé, la journaliste intervient, visiblement mal à l’aise : « Attention au mot déportation… euh… »

Une réaction qui illustre la nervosité qui s’empare souvent de certains plateaux télévisés français dès que la responsabilité d’Israël est évoquée. Mais Antoine Basbous refuse de se laisser intimider. « Je sais que ça vous gêne, mais moi ça ne me gêne pas », répond-il sans hésiter. « Je parle avec aisance de l’Iran, du Hezbollah, mais je ne peux pas me taire quand il s’agit d’Israël. Déportation. Oui, c’est une déportation. » Le spécialiste du monde arabe  insiste alors sur la réalité concrète vécue par les civils contraints de quitter leurs villages. « Des gens qui n’ont même pas le train pour le prendre. Il n’y a pas un camp qui les attend. Ils sont souvent à pied ou en voiture. Ils n’ont aucun abri. »

L’intervention tranche avec la prudence — voire l’autocensure — qui domine souvent les débats télévisés français lorsqu’il est question de la politique israélienne. Là où certains plateaux redoublent de précautions lexicales, Antoine  Basbous assume pleinement son analyse. Il rappelle par ailleurs que l’armée israélienne dispose de moyens militaires considérables et qu’elle est capable d’opérations ciblées, comme cela a encore été démontré récemment.

Mais sur le plateau de BFM TV, ce n’est pas tant cette analyse stratégique qui a retenu l’attention que la réaction immédiate de la journaliste, comme si certains mots devenaient soudainement interdits dès lors qu’ils concernent Israël. Une séquence révélatrice d’un malaise médiatique persistant : dans le débat public français, la critique d’Israël continue de provoquer crispations et tentatives de recadrage — parfois au détriment de la liberté de qualifier les réalités du terrain.

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