Il n’y a plus de faux-semblants. Plus de langage diplomatique pour masquer la réalité.
En affirmant que l’armée israélienne contrôlera « toute la zone jusqu’au Litani », le ministre de la Défense Israel Katz ne décrit pas une mesure défensive : il revendique un projet d’occupation pure et simple du sud du Liban. Cette déclaration, faite aujourd’hui depuis le cœur du commandement militaire israélien aux côtés du chef d’état-major Eyal Zamir, acte une stratégie d’expansion territoriale assumée. Une avancée militaire sur un territoire souverain, imposée par la force, sans mandat international, sans cadre légal, sans la moindre retenue.
L’impunité comme doctrine
Si Israël peut aujourd’hui annoncer ouvertement son intention d’occuper une partie du Liban, c’est parce qu’il sait qu’il ne sera, une fois encore, pas inquiété. Ni sanctions, ni pressions sérieuses, ni conséquences politiques : l’impunité est devenue un élément structurant de sa politique militaire. Une impunité qui autorise toutes les transgressions, y compris les plus flagrantes violations du droit international. Le discours sur la « zone tampon » n’est qu’un écran de fumée. Derrière, il y a une réalité brute : celle d’un État qui étend son contrôle militaire au-delà de ses frontières, en toute conscience, et sans crainte de rendre des comptes.
Une logique d’occupation répétée
Ce scénario n’a rien de nouveau. Le sud du Liban a déjà été occupé pendant près de deux décennies, de 1982 à 2000. Aujourd’hui, les mêmes logiques sont à l’œuvre, avec le même mépris pour la souveraineté libanaise et les mêmes conséquences prévisibles : violences, instabilité, escalade. Mais cette fois, la différence est ailleurs : l’occupation ne se cache même plus. Elle se dit, elle s’annonce, elle se revendique.
Au-delà du Liban, ce qui se joue est fondamental. Si une telle politique peut être menée sans réaction, alors le droit international cesse d’être une norme pour devenir une variable d’ajustement. En avançant jusqu’au Litani, Israël ne se contente pas de redessiner une frontière par la force. Il envoie un message clair : la loi du plus fort prévaut, et aucune règle ne s’impose à ceux qui bénéficient d’une protection politique suffisante.



GIPHY App Key not set. Please check settings