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Seïf al-Islam a été arrêté

Seïf al-Islam, fils de l’ancien président libyen Mouammar Kadhafi, a été arrêté dans le sud de la Libye. Une arrestation confirmée par le ministre de la Justice et des droits de l’Homme du Conseil national de transition (CNT), Mohammed al-Allagui.

Portrait de Seïf al-Islam par René Naba

Seïf Al-Islam (natif de 1972) : « Le glaive de l’Islam » est le premier enfant du colonel Kadhafi avec sa deuxième femme Safia Farkash, une croate. Aîné de six enfants, il se vivait comme le prétendant au trône de cette République dynastique. Architecte peintre, playboy dilettante à ces temps perdus, il est le parangon de la modernisation de la Libye. Le « Glaive » a joué un rôle clé dans le règlement de tous les contentieux, notamment ceux nés des attentats terroristes commandités par Tripoli depuis la décennie 1980. En France, il est surtout connu pour son rôle dans la libération des infirmières bulgares, en 2007, et l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie (Ecosse) et du DC-10 de la compagnie française UTA abattu au dessus du désert du Ténéré en 1988.

Deux attentats qui constituaient l’obstacle majeur à la normalisation des relations entre la Libye, les Etats-Unis et l’Europe. Présidant la Fondation Kadhafi, organisation caritative non gouvernementale, il déploiera des talents de négociateur au service d’une véritable diplomatie parallèle, ponctionnant l’argent des hydrocarbures pour amadouer les Occidentaux à coups de contrats d’armements (1). Sa politique d’ouverture a permis le retour en Libye de grandes compagnies pétrolières, l’américaine Exxon Mobil, la britannique BP et l’italienne ENI. Au fil de ces multiples « bons offices », l’héritier présumé a fait oublier l’image du playboy qui voyageait accompagné par ses deux panthères lorsqu’il était étudiant à Vienne. Après des études d’architecture à Tripoli, interdit de visa à Paris dans les années 1990, il avait en effet poursuivi des études à l’International Business School de Vienne (Autriche) où il s’était lié d’amitié avec le chef de la droite populiste Jörg Haider.

Pour les besoins de l’arrimage de la Libye à la Mondialisation, les journaux occidentaux adossés aux conglomérats de l’armement et des travaux publics ont limé la partie contondante et abrasive de son prénom pour le désigner plus sombrement du prénom de Seïf, amputant la partie essentielle de son prénom, celle qui constituait au regard de son père la phase conquérante et révolutionnaire de son programme que ce prénom induisait. L’héritier qui se préparait à la succession aurait payé à la chanteuse Mariah Carey la somme d’un million de dollars (728.000 euros) pour qu’elle vienne lui chanter quatre de ses tubes sur l’île de Saint Barthélémy, dans la mer des Caraïbes.

Soucieux toutefois de se doter d’un vernis de respectabilité, ce propriétaire d’une luxueuse résidence à Londres se donnera les moyens de décrocher un diplôme à la prestigieuse London School of Economics sur la base d’un mémoire soutenu en 2008 sur le thème « le rôle de la société civile dans le processus de démocratisation », une distinction universitaire assortie d’un don de 1,5 millions de livres sterling de sa Fondation à l’établissement londonien en vue de créer un Centre pour les Etudes de la Démocratie. Jugeant que la répression pratiquée en Libye en février 2001 ne correspondait pas aux enseignements qu’elle dispensait même au titre de travaux pratiques, LSE reconsidérera l’ensemble de ses relations avec la Libye et renoncera à ses subventions (2).

Notes :

1 – Cf : “Armes de corruption massive” Jean Guisnel Editions La Découverte

2- A propos de Seïf el Islam ET London School of Economy : Titre de la these de Seïf al Islam Kadhafi : « The Role Of Civil Society In The Democratisation Of Global Governance Institutions : From ‘Soft Power’ to Collective Decision-Making ? » En ligne en intégralité sur Google doc : http://bit.ly/hKGpY5

Source Guardian http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/21/saif-al-islam-gaddafi Le site de la BBC : LSE reconsiders links with Libya http://www.bbc.co.uk/news/education-12537155

The LSE has been quick to distance itself from Seïf, issuing a statement in which it said the university had had a number of links with Libya, but that « in view of the highly distressing news from Libya over the weekend of 19-20 February, the school has reconsidered those links as a matter of urgency ».

Although the LSE had accepted £1.5m from the Kadhafi International Charity and Development Foundation, an organisation headed by Seïf – some of which was to finance « a virtual democracy centre » – the university stressed that it was to be paid over five years, and only £300,000 has been received to date. « In current difficult circumstances across the region, the school has decided to stop new activities under that programme, » the statement said. The LSE has also received scholarship funding in return for advice given to the Libyan Investment Authority in London. « No further receipts are anticipated, » the university said.

Source Guardian http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/21/saif-al-islam-gaddafi Voir aussi sur le site de la BBC : LSE reconsiders links with Libya http://www.bbc.co.uk/news/education-12537155

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