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Salatsurfing, le réseau sociable qui “fait de la terre, votre lieu de prière”

Si l’on sait, sous tous les latitudes, vers quelle même direction se tourner pour se prosterner devant Allah, la quête d’une salle de prière ou d’un lieu de culte, où s’accorder des parenthèses spirituelles essentielles au cœur d’un Hexagone qui ne facilite pas leur accomplissement, est plus incertaine, quand elle ne relève pas du parcours du combattant ou de la véritable gageure.

Qui n’a jamais souhaité profiter pleinement de ses temps de pause, en entreprise ou sur les bancs de l'université, pour se recueillir en temps et heure, et d’autant plus sereinement que la nécessité de rattraper ses prières n’aurait plus lieu d’être ? Qui n’a jamais rêvé de franchir le seuil d’une mosquée à deux pas de son travail, de son administration, de son école, de sa faculté pour privilégier une proximité lumineuse avec le Très-Haut dans la chaleur de la communion, les uns avec les autres ?

Cette profonde aspiration à conjurer la réalité française, en conciliant la pratique de sa foi et son activité professionnelle, a provoqué un formidable déclic créatif chez Yosra Farrouj, une jeune femme mariée de 28 ans, travaillant comme acheteuse au sein de Total à Marseille, qui a été traversée par un éclair de génie à l’heure des réseaux sociaux et de la consommation collaborative, fondée sur l’échange de services et la création de lien social.

Et si la plus grande mosquée du monde se trouvait tout près de chez vous, de votre employeur, aux abords de votre centre universitaire, grâce à quelques clics utiles qui vous en ouvriraient grand les portes ? Après avoir longtemps germé dans son esprit, l’idée de Salatsurfing est née en février 2014, s’imposant à cette dynamique militante associative, engagée pour la cause palestinienne, et à son mari, Sofiane Benabdallah, ingénieur projet chez Airbus Helicopters, comme une évidence.

L'équipe de Salatsurfing au complet, avec de gauche à droite : Sofiane Benabdallah, Yosra Farrouj, Imen Boussaha, Amazigh Benabdallah et Zakaria Zemmour.

« Faites de la terre, votre lieu de prière », cette belle invitation à rester fidèle à ses valeurs et à ses obligations, tout en resserrant les liens quelque peu distendus au sein de la communauté musulmane, sous l’effet d’un environnement où l’individualisme fait rage, s’est matérialisée sous la forme d’un réseau sociable inédit auquel a travaillé Yosra Farrouj d’arrache-pied, épaulée par son époux et entourée d’une équipe particulièrement motivée, composée d’amis proches, tous emballés par le concept.

Salatsurfing est devenu réalité le 19 septembre, date officielle du lancement simultané du site et de l’application pour iPhone, et est le fruit de la collaboration enthousiaste et fructueuse qui lie sa conceptrice à ses co-équipiers de choc, chacun ayant son rôle bien défini dans ce qui n’est que le début d’une grande aventure humaine, aujourd’hui bénévole, et demain peut-être professionnelle.

"Salatsurfing a certes été conçu et initié par moi, mais le site n’aurait pas pu se concrétiser sans les efforts et le travail de tous. Nous sommes tous amis et parfaitement complémentaires sur le plan personnel et professionnel. Ce n’est pas la première fois que nous travaillons ensemble, je pense notamment à la réalisation du court métrage « Regardes plutôt la mer » qui a reçu le 3ème prix des Mokhtar Awards", nous a confié Yosra Farrouj, dont la fibre inventive et la soif d’entreprendre n’attendaient que LE projet qui fasse sens pour s’épanouir.

Ils s’attellent à la tâche avec passion, Imen Boussaha, 28 ans, contrôleuse de gestion chez Alstom, chargée de la partie financière et administrative de Salatsurfing, Amazigh Benabdallah, 23 ans, élève ingénieur à l’école Centrale de Marseille, supervisant le support fonctionnel de l'application et du site web, et Zakaria Zemmour, 26 ans, conseiller au  pôle emploi, réalisant le design du site, forment le trio de poids et de confiance qui a permis au concept de « la plus grande mosquée du monde » de s’animer sur la Toile en l'espace de quelques mois, au service de l'ensemble de leurs coreligionnaires.

Sur Salatsurfing, il y a ceux qui cherchent où prier, et ceux qui se proposent d’accueillir chaleureusement leurs frères et sœurs à domicile, dans leur magasin, leur petite entreprise… afin d’accomplir l’un des cinq piliers majeurs de l’islam, et ils sont déjà 800 utilisateurs (63% de femmes et 47% d’hommes) à avoir adopté le bon réflexe, pour la plus grande satisfaction de Yosra Farrouj, confortée dans la pertinence de sa démarche.

  

Les soutiens de la première heure de Salatsurfing, parmi lesquels figurent notamment Zouhair Amri (Oumma Média et La Lucarne de l'entrepreneur sur OummaTV), Gibran Hasnaoui (Mokhtar Awards) et Fodil Mahani (Aoon et Start'Tech sur OummaTV)

"Nous mettons tout en œuvre pour assurer la sécurité et  le respect des prescriptions islamiques pour et par les utilisateurs", précise-t-elle, avant de détailler les modalités d’inscription : "chaque inscription est validée par un code de vérification envoyé par mail et par sms pour fiabiliser le profil de l'utilisateur. Lors de l'enregistrement du profil, chaque personne doit indiquer son sexe et le sexe de la personne qu'elle peut recevoir. Les femmes n'auront accès qu'au profil des femmes et idem pour les hommes. Il se peut qu'un couple dépose un spot (un endroit de prière), à ce moment il l'indique dans son profil. Les données précises, comme l'adresse et le numéro de téléphone, n'apparaîtront qu’une fois l’invitation acceptée, et ce jusqu'à 24h après la visite, puis redeviendront confidentielles."

Une charte de bienséance, invitant à se conformer scrupuleusement aux grands principes de l’islam lors de chaque visite, à savoir la propreté, la ponctualité, le respect du voisinage, la discrétion…, est également consultable sur le site web et sur l’application iPhone.

A peine a-t-il fait une entrée très remarquée sur le Net depuis la cité phocéenne que Salatsurfing cherche déjà à essaimer à l’échelle nationale, Yosra Farrouj recrutant des « relais locaux » bénévoles afin d’établir une vraie proximité avec les Salatsurfers, de les assister et conseiller au mieux, voire même d’effectuer des visites aléatoires pour vérifier la fiabilité des annonces. Devançant l’appel, des personnes se sont empressées de s'acquitter de cette mission à Paris, Marseille, Toulouse, Strasbourg, Toulon, Grenoble.

Salatsurfing, le réseau sociable par excellence, a indéniablement tout d’un grand, tant il répond à un besoin criant, et pour l’aider à croître et à se diversifier, en se dotant notamment d’une version Androïd à l’aube de 2015, Yosra Farrouj mise sur le financement participatif à travers une campagne de crownfunding sur Aoon.

"En nous aidant à nous développer, chaque musulmane et chaque musulman permettra à un frère ou à une sœur de prier à l’heure et de pouvoir entrecouper ses journées de ces haltes spirituelles si cruciales. Grâce à ces contributions précieuses, notre projet pourra passer du stade bénévole à une phase entrepreneuriale, créatrice d’emplois, et élargir son éventail de services communautaires. inshaAllah !", souligne la très entreprenante conceptrice du site qui réussit le tour de force, chaque jour que Dieu fait, d’ériger la plus grande mosquée du monde dès qu’une porte s’ouvre sur un lieu baigné de Lumière, dans un esprit fraternel.

Salatsurfing, c'est aussi une page Facebook qui n'attend que vous.

Par la rédaction.

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