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Retour en images sur la révolution tunisienne

Photos Jacopo Granci, Textes Cédric Baylocq Sassoubre

Le premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi a démissionné à la toute fin du mois de février, sous la pression du peuple tunisien révolté qui réclamait un gage supplémentaire de changement, à la suite de la fuite du tyran Zine el Abidine Ben Ali. Fin du gouvernement RCD, arrestation de 42 officiers de police et de 110 RCDistes impliqués dans la corruption, nouveau Conseil constitutionnel… une nouvelle ère, postrévolutionnaire, s’ouvre pour la Tunisie. Elle impose un retour en photo, du lendemain de la chute de Ben Ali (14 janvier) jusqu’au sentiment du devoir accompli (27 février), au milieu du peuple tunisien.

AVENUE BOURGUIBA (Tunis)

KASSBAH (Tunis)

SIDI BOUZID (Centre), AUX ORIGINES DE LA RÉVOLTE

Au fond de la banquette qui lui sert de lit, Manoubia, la mère de Mohammed Bouazizi, choquée mais fière, un mois après l’immolation de son fils, qui a embrasé la jeunesse tunisienne. A coté d’elle, Samia, 19 ans, demi-soeur du martyr, tient un texte religieux en hommage à son (demi)frère sur lequel il est écrit : « Il (le prophète) a dit, que la prière et la paix soit sur lui : “Si l’orphelin est frappé et s’il pleure, les anges pleurent aussi”. Alors Dieu dit “Quiconque frappe l’orphelin, celui dont les parents sont devenus poussières sous-terre, Je jure par Ma puissance et Ma majesté de lui rendre justice”. Louange à Dieu de nous avoir fait grâce de l’islam » Si la thématique de “l’orphelin” domine cet hommage post mortem, c’est que Mohammed Bouazizi a perdu son père très tôt. En outre, le verbe frapper (daraba) est présent à deux reprises, d’abord dans la bouche du prophète, puis dans un verset du Coran qui est cité. Référence implicite à l’humiliation ultime qui lui a été infligé par l’agente de Sidi Bouzid Feyda Hamdi (une gifle), et a suscité son geste désepéré, à l’origine de ce qui deviendra le “printemps arabe” (Entretien avec la famille Bouazizi, Sidi Bouzid, 26 janvier 2011).

LA REVOLUTION ACCOMPLIE

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