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Quatre anciens officiers de Tsahal témoignent de leurs faits d’armes de la honte

Micha, Dana, Noam, et Mikhael, ils sont les nouveaux visages de la contestation sourde qui gronde au sein de Tsahal, ils incarnent le profond désarroi d’une génération envoyée sur un front où le combat n’est pas à armes égales, ils sont les grands témoins traumatisés de l’escalade meurtrière israélienne contre les palestiniens de Gaza encerclés, impuissants, et anéantis.

Quatre combattants de l’ombre, qui ont quitté le treillis déshumanisant pour se faire les premiers porte-parole téméraires d’un écoeurement grandissant qui égratigne le vernis d’une forteresse inattaquable : la très vénérable institution militaire de la seule « démocratie du Proche-Orient »…

Apparaissant à visage découvert sur Paris Match, c’est l’éprouvant récit de la barbarie à visage humain qu’ils relatent et d’une descente aux enfers vers la cruauté infligée aux gazaouis entre 2000 et 2009. Semant la peur, l’humiliation, et la mort autour d’eux, Micha, Dana, Noam, et Mikhael décrivent avec force détails la vraie nature de leur mission, où ils étaient à la fois les pions manipulés de l’impérialisme israélien et les exécutants d’un vaste crime organisé.

Quand la révolte citoyenne déchire le bâillon de l’omerta militaire pour rendre public des faits d’armes de la honte : extraits de l’article de Paris Match

Des grenades pour faire peur

  •  “On déboule dans un village palestinien à 3 heures du matin et on se met à lancer des grenades étourdissantes dans les rues. Pour rien, pour faire peur. On voyait les gens se réveiller affolés… On nous raconte que cela fait fuir les éventuels terroristes. N’importe quoi… Par rotation, on faisait ça toutes les nuits. La routine. On nous disait “Bonne opération”. On ne comprenait pas pourquoi.”

    On a tué un type par pure ignorance

  •  “On ne savait pas que, pendant le ramadan, les fidèles sortent dans la rue à 4 heures du matin avec des tambours pour réveiller les gens, qu’ils mangent avant le lever du soleil. On identifie un type dans une allée qui tient quelque chose, on lui crie “stop”. Là, si le “suspect” ne s’arrête pas immédiatement, la procédure exige des sommations. “Arrêtez ou je tire”, puis on tire en l’air, puis dans les jambes, etc. En réalité, cette règle n’est jamais appliquée. On l’a tué, point. Et par pure ignorance des rites locaux.

    Les punitions collectives

  •  “Mes actes les plus immoraux ? Faire exploser des maisons de suspects terroristes, arrêter des centaines de gens en masse, yeux bandés, pieds et mains liés, les emmener par camions ; pénétrer dans des maisons, en sortir brutalement les familles ; parfois on revenait faire exploser la maison ; on ne savait jamais pourquoi telle maison, ni quels suspects arrêter. Parfois, ordre nous était donné de détruire au bulldozer ou aux explosifs l’entrée du village en guise de punition collective pour avoir hébergé des terroristes.

    Assassiner un homme sans armes

  •  “On est en poste dans une maison qu’on a vidée de ses occupants, on soupçonne la présence de terroristes, on surveille, il est 2 heures du matin. Un de nos tireurs d’élite identifie un mec sur un toit en train de marcher. Je le regarde aux jumelles, il a dans les 25-26 ans, n’est pas armé. On en informe par radio le commandant qui nous intime : “C’est un guetteur. Descendez-le.” Le tireur obéit. J’appelle cela un assassinat. On avait les moyens de l’arrêter. Et ça n’est pas un cas unique, il y en a des dizaines.

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