in

Quand l’armée d’occupation israelienne saccage les structures télévisuelles de Ramallah

C'était le 29 février dernier, à 2 heures du matin, l’heure du crime ou en l’occurrence d’un pillage en règle, un impressionnant convoi de jeep et véhicules blindés israéliens déboulait à toute allure dans Ramallah, avec à son bord une escouade de quarante soldats, techniciens du ministère des télécommunications et agents du Shin Beth ( le service de sécurité intérieure), qui n’auguraient rien de bon.

Selon Laurent Zecchini qui s'en est fait l'écho dans Le Monde, le commando de choc savait où il fonçait dans l’épaisseur de la nuit : tout droit vers l’immeuble  de Watan-TV, dans le quartier de Qaddoura, qui fut mis à sac en l’espace d’une heure.

 Une descente menée à un train d’enfer qui, une fois encore, a piétiné allègrement l’Autorité palestinienne, en   confisquant tout sur son passage. Deux émetteurs, 25 ordinateurs, les archives, des vidéos, des contrats, et des factures ont été saisis, avant de mettre la gomme vers une autre destination, non loin de là, à Al-Bireh, au siège de Al-Quds Educational TV, où la récolte fut plus maigre : seuls l'émetteur de la station et quelques équipements furent dérobés.

Aux premières lueurs de l'aube, c’est un de ces lendemains groggy qui se leva sur Ramallah, où l’effarement le disputait au  fatalisme. Premiers à réagir,  le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, condamna"un assaut flagrant contre la liberté d'expression", tandis que le Premier ministre, Salam Fayyad, fit l’amer constat qu’Israël  a soif "d'affaiblir ce qui reste de la stature de l'Autorité nationale palestinienne".

De leur côté, les victimes au premier chef de cette invasion brutale, les directeurs de Watan-TV et Al-Quds TV, Mouammar Orabi et Haroun Abuarrah, avaient la résignation lucide : "Il s'agissait de nous réduire au silence", déclara le premier, alors que son homologue précisait : "Ils veulent récupérer nos fréquences, pour des raisons politiques tout autant que commerciales.  Ils voulaient aussi rappeler aux médias palestiniens un message simple : "Nous sommes là, chez vous ; quand nous voulons, nous pouvons tout contrôler."Pour Suleiman Zuhairi, ministre adjoint des Télécommunications palestiniennes, c’est l’indignation qui l'emportait :  "La vérité est que les Israéliens veulent faire taire toutes les voix qui luttent contre l'occupation et la colonisation. Ils veulent récupérer les fréquences des Palestiniens sur la bande UHF et, par-dessus tout, ils veulent tuer la solution de deux Etats."

Et le journaliste de rafraîchir alors la mémoire sélective des thuriféraires de la "seule démocratie du Proche-Orient", en rappelant qu’en 2002, au début de la deuxième Intifada, les soldats de Tsahal s’étaient illustrés par une de ces incursions illégales dont ils ont le secret : ils prirent en otage les locaux de Watan-TV et Al-Quds TV pendant 40 et 19 jours, avant de finir en apothéose en saccageant les lieux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Angleterre : le triomphe du député Galloway, élu par et pour les musulmans

Le dernier sermon du Prophète Mohammed (SAWS)