L’AFPS enregistre avec la plus grande inquiétude les résultats du premier tour des élections législatives françaises. Confirmant les estimations des derniers jours, l’extrême-droite, arrivée en tête avec près de 34% des voix, est pour la première fois de toute l’histoire de la Ve République aux portes du pouvoir.
La dissolution de l’Assemblée nationale, voulue par le président de la République, provoque de fait un séisme politique dans le pays.
Il est à craindre que se dessine un avenir des plus sombres, notamment pour les personnes les plus fragiles socialement et économiquement, mais aussi pour celles et ceux qui de tous temps sont la cible de l’extrême-droite en raison de leur origine, de la couleur de leur peau, de leur religion supposée ou de leur orientation sexuelle.
Dans l’histoire du monde, à chaque fois que l’extrême-droite est parvenue au pouvoir, elle a menacé les droits humains fondamentaux. Elle a attaqué frontalement la démocratie, la liberté d’agir et d’expression des contre-pouvoirs citoyens.
Les partis, les syndicats, les associations, les ONG, les réseaux d’entraide avec qui l’AFPS partage ses valeurs universelles d’égalité, de fraternité, de liberté et de solidarité ont toutes les raisons de vouloir empêcher que cette extrême-droite obtienne une majorité absolue la semaine prochaine.
Avec l’ensemble du mouvement associatif et solidaire, nous refusons de payer le prix fort de sa victoire annoncée pour demain. Une victoire qui, nous privant de notre capacité à intervenir, limiterait notre champ d’action en faveur des droits du peuple palestinien.
Une victoire qui pourrait nous imposer de taire toute critique à l’égard du régime d’apartheid israélien, coupable de génocide à Gaza.
Les représentants de l’extrême-droite et de leurs alliés n’ont eu de cesse, durant la campagne électorale, d’instrumentaliser le drame des Palestiniens de Gaza pour accuser leurs adversaires d’antisémitisme dès qu’ils se déclaraient en faveur d’un cessez-le-feu.
Utilisant tous les concepts répressifs des ministres sortants Darmanin et Dupond-Moretti, ils sont prêts, sous prétexte de lutter « contre toute apologie du terrorisme », à interdire de manifester celles et ceux qui par leurs mobilisations pour la Palestine menaceraient leur vision « de l’ordre public ».
Leur parti pris en faveur du régime d’extrême-droite de Netanyahou ne laisse aucun doute sur le fait qu’ils mettront tout en place pour affaiblir le soutien international au peuple palestinien, et pour tenter de nous faire taire en France.
Pour toutes ces raisons, l’association France Palestine Solidarité renouvelle solennellement son appel à faire barrage à l’extrême-droite par tous les moyens, dans les urnes comme dans les mobilisations.
Le Bureau National de l’AFPS,
le 1er juillet 2024



Bonjour,
Un petit poème en hommage au peuple palestinien et en solidarité avec les amoureux de la liberté de quelque bord qu’ils soient.
Liberté
De l’infâme doxa qui souffle le chaud et le froid
Des déclarations d’intention qui volent bien bas
Et des bancs des stériles écoles qui ne pensent pas
J’efface ton nom.
Des remparts de la honte qui violentent l’horizon
Des frontières de la mort qui déboutent l’oraison
Et des hymnes de la haine qui roucoulent hors saison
J’efface ton nom.
Des philosophies sans queue ni tête qui ergotent
Des littératures aux âpres effluves qui dégoutent
Et des narratifs sans souffle qui infligent le doute
J’efface ton nom.
De la haine sans renom et de la morgue grossière
Du parti- pris abscons et des salves meurtrières
Des discours sans aplomb et de l’instinct grégaire
J’efface ton nom.
De la geste martiale et bassement brutale qui tonne
Du lâche véto partial et vénal qui détonne
Du stratagème glacial et vassal qui marmonne
J’efface ton nom
De la violence bestiale et vandale qui plastronne
Du divertissement vil et infâme qui chantonne
Et du sale soutien noir qui désole et désarçonne
J’efface ton nom.
Mais partout où je suis contre les voies sans issues
Contre les rafales et les trahisons que j’essuie
Contre les jougs tous les jours et le danger qui bruit
Je clame ton non.
Non aux gesticulations qui mal miment le vrai
Non aux procès qui brisent les menhirs et briment les faits
Oui au courage qui dit non au pire et au laid
Que ton non soit désir !
Désir de combattre imposture et forfaiture
Désir de battre comme plâtre injustice et ordure
Désir d’édifier une vie et une culture sûres
Par-delà les fossés, les épines et les murs
Désir de dire l’avenir avec style et allure
Désir d’une histoire sans bévue et sans bavure
Désir de voir un homme sans ire et sans clôture
Désir de boire la coupe jusqu’à l’investiture
Que ton non soit vérité que j’écrirai mieux
Avec l’éther sur la terre bleue et en tous lieux
Vérité que je graverai sur l’azur des cieux
Contre les ganaches avec la compassion des vieux
Que ton non soit flamme d’espoir sans fausse étincelle
Flamme en filigrane des articles de la vie belle
Et ornements du céleste jardin à merveilles
Contre les actions et les horreurs du rêve mortel
Que ton non soit hardiesse qui scintille et éblouit
L’esprit affranchi de toutes entraves et qui luit
De l’ampleur et de l’ardeur du peuple gazaoui
Qui plaide liberté malgré les béni-oui-oui.
Liberté condition sine qua non
Najib ELAGGUIR