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Polémique autour d’une église convertie en mosquée éphémère lors de la Biennale de Venise

En fait d’émotion, c’est un vif émoi que suscite actuellement, à Venise, l’audacieux artiste Christophe Büchel, 48 ans, dont la conversion d’une église baroque désaffectée en mosquée, au cœur d’une cité des Doges qui n’en compte aucune, a inauguré en fanfare la Biennale d’art contemporain.

Abritant le pavillon officiel de l’Islande dont il est un ressortissant débordant de créativité, cette mosquée née de son imagination, et en tout point unique dans la ville aux innombrables clochers, ne laisse personne indifférent, frappant les esprits, voire les commotionnant fortement, notamment ceux des plus hautes autorités vénitiennes…

En effet, Christophe Büchel aura dû batailler ferme pour mener à bien sa transformation artistique au titre éloquent «  La première mosquée de la ville historique de Venise », se heurtant aux nombreux obstacles administratifs parsemés sur sa route par une municipalité et préfecture hostiles au projet, les uns arguant de la menace terroriste pour signifier leur opposition, les autres décelant là une « provocation » pour justifier leur fin de non recevoir.

Après avoir fini par obtenir un pâle feu vert officiel et déniché l'endroit idéal dans une ancienne église du quartier de Cannaregio, appartenant à un propriétaire privé, et sans prêtre, ni paroissiens depuis plus de quarante ans, l’artiste a pu enfin donner naissance à un lieu de culte musulman, avec un grand souci du détail, jusqu’au jour tant attendu de son inauguration, et tellement redouté par les représentants de la célèbre cité du pont des Soupirs, soupirant d'amertume…

Pour marquer de son empreinte iconoclaste sa performance artistique, il lui fallait aller jusqu’à organiser un office religieux, confié à un véritable imam, au sein de sa mosquée éphémère dans laquelle se sont pressés de nombreux musulmans de l’agglomération, lesquels souhaiteraient vivement qu’elle s’installe désormais dans le paysage et ne referme plus jamais ses portes.

  

De leur côté, les autorités locales affichent une mine de circonstance, très grimaçante, tandis que le président de la Vénétie, Luca Zaia, qui peine à se remettre de « cette provocation flagrante », a tempêté dans le Corriera della Serra, insistant sur le fait que "les installations ne doivent jamais se transformer en réalité". "Le vrai sujet concernant cette mosquée n'est pas celui de la liberté de culte, mais du respect des règles d'une manifestation artistique internationale comme la Biennale", a-t-il martelé.

Christophe Büchel voulait faire sens en mettant en pleine lumière l’absence de mosquée dans le centre historique de la Cité des Doges, là où, naguère, l'influence de l'islam fut prégnante, mais c’est la controverse passionnelle qui a une fois encore pris le dessus, l’Italie n’échappant pas au retour en force du nationalisme néo-fascisant, qui résonne des harangues électrisantes du mouvement islamophobe et xénophobe de la Ligue du Nord.

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