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Olivier Roy : « La guerre en Ukraine nous prouve que la théorie du choc des civilisations ne fonctionne pas »

 Pour le politiste Olivier Roy, ce retour en arrière de l’Histoire invalide pour de bon la théorie de Samuel Huntington, suivie par bien des géostratégiciens ces dernières décennies. Analyse.

Partagez-vous le constat selon lequel la guerre menée par la Russie en Ukraine constitue un moment de « bascule de l’histoire » qui va nous faire changer de monde ?

C’est plus un retour en arrière qu’une bascule, d’autant que c’est un processus qui est en route depuis plusieurs années. C’est parfaitement cohérent avec ce que Poutine a déjà fait en Géorgie et d’une certaine manière en Arménie. Il a toujours déclaré que l’Ukraine n’était pas à ses yeux un véritable pays. Evidemment, la question est aussi de savoir à quel « arrière » on retourne : l’URSS, Catherine II ou Pierre le Grand ? Ce qui est frappant en revanche, c’est la brutalité de l’offensive. On s’attendait plutôt à ce qu’il fasse ce qu’il avait fait ailleurs : renforcer les deux républiques indépendantes (Donetsk et Lougansk), éventuellement une opération militaire pour qu’elles recouvrent tout le territoire administratif ; et ensuite, tout un travail de sape pour remplacer le président élu par un type à sa botte. Mais je ne m’attendais pas à une offensive style invasion de l’Afghanistan.

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2 commentaires

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  1. Oui et non, la guerre dite de civilisation n’est pas qu’anti-Musulmane. Il y a probablement toujours de la guerre de civilisation à un degret ou un autre dans toute guerre. Mais, s’agissant de la Russie, on peut dire que la guerre que Napoléon lui a livré était une guerre de civilisation. C’est pour cette raison que la capitale Moscou étant prise et incendiée, la guerre ne s’est pas arrêtée, c’est pas seulement le Tsar qui n’a pas capitulé, c’est toute la nation Russe qui est une nation profonde, et il n’y eut pas les révoltes de moujiks qu’espérait Napoléon pour en tirer profit, raisonnement tout-à-fait pragmatique mais trop, mauvais calcul Occidental ou Occidentaliste, les moujiks ne pouvaient pas se soulever justement du fait de l’invasion d’un ennemi, mais ils se battirent bien au contraire, ce dont le régime des tsars ne leur sut aucun gré.

    Il y a bien deux mondes, deux civilisations affrontées, voire pire que ça, j’ai entendu une fois un analyste sur France-Culture évoquer une “croisade” Polonaise anti-Orthodoxe. Ces choses-là existent. Comme perdure jusqu’à aujourd’hui une culture communiste ou un folklor communiste identitaire, auquel s’oppose eh oui, une culture Nazi. Parce que quoi, les mouvements en Europe de l’Est au moment de la fin de l’Union Soviétique n’étaient pas que chose d’intellectuels humanistes qui s’étalaient en longueur sur les médias Français. S’il n’y avait que ça, ces mouvements n’eussent pas existé, on ne change rien nulle part avec des dilettentes et des intermittents du spectacle. Non, il y avait autre chose, on a réussi à occulter la culture Nazi, la plus agissante dans ces mouvements, enfin on a parfois dû le reconnaître, mais on a réussi assez largement à le camoufler, mais si on y réfléchit un peu, qui est l’anti-communiste le plus agissant, au point de risquer sa vie, un intello? Non, le Nazisme ou la culture Nazi est l’ennemi et l’antidot exact à la culture communiste, voilà pourquoi Vladimyr Poutine entend purger l’Ukraine des Nazis ce qu’on ne saurait lui reprocher, ces gens sont eux-mêmes prêts à tout contre la Russie.

    Croissant de lune.

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