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Une nouvelle guerre au Moyen-Orient par Liban interposé ?

  «La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.»  

Carl Von Clausewitz officier prussien

«Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent»

Jean-Paul Sartre 

 Un scoop ! Le Premier ministre libanais démissionne et annonce cela à partir de Riyad sans consulter personne ni donner d’explication viable. La reprise en main par Damas de ses régions, signe le déclin de l’Etat islamique et du même coup de la perte de puissance de l’axe sunnite Arabie saoudite – Turquie et d’Israël-Etats-Unis. Est-ce la fin de l’histoire ou le début d’une autre histoire ? L’Iran et le Hezbollah libanais sont plus que jamais les Satan de rechange et ceci donne des ailes au prince Salman d’Arabie saoudite qui en veut à l’Iran. 

  La Syrie s’en sort par miracle comme nous le lisons dans le beau texte de Michel Raimbeau, ancien ambassadeur qui avait vainement attiré l’attention de la France quand il était encore en poste à Damas, fait le point de la situation actuelle avec la fin théorique du calvaire syrien : «Durant ces interminables années de brouillard et d’enfer qu’a traversées la Syrien, qu’aurait été la vie sans l’espoir ? Pensons ici d’abord au peuple martyrisé et exposé à un ethnocide, à son armée nationale qui aura payé un si lourd tribut à l’agression barbare et aux responsables qui, face à la «communauté internationale», ont dû porter à bout de bras l’Etat. Certes, la flamme ne s’est jamais éteinte, mais il était permis aux plus optimistes de s’interroger parfois ou de douter de l’avenir face aux assauts d’une coalition islamo-occidentale abreuvée de centaines de milliards de pétrodollars et puisant ses combattants dans un vivier inépuisable de mercenaires venus de cent horizons. L’Algérie tiendrait-elle face à la meute féroce, résisterait-elle aux cohortes de déserteurs, de transfuges téléguidées par ses pires ennemis, aux ordres et à la botte des islamistes et de leurs parrains ?»(1) 

«Comme tous les pays plongés dans des situations troubles, poursuit l’auteur, la Syrie a connu la fatalité des infidélités, des lâchetés, des compromissions, des corruptions petites ou grandes, mais son peuple, au sens noble du terme, a résisté vigoureusement, ses institutions sont restées debout et ses gouvernants ont tenu bon et ceci grâce à sa résilience étonnante. Ce qui est en train d’arriver est logique et juste, mais l’issue désormais attendue de cette guerre universelle constitue une sorte de miracle même et notamment pour ceux qui ont eu foi en l’avenir. Malgré tout ce que diront les esprits chagrins, quel peuple admirable, quelle armée d’exception ! (1) 

La guerre saoudienne sur ordre de l’empire contre le Hezbollah 

Apparemment la tournée de Trump  en Arabie Saoudite a été  couronnée de succès. L’Arabie Saoudite applique à la lettre les injonctions de l’Empire et d’Israël Comme on pourrait interpréter la rencontre Jared Kuschner gendre du président Trump  en Arabie saoudite. Sombres jours pour le Liban ? Oui, lit-on sur le site Moon Of Alabama, la guerre arrive au Liban. C’est par ce titre inquiétant que le site Moon of Alabama Liban».  Aujourd’hui, le Premier ministre libanais Saad Al-Hariri a démissionné en faisant une déclaration écrite par l’Arabie saoudite sur la chaîne de télévision saoudienne Al Arabia (vidéo). C’était la première salve. L’axe Saoudo-Israélo-Américain perdra cette guerre et c’est l’Iran et la Russie qui vont y gagner. Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien extrêmement sectaire des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé une surprise : Il a appelé lundi à «renverser le Hezbollah» et a annoncé des «développements étonnants» dans les «jours à venir». Se référant à son tweet de dimanche sur le gouvernement libanais, le ministre a déclaré : «J’ai envoyé ce tweet au gouvernement parce que le parti de Satan (Hezbollah) y est représenté et que c’est un parti terroriste. Le problème n’est pas de renverser le gouvernement, mais plutôt de renverser le Hezbollah» (2) 

«Pendant qu’il y avait des combats en Syrie et en Irak, le Liban était en paix. Maintenant que ces guerres se terminent, les luttes par procuration reprennent au Liban. Joseph Bahout l’avait prédit à la mi-octobre : au niveau régional, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis cherchent maintenant un autre endroit d’où ils pourraient défier et faire saigner l’Iran pour compenser la perte de la Syrie. Le violent désir de renverser la donne régionale pourrait les amener à tenter de reprendre pied au Liban. Les États du Golfe, Israël et les Etats-Unis, ne veulent pas que l’Iran récolte les fruits d’une victoire en Syrie. S’ils cherchent à rééquilibrer la relation régionale avec Téhéran au Moyen-Orient, le seul endroit pour le faire serait le Liban, malgré les nombreux risques que cela comporterait» (2). 

«Dans un tel cas, malgré sa réticence à mettre en péril son sanctuaire libanais, le Hezbollah pourrait ne pas avoir d’autre choix que d’accepter le défi, surtout s’il a une composante israélienne. La politique libanaise est organisée selon un accord compliqué. Le camp sunnite, financé par les Saoudiens, occupe le poste de Premier ministre. Le poste de président est occupé par l’ancien général chrétien Michel Aoun. Le poste de président du parlement est occupé par le leader du mouvement chiite Amal Nabih Berri. (…) Hariri avait récemment nommé un ambassadeur libanais en Syrie. Hier, Hariri a reçu la visite à Beyrouth d’Ali Velayati, un haut conseiller de Khamenei, le chef suprême d’Iran. Les Saoudiens n’ont apprécié ni l’un ni l’autre événement.  Le plan de Thamer a été mis en marche. Ils ont envoyé un jet privé et ramené Hariri à Riyad. Là, le prince clown saoudien Mohammad bin Salman a donné à Hariri la lettre de démission (écrite par Thamer ?) qu’il a lue à la TV saoudienne» (2). 

L’Arabie saoudite de Mohamed Ibn Salman : un danger pour la paix 

On dit que l’Arabie saoudite est derrière ce scénario machiavélique  Mais le fait-elle de son propre chef?  Apparemment c’est  sur ordre des USA et d’Israël ? Le prince Mohamed Ibn Selman maître omnipotent depuis qu’il a isolé son cousin anciennement prince héritier est atteint assurément de la folie des grandeurs une sorte d’hubris. Il veut tout régenter, aidé en cela par la maladie de son père qui lui laisse les coudées franches. 


Curieusement les médias français qui diabolisaient l’Arabie saoudite avant l’avènement du quinquennat de Sarkozy mirent un bémol à la diabolisation de l’islam saoudien (poule aux œufs d’or pour l’armement français;Mieux encore, avec l’avènement de Mohamed Bin Salman c’est carrément le grand amour ! Certains médias français ne tarissent pas d’éloges et s’extasient hypocritement devant sa modernité qui consiste à présenter les avancées fantastiques comme pour la femme de conduire une voiture et en fait démolir en creux les fondements bien compris de l’Islam -pas celui du wahabisme- oublient que c’est la Turquie qui, la première, octroya le droit de vote aux femmes. Et que la France n’a octroyé le droit de vote que vingt ans plus tard sous.. de Gaulle !  

Naturellement pas un mot sur le “génocide”  au Yémen et ce n’est pas parce que les médias occidentaux n’en parlent pas qu’il ne se passe rien et que tout va bien. Au contraire c’est le chaos des milliers de morts potentiels d’après mes Nations Unies victimes des bombardements, du choléra et de l’embargo . L’Arabie saoudite dont on découvre les vertus en Occident  empêche les Nations Unies de ravitailler ce peuple en produits de premières nécessité, notamment des médicaments contre le choléra, des moyens de purifier l’eau et de la nourriture. Mais le Conseil de  Sécurité est verrouillé du fait que le Yémen ne représente pas un enjeu pour les grandes puissances et que les trois pays occidentaux ; l’Empire et ses deux vassaux ont toujours le joker du droit de veto qu’ils dégaineront à tous moments


En réalité, lit-on sur la contribution suivante : «Cette démission de Saad Hariri relève d’un plan concerté mis au point conjointement par le prince héritier Mohamed Bin Salman et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu visant à stopper les progrès enregistrés jusqu’ici par le Hezbollah libanais et ses alliés syriens et iraniens dans la région. Cette démission coïncide également avec le renforcement d’une campagne médiatique féroce, menée tambour battant par toutes les chaînes satellitaires arabes inféodées au régime de Riyad, visant comme d’habitude l’Iran et la Syrie mais également ce qui est présenté comme le terrorisme au Liban. Le renforcement des relations stratégiques entre l’Arabie saoudite et Israël vise à ramener le Liban dans le giron saoudien, quitte à l’expédier à l’âge de pierre à coups de bombes, stopper l’avancée des troupes syriennes et iraniennes au Levant et enfin à empêcher toute jonction entre les forces armées syriennes et les forces irakiennes. Engagée dans une désastreuse campagne militaire au Yémen, engagée dans la guerre en Syrie et intervenant dans les coulisses des sables mouvants de la politique irakienne, l’Arabie saoudite perçoit l’Iran comme son ennemi mortel et n’hésitera pas à soutenir une nouvelle agression israélienne contre le Liban visant les infrastructures du Hezbollah libanais». (3) 

Les conséquences pour le peuple libanais 

Saad Hariri était-il  libre de ses mouvements ? On sait qu’ayant la double nationalité, il est justiciable aussi en Arabie saoudite terre fertile pour les affaires mises en place par son père et qui commencent à péricliter.  . Il est impossible de le joindre. Monsieur Hariri a annoncé depuis l’hôtel Ritz qu’il démissionnait de ses fonctions au Liban. Cependant, selon la Constitution libanaise, il reste en charge des affaires courantes dans l’attente de son successeur. (4) 


Comment les libanais perçoivent cette démission ? Les hommes politiques notamment le président Michel Aoun,  attendent qu’il rentre !! «Il est évident que les premiers à en souffrir seront les Libanais. «le secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a pris la défense de Saad Hariri, leader de la Coalition opposée à son parti. Il a dénoncé une ingérence saoudienne dans les affaires libanaises. Le président Michel Aoun a réuni un Conseil de défense au palais de Babda pour déterminer les réactions à la disparition inattendue du Premier ministre. Il ne semble pas considérer comme valide une démission par téléphone et ne devrait en tenir compte que si le Premier ministre revenait au Liban la lui annoncer en personne. Dans sa lettre de démission écrite par les Saoudiens, il accuse l’Iran d’ingérence étrangère dans la politique libanaise. La démission de Hariri a pour but de provoquer une crise constitutionnelle au Liban et d’empêcher de nouvelles élections parlementaires. Voilà la suite probable du plan saoudien» (2) : 

L’administration Trump annoncera de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et contre le Liban. 
*Le gouvernement saoudien infiltrera au Liban une partie de ses combattants par procuration d’Al-Qaïda/EI de Syrie et d’Irak. Il financera des opérations terroristes libanaises locales. 
*Des extrémistes sunnites se livreront à des nouvelles tentatives d’assassinat, à des attentats terroristes et à des émeutes contre les chrétiens et les chiites au Liban. 
*Les États-Unis essayeront de pousser l’armée libanaise à déclarer la guerre au Hezbollah. 
*Israël tentera de provoquer le Hezbollah et de détourner son attention avec de nouvelles machinations à la frontière libanaise et à la frontière syrienne. Mais il n’entamera pas une vraie guerre. 

Pour le site Moon of Alabama, le plan a peu de chances de réussir pour plusieurs raisons : 
*Le peuple libanais dans son ensemble ne veut pas d’une nouvelle guerre civile. 
*L’armée libanaise ne s’impliquera ni avec un camp ou un autre et au contraire tentera de maintenir le calme partout. 

*Les sanctions contre le Hezbollah frapperont tout le Liban, y compris les intérêts sunnites. 
*Un nouveau Premier ministre sunnite sera installé à la place de la marionnette saoudienne qui a démissionné. 

*Le Liban constituera un nouveau marché pour les Russes et les Iraniens» (2). 

«Les compagnies russes s’engageront dans l’extraction gazière et pétrolière libanaise en Méditerranée et remplaceront les Etats-Unis. Le plan saoudo/américano/israélien contre le Hezbollah a tout l’air d’une crise de rage impuissante provoquée par leur défaite en Syrie et en Irak. Les troupes irakiennes ont, malgré les protestations des Etats-Unis, débarrassé les zones frontalières avec la Syrie de l’EI. Des milices irakiennes ont franchi la frontière pour aider les troupes syriennes à reprendre Abu Kamal, le dernier endroit contrôlé par l’EI. Cela ouvrira enfin une route directe de la Syrie vers l’Irak et au-delà. L’Etat islamique parrainé par l’Arabie saoudite en Irak et en Syrie a été anéanti. L’Irak a retrouvé sa souveraineté nationale. Il a vaincu l’EI, empêché les Kurdes de s’approprier une partie du territoire arabe et déjoué toutes les tentatives de relancer une guerre civile.  Il est très probable que la puissante alliance de la Syrie, de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah remportera la guerre. Les efforts maniaques des Saoudiens et des Etats-Unis pour contrecarrer une prétendue influence iranienne (et russe), ont permis à l’Iran (et à la Russie) d’améliorer et de sécuriser leur situation bien mieux qu’ils n’auraient jamais pu l’espérer autrement» (2) 

Une nouvelle guerre au Moyen-Orient ? 

Les Etats-Unis et Israël ne laisseront pas les Russes redessiner la carte de l’énergie au Moyen-Orient. C’est aussi l’analyse lucide de différents spécialistes. Sous la plume du spécialiste du Moyen-Orient Richard Labévière nous lisons les mêmes conclusions concernant l’axe américano-saoudo-israélien contre la coalition Syrie-Irak- Hezbollah-Russie : « Cette décision spectaculaire fait suite à l’appel du président américain Donald Trump, lancé le 20 mai dernier depuis Riyad, d’«isoler l’Iran». Avec la libération de Deir ez-Zor par l’armée gouvernementale syrienne, l’opposition armée et ses soutiens sunnites -Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Koweït, etc.- sont aux abois. En reprenant le contrôle des régions de l’est de la Syrie, l’armée syrienne et ses alliés, non seulement libèrent des zones pétrolières qui seront essentielles pour la reconstruction du pays, mais surtout opèrent leur jonction avec les forces de Bagdad sur la frontière avec l’Irak, une bande de quelque 650 kilomètres entre la Jordanie et la Turquie.(…) Deir ez-Zor était le dernier centre aux mains de Daech en Syrie, depuis la chute de Rakka mi-octobre» (5). 

« Les propos de Benjamin Netanyahou, le 5 novembre à la BBC, confirment involontairement cette évolution et la défaite de l’axe américano-israélo-saoudien : «la démission de Saad Hariri veut dire que le Hezbollah a pris le pouvoir, ce qui signifie que l’Iran a pris le pouvoir. Ceci est un appel à se réveiller ! Le Moyen-Orient vit une période extrêmement dangereuse où l’Iran mène une tentative pour dominer et contrôler toute la région…Quand tous les Arabes et les Israéliens sont d’accords sur une chose, le monde doit l’entendre. Nous devons stopper cette prise de contrôle iranienne». Dans tous les cas de figure, chaque fois qu’une nouvelle menace cible l’Iran, c’est le Liban qui trinque» (5). 

«La démission surprise de Saad Hariri parachève une révolution de palais qui intervient en pleine reprise des négociations internationales sur la Syrie. En visite en Iran, le 1er novembre dernier, Vladimir Poutine a confirmé sa détermination à poursuivre le processus d’Astana par une prochaine réunion des différentes composantes de l’opposition à Sotchi. Au début de la semaine, Thamer al-Sabhan, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, avait menacé le Hezbollah libanais et annoncé des surprises à venir. (…) Dimanche soir, lors d’une allocution télévisée, le secrétaire général du Hezbollah s’est montré rassurant en soulignant que «l’escalade politique verbale ne change rien à la réalité régionale». Il a appelé les Libanais au calme et à ne pas céder à trois rumeurs colportées par ceux qui cherchent à provoquer une crise constitutionnelle : un projet d’assassinat contre Saad Hariri, une frappe israélienne et un plan saoudien pour attaquer le Liban. «Avant même l’annonce de la démission de Saad Hariri, Samir Geagea, le patron des Forces libanaises (FL), avait lui-aussi multiplié les attaques en direction du Hezbollah. Toujours en phase avec Tel-Aviv et Riyad, le leader d’extrême droite cherchera, sans doute, à tirer profit de la situation pour affaiblir ses concurrents du camp chrétien en se présentant comme la seule alternative possible à la succession du président Michel Aoun» (5). 

«D’autres conséquences sont à craindre. L’administration américaine pourrait en profiter pour annoncer de nouvelles sanctions contre le Hezbollah et le Liban. L’Arabie saoudite continuera à infiltrer au Liban une partie de ses combattants d’Al-Qaïda et de Daech en Syrie et en Irak. Comme depuis plusieurs décennies, la monarchie wahhabite financera de nouvelles opérations terroristes au Liban et dans d’autres pays de la région» (5) 


Y aura-t-il guerre par procuration ? 

Dans le même ordre de la tension de plus en plus grandissante, le tir d’un missile sur Riyad mais qui fut intercepté par les missiles Patriotes, est un signal dangereux. L’Arabie saoudite, lit-on sur Courrier international, utilise une rhétorique de plus en plus guerrière face à l’Iran. Le Moyen-Orient retient son souffle devant le spectre de la guerre qui plane sur la région depuis le tir de missile sur Riyad, samedi 4 novembre, et dont les Saoudiens attribuent la paternité à l’Iran. «Acte de guerre», le mot est lâché. 

Et il est à la une de toute la presse saoudienne du jour, à l’instar d’Arab News. C’est en effet ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a qualifié le tir de missile sur la capitale, Riyad, samedi 4 novembre.  En effet, l’Arabie saoudite «se réserve le droit de répondre en temps voulu à l’action hostile du régime iranien», a déclaré Adel Al-Jubeir, toujours selon Arab News. Les autres titres de la presse saoudienne ne sont pas en reste : «L’Arabie Saoudite à l’Iran : vous verrez la réponse», titre Okaz, le grand journal de Djedda. De même, le site internet du quotidien de la capitale saoudienne Al Riyad cite le prince héritier, le tout-puissant Mohamed bin Salmane, pour qui «la fourniture par l’Iran de missiles aux milices [Houthistes au Yémen] est une agression militaire directe». (6) 

De son côté, Al-Makkah, le quotidien mecquois énumère : du missile iranien lancé sur Riyad par les représentants de Téhéran au Yémen [les Houthistes], en passant par les assassinats renouvelés de policiers saoudiens [par des chiites dans l’est du pays], ainsi que par les attaques contre l’Arabie saoudite de la part de l’agent iranien au Liban qu’est Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, sur fond de démission du Premier ministre libanais, Saad Al-Hariri [le 4 novembre], sans parler des rumeurs que répand la chaîne Al-Jazeera du Qatar [supposée être l’alliée de l’Iran], tout indique que l’Iran est en train de devenir fou en voyant l’immensité des succès des réformes politiques et économiques saoudiennes». (6) 

Le site internet Saba, proche des Houthistes, rapporte que de nouveaux tirs de missiles sur l’Arabie saoudite sont envisagés par les dirigeants houthistes, et cela «afin de répondre à la guerre saoudienne soutenue par l’Amérique, la Grande-Bretagne et Israël». Ainsi, les «fronts du face-à-face avec l’Iran et ses principaux alliés se multiplient», résume de Al-sharq Al-Awsat. Et de lister les terrains de lutte : le Liban, la Syrie, l’Irak, le Yémen. 

Selon l’éditorialiste l’Iran «accule ses adversaires à choisir entre deux options : affronter directement la source elle-même, à savoir le régime iranien, ou créer des proxies régionaux pour entrer dans des guerres par procuration».(6) 


Conclusion 

Malgré six ans de guerre atroce, le domino syrien n’est pas tombé. Est-ce pour autant un retour au statut quo ante ? On sait que la première «manche» de ce rechapage du Moyen-Orient voulu par Bush -ce mot est tragique il s’agit de la mort de centaines de milliers de personnes qui ne savent pas pourquoi ces stratégies à leur encontre- s’achève à près de 200.000 morts syriens pour rien, un pays exsangue mais debout. 

Qu’en est il de la suite ?  «La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.»  disait  l’officier prussien Carl Von Clausewitz Apparemment rien n’arrêtera la machine à broyer les peuples du fait de la folie des hommes. Le peuple libanais qui a tant souffert de la guerre interconfessionnelle qui a duré quinze ans au milieu des années soixante-dix, attend d’une façon inquiète la nouvelle confrontation qui se dessine du fait du rôle diabolique de l’Arabie saoudite guidée par Mohamed Ibn Salman, un Schwarzkopf au petit pied qui veut -avec sa coalition de pieds nickelés- faire le job pour le compte de l’Empire et d’Israël croyant de ce fait dominer l’Iran pays qui investit dans le savoir et ne compte pas sur les pétro-dollars et le parapluie américain.

Pendant ce temps la cause palestinienne s’enfonce et disparaît de plus en plus des écrans radar. C’est tout bénef pour Israël devant l’anomie du monde. Et dire que le roi Fayçal ne désespérait pas d’aller prier à Jérusalem dans la mosquée d’Omar. Sombre jour. Un nouveau feuilleton s’écrit. La variable d’ajustement sera à n’en point douter le Liban. 

A moins d’un miracle, le scénario de 1975 d’une guerre civile fomentée cette fois au nom du schisme sunnite/chiite, se fera avec d’un côté Israël les Etats-Unis l’Arabe Saoudite, et de l’autre, l’Iran, la Syrie l’Irak la Russie. Nul doute que les prochains mois seront décisifs pour la paix du monde. 


Notes:
http://arretsurinfo.ch/la-benediction-syrienne-par-michel-raimbaud/ 

  1. http://www.moonofalabama.org/2017/11/lebanon-hariris-resignation-the-o… 

3 . https://strategika51.wordpress.com/2017/11/05/la-demission-du-premier-ministre-libanais-sur-instruction-de-ryad-le-prelude-a-une-nouvelle-agression-contre-le-liban/

  1. http://www.voltairenet.org/article198635.html
  2.  http://prochetmoyen-orient.ch/liban-demission-hariri-contre-iran/
  3. https://www.courrierinternational.com/article/larabie-saoudite-utilise-une-rhetorique-de-plus-en-plus-guerriere-face-liran

 

 

 

Un commentaire

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  1. Hariri etait sous les ordres de Riad et n’existe plus
    Hacen El Sabah sous les ordre de Téhéran et existe toujours.
    La Famille Saoud était le corps d’un oiseau , ses deux ailes étaient l’Egypte et le Pakistan , mais le condor a détruit ses ailes. Un oiseau sans ailes ne vaut rien.
    Il n y a plus rien à faire, l’Islam aide à supporter la dureté du sort.

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