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Nîmes : le mystère de la mosquée du VIIIe siècle semble dissipé par le récit d’une famille nîmoise

Petit bijou architectural, un édifice d’inspiration mauresque érigé du côté du Mont-Duplan, à Nîmes, a fait couler beaucoup d’encre en l’espace d’un week-end, depuis qu’une lettre ouverte adressée au journal local ObjectifGard par une avocate du terroir, Me Khadija Aoudia, a alerté sur le fait qu’un joyau historique pourrait se cacher en son sein : une mosquée du VIIIe siècle, d’une valeur inestimable, menacée de destruction par les grands travaux en cours.

L’émoi suscité par la découverte de ce qui semblait être un véritable trésor patrimonial, intensifié par la perspective de sa démolition, risque fort de retomber en apprenant qu’une famille nîmoise, stupéfaite de voir sa maison familiale ainsi projetée sous les feux de l’actualité, vient d’en révéler tous les secrets.

Benoît Baillet, conseiller municipal et vigneron de son état, est l’un des arrière-petits-fils de Henriette et Louis Baillet, les deux propriétaires et grands bâtisseurs de cette maison pour le moins atypique qui se démarquait dans le paysage nîmois du début du XXème siècle, aux influences venues de l’autre côté de la Méditerranée, ce qui en faisait tout le charme. Ce dernier s’est empressé de prendre contact avec la rédaction de ObjectifGard pour dissiper le mystère qui était en train de naître autour de ce qu’il qualifie de « maison extraordinaire où nous passions tous nos étés ».

Une maison qui reflétait la passion éprouvée par ses aïeux pour l’Algérie et la culture arabo-musulmane, lesquels traversaient chaque année la Belle Bleue pour aller s’y ressourcer, en insatiables chercheurs de trésors de l’art islamique qu’ils étaient, de surcroît avides d’approfondir leurs connaissances sur l’islam.

« Reconnaissant que l’édifice construit par ses arrière-grands-parents peut ressembler de près ou de loin à un  “lieu historique“, il évoque surtout “un bien de famille, construit au début du siècle” baptisé « Le Minaret » qui appartenait jusque-là à Denis Reynaud, petit-fils du fondateur de la Clinique du Mont-Duplan, le docteur Louis Baillet. Une histoire de famille on vous dit… », peut-on lire dans l’article censé rétablir la vérité.

Alors que Cogedim, le promoteur immobilier à qui la parcelle de terrain a été vendue, ne cesse de promouvoir la construction, en lieu et place de la maison au centre de toutes les attentions, « d’un superbe domaine privé, entièrement sécurisé, avec piscine », Benoît Baillet assure qu’ « aucun projet de destruction n’est à l’ordre du jour ».

«  C’est tout une époque qui disparaît mais je voulais absolument vous raconter notre histoire familiale, en hommage aussi à mon arrière-grand-mère qui a vécu dans cette maison jusqu’à ses 102 ans », a-t-il tenu à souligner, tandis que Me Khadija Aoudia reste tiraillée par le doute, même si elle ne saurait remettre en cause la véracité du récit livré par l’un des descendants des propriétaires de la maison mauresque du Mont-Duplan.

« Je ne doute pas que l’immeuble dont il s’agit ait été la propriété de personnes physiques durant ce dernier siècle, le registre cadastral en atteste. Je ne peux que constater que cette grande Dame qui n’était pas de confession musulmane, était très sensible à l’architecture des mosquées du Xe siècle et qu’elle était singulièrement attachée au premier pilier de l’islam pour reproduire en arabe les versets 163 et 255 de la sourate El Bacara sur ses portes, au point qu’elle s’en inspirait pour construire sa demeure à l’identique des moquées de cette époque », a-t-elle déclaré, tout en ne cachant pas son étonnement devant la facilité avec laquelle le couple a pu obtenir, à l’époque, les autorisations de la part des services d’urbanisme de la ville de Nîmes.

« Sa détermination à convaincre les autorités pour la réalisation de son projet est extraordinaire, tant l’histoire des premières mosquées en France au début du XXe siècle fut compliquée », a-t-elle poursuivi, renchérissant : « Il est une différence substantielle entre les êtres vivants et leurs œuvres. Les uns, disparus, sont muets tandis que les pierres ou les ossements continueront toujours à nous renseigner sur l’histoire de l’humanité ».

La belle maison mauresque de Nîmes a-t-elle fini par dévoiler tous ses mystères, au terme d’un week-end où elle aura été l’objet de toutes les spéculations ?

9 commentaires

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  1. ouh là la ! Bob de grâce ! surtout pas Clovis, Roi des Francs, César empereur de Rome, et tous vos tocards, vous pouvez les garder, nous avons beaucoup, beaucoup beaucoup mieux

  2. bientôt: Clovis, Roi des Francs, ainsi que César, empereur de Rome, seront en réalité des Muslims, mais le secret fut bien gardé par les sionistes et l’extrème droite…
    Ce révisionnisme culturel est à mourir de rire!

  3. La France a tout fait depuis des siècles,pour faire disparaître les vestiges arabo-musulmans,afin d’imposer l’histoire officiel.Pour eux,l’épisode des maures en France s’est arrêté à Poitier en 732.Nous savons que Poitier n’est qu’un mythe entretenue pour pour entretenir l’histoire des francs,beaucoup d’historiens récusent cette version.De toute façon cette petite mosquée sera détruite,comme bien d’autres avant elle!

    • Selon vous ce sont l’apparence des murs et l’architecture qui font une mosquée?
      Donc s’il s’avérait que jamais personne n’a prié derrière un imam dans ces murs et que le bâtiment date en effet d’à peine un siècle, c’est quand même une mosquée?

  4. Ce genre de construction est courant dans le sud de la France , à l’époque coloniale les pieds noirs ayant les moyens financiers , faisaient construire des résidences secondaires en métropole et éventuellement y passer leur retraite . A Marseille , il y en a de superbes , qui elles , ne risquent rien !

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