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Marseille : un nouveau contrôle d’une femme en voile intégral dégénère

Parée de toutes les vertus républicaines, la loi contre le long voile marginal, jugée inapplicable pour certains, et liberticide pour d’autres, s’est drapée dans le tout-sécuritaire pour justifier son bien-fondé, mais ironie du sort, suscite de nombreux troubles à l’ordre public.

La loi électoraliste de l’ère Sarkozy, dont Jean-François Copé a fait son cheval de bataille, et qui a été adoptée dans un rare consensus politique, tournerait-elle à la mauvaise farce de l’arroseur arrosé, et pour quel résultat ?

Révélé par Le Point, un nouveau contrôle d’identité inopiné, survenu mercredi à Marseille, à l’heure indue de 0h45, et aux abords de la mosquée es-Sunna, là où la présence d’une femme voilée n’est ni une anomalie, ni une menace pour la société, a une fois encore dégénéré.

Sous ce voile-épouvantail de la République, c’est une jeune femme âgée de 18 ans, répondant au prénom français de Louise-Marie, qui a refusé de décliner son identité. Cette dernière, selon la police, se serait mise à crier, alertant un groupe d’hommes qui, une fois arrivés à son niveau, ont voulu s’interposer face aux forces de l’ordre. S’en est suivie une altercation, faisant deux blessés parmi les policiers, un troisième ayant été mordu à la main par la jeune femme voilée, toujours d'après la version officielle. Placés en garde à vue, puis relâchés dans le courant de la nuit, la niqabiste et trois individus venus à sa rescousse ont finalement écopé d’une simple convocation.

Cette énième interpellation, dont on cherche vainement la dimension civique et pédagogique louée par le législateur, met non seulement les nerfs à vif de la police, mais pire encore, ne produit pas l’effet dissuasif escompté sur ces citoyennes à part. Du côté de la mairie de Marseille, l’ajointe au maire Nora Présozi, fervente avocate de la laïcité et des droits des femmes, fait endosser la responsabilité de ce contrôle déplorable aux femmes en niqab, ces bêtes noires de la police qui « cherchent l’affrontement », ainsi qu'elle l'a précisé.

Dans ce concert d’indignations qui, à aucun moment, ne remet en cause la pertinence et l’efficacité d’une loi aux piètres résultats, il ne manquait plus que la voix de la plus célèbre renégate de gauche après Eric Besson, celle qui mange à tous les râteliers en donnant l’illusion d’être l’icône de la méritocratie à la française, pour clore ce fait divers de manière aussi lamentable qu’il avait commencé : « On prie pour soi, on prie chez soi ! » a lancé Fadela Amara, dont le désastreux bilan ministériel dans le gouvernement Sarkozy devrait pourtant inviter au silence.

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