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Marine Le Pen prédit «100 000» manifestants contre le film anti-islam

Sans aller jusqu’à dire que son nationalisme forcené et ses prédictions d’épouvante nous manquaient, nous nous demandions sous quels auspices populistes la présidente du FN, qui a vu ses rêves législatifs s’envoler, préparait sa grande rentrée politique.

La tournure tragique des derniers événements qui ébranlent le monde lui a fourni la matière nécessaire pour revenir à ses fondamentaux, tandis que la manifestation non autorisée qui a rassemblé, samedi, devant l’ambassade américaine à Paris, des citoyens musulmans protestant contre le film anti-islam, lui a offert une brèche inespérée dans laquelle elle s’est engouffrée avec empressement : "demain, ça n'est pas 250 personnes qui manifesteront" dans Paris, mais "peut-être 100.000", a-t-elle lancé sur les ondes de RTL, fidèle à sa rhétorique outrancière qui attise les peurs.

"Quand je vois ce type de manifestation, je m'inquiète des investissements qu'effectue le Qatar avec la bénédiction de notre gouvernement dans les banlieues françaises, où évidemment le but n'est pas un but humanitaire, mais un but politique", a poursuivi la leader frontiste sur le même ton.

Elle a également dénoncé "une démonstration de force des fondamentalistes islamiques", parlant d'"intimidation" et de "manipulation", tout en faisant planer le spectre de la dictature islamiste sur le printemps arabe : "Un régime totalitaire laïque vaut mieux qu'un régime totalitaire islamiste", a estimé  la députée européenne. "C'est mon avis et sûrement celui des populations qui se font imposer la charia. En Tunisie, en Égypte et en Libye, les droits des femmes ne cessent de reculer", a-t-elle martelé, tout en critiquant vertement les failles du renseignement français : "notre système de renseignement est extrêmement faible, car nous devrions connaître chacune de ces personnes avant même qu'elles aient mis les pieds sur les grandes avenues de nos capitales". 

Marine Le Pen redémarre sur les chapeaux de roue, bien que sa stratégie de la stigmatisation de l’islam ait échoué à lui ouvrir les portes dorées de l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, où seule sa nièce néophyte et petite protégée de 22 ans a réussi à siéger aux côtés de l’avocat Me Collard, son curieux porte-parole, qui reste résolument non encarté. Drôle de tandem !

Mais l’héritière du frontisme a néanmoins fait son trou dans le paysage politique national, et tout est bon désormais pour prouver que sa redoutable démagogie nationaliste et islamophobe était fondée, dans la perspective des municipales de 2014. Reste à savoir si la digne fille de son père adoubera publiquement les skinheads et autres nazillons qui constituent la base du parti, et dont Jean-Marie Le Pen ne cesse de se plaindre de l’ostracisme… Un ostracisme de façade, à n’en pas douter, pour entretenir l'illusion d'une respectabilité encore toute fraîche et chèrement acquise.

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