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L’islamophobie se propage dans le monde, selon le Département d’Etat américain

Comment se porte la liberté religieuse dans notre vaste monde, qui n'a rien d'un long fleuve tranquille sur lequel afficher sa foi en l'islam en toute quiétude ? Ausculté par le biais d’un rapport annuel publié, le 20 mai, par le Département d’Etat américain, l’état de santé de la tolérance à l'égard de la religion musulmane révèle son infinie précarité à l'échelle planétaire, et pire encore une hémorragie alarmante de l’islamophobie, en Europe et en Asie.

Il y a des signes de dégradation qui ne trompent pas, à l’image de la très nette progression des mesures restrictives, voire liberticides qui ont frappé en 2012 les musulmans d’un continent à l’autre, au point que vivre sa foi au grand jour quand on croit en Allah n’est pas une sinécure, et peut même s’avérer dangereux…

Les mêmes maux produisent les mêmes effets venimeux, la même inflation de discours hostiles et haineux provoque la même animosité accrue et généralisée, gangrénant tous les secteurs de la société de l’éducation à l’emploi, et piétinant certaines libertés individuelles fondamentales, comme celle de revêtir des tenues religieuses à l’école et dans l’espace public. C’est ce diagnostic sombre mais lucide, qui lance un avertissement à tous les obscurs politiciens du chaos, que dresse sans complaisance le rapport américain, présenté par le secrétaire d’Etat américain, John Kerry.

"Les lois et les politiques qui entravent la liberté des individus de choisir une religion, de pratiquer une religion, de changer de religion, de témoigner auprès des autres de leurs croyances et pratiques religieuses, ou de rejeter toute forme de religion restent omniprésentes", souligne le rapport. "De nombreux gouvernements ont imposé des restrictions excessives et inappropriées aux groupes religieux et abusé de leurs membres, dans certains cas, dans le cadre de la loi officielle et de sa mise en pratique", fustige-t-il.

De son côté, John Kerry a déclaré en conférence de presse : "Ce rapport met en lumière les défis que les croyants doivent relever lorsqu'ils n’aspirent à rien d'autre qu’à la liberté religieuse de base et au droit d'adorer leur Dieu comme ils le souhaitent", poursuivant : "Avec la publication de cet état des lieux, le peuple et le gouvernement américains font la démonstration de leur volonté de contribuer activement à l’avancement et à la préservation de la liberté religieuse dans le monde entier".

Et pour prouver sa bonne foi, ce rapport américain n’a pas jeté aux oubliettes de la barbarie humaine l’effroyable purification ethnique et son long cortège de victimes musulmanes en Birmanie, mais en a bel et bien dénoncé la folie meurtrière en ces termes : "Les musulmans dans l'État de Rakhine, en particulier ceux de la minorité Rohingya, continuent de subir la violence sanglante ainsi que de très graves discriminations sur le plan juridique, économique, éducatif et social."

Aux Etats-Unis, les conclusions de ce rapport ont été saluées par l’association des relations américano-islamiques (CAIR), dans un communiqué signé Nihad Awad, le directeur exécutif : "Nous nous félicitons de la reconnaissance par les fonctionnaires du Département d'Etat de la propagation très inquiétante de la rhétorique anti-musulmane partout dans le monde. Les gens de toutes les religions et de tous les milieux doivent travailler ensemble pour promouvoir la compréhension mutuelle et se dresser contre la haine islamophobe que nous voyons se répandre dans de nombreuses parties du globe", a-t-il écritavant de conclure en appelant à faire de la lutte contre l’islamophobie une cause nationale.

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