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Lettre de Bassem Tamimi (le père d’Ahed Tamimi) au président Joe Biden

Extraits de la lettre de Bassem Tamimi, le père d’Ahed Tamimi, écrite à Nabi Saleh en Palestine occupée, et adressée au nouveau président américain : « Qu’est-ce que le monde nous a donné ? »

« J’avais l’habitude de croire en la paix et à la solution à deux États adoptée par l’Organisation de libération de la Palestine — les dirigeants de notre peuple — comme notre chemin vers la libération de l’occupation. J’ai défendu cette solution, j’en ai débattu d’autres et j’ai eu du mal à y parvenir. J’ai chanté pour la paix et nommé mon propre fils « Salam » comme un signe avant-coureur d’un avenir différent.  Mais après des décennies de processus de paix, la « paix » elle-même n’est pas encore née.

Le rapport de force est faussé en faveur de notre adversaire. Les bulldozers imposent une réalité sur le terrain qui ne peut être surmontée par les bonnes intentions de l’amour et de la paix seuls.

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Monsieur le Président, un jour, quand Salam avait cinq ans, il est venu me voir en pleurant et m’a dit : « Change mon nom, je ne veux pas qu’on m’appelle Salam ! » Il avait entendu des gens se moquer et maudissant le processus de « paix » ; mon fils croyait qu’il était le « salam » dont ils parlaient.

Comment, Monsieur le Président, restaurerez-vous le sens du mot pour que mon fils commence à aimer son nom ? Comment restaurera-t-on le sens de la liberté, de la justice et de la démocratie dans l’esprit de nos enfants? Comment allons-nous les protéger de la tentation du terrorisme, dont nous souffrons tous aujourd’hui ?

Près de trois décennies après la signature des Accords d’Oslo, j’ai eu une discussion avec ma fille, Ahed, et ses amis après avoir assisté à une manifestation contre l’annexion et les colonies.  Au milieu d’un nuage de gaz lacrymogènes et de balles, et avec la force du terrorisme d’État visant la nouvelle génération de combattants de la liberté, j’ai tenté d’afficher mes prouesses intellectuelles en prenant position en faveur d’une solution à deux États.

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Ahed m’a dit alors : Vous, votre génération, et les générations d’avant, vous avez combattu et vous avez été emprisonnés, blessés et tués. Notre leadership — avec toute son histoire et son symbolisme, et la confiance que notre peuple y accordait — croyait en cette solution. Vous avez fait confiance au monde, à l’ONU et au droit international, et abandonné 78 pour cent du territoire palestinien pour cette solution, pour la paix. Qu’est-ce que tu as gagné ? Qu’est-ce que le monde, qui vous a promis un pays, vous a réellement donné ? Tu ne vois pas les colonies, père ? Tu ne vois pas le mur ? Ne voyez-vous pas que le monde ne se soucie pas de notre sang et de nos souffrances ?

Ce monde veut que notre souffrance continue, parce qu’elle lui permet d’échapper au fardeau du regret pour un crime qu’il a commis contre l’humanité. Un crime pour lequel nous payons le prix de la douleur et de la souffrance, depuis que la Déclaration Balfour a déclaré que notre pays sera l’endroit où l’État d’Israël est établi, pour défendre les intérêts de la colonisation. Donc, si nous devons être tués, blessés et emprisonnés pour une expérience que le monde a prouvé qu’il ne peut pas réaliser, alors nous devrions nous sacrifier pour la libération de notre peuple et de notre terre. Nous devrions établir un État de Palestine dans lequel chacun vit librement et pacifiquement, sans discrimination fondée sur la race, la religion ou la couleur. Un pays libre pour les gens libres.

Cette paix commence par la Palestine comme fondement sur lequel construire, alors que nous nous efforçons de surmonter les obstacles du passé et les exigences du présent, et de traverser le pont de l’espérance avec optimisme et confiance.

Bassem Tamimi, est un dirigeant du Comité de Lutte Populaire de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée

(Traduit par EuroPalestine)

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Un commentaire

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  1. Une lettre touchante et criante de vérité.
    La terre que les palestiniens devaient retrouver ou est elle ? Tant de sacrifice pour rien malheureusement car Israel ne veut pas la paix et ne l’a jamais voulu.
    J’en veut au responsable musulmans et autre association d’immigrés, acteur, politicien et intellectuel de confession musulmane qui se sont tue et on alimenté la mascarade des deux etats grande supercherie dont les sionistes ont le secret.

    Non la Palestine lutte pour temoigner qu’elle fût un peuple ayant habité cette terre.
    Ce genocide quotidien sous nos yeux n’émeut personne même pas les grands de ce monde qui disent se battre pour un idéal commun pour que chaque peuple vivent en paix et sécurité sur sont propre territoire.

    Hypocrisie des occidentaux et lâchetés du monde arabes spécialement les monarchies qui ont a leur tête des Empereurs Cesaro Papiste et a qui leur peuple vouent une adoration sans borne voire de l’association qui les font sortir de l’islam.

    Il est interdit de se prosterner pour un autre que Dieu ceux qui pratiquent cette adoration n’ont plus la qualité de musulmans mais de compagnon de route de satan.

    Dans les premières années de l’islam les fideles se dirigeaient vers Jérusalem pour prier et seulement quand Jerusalem etait accroché au coeur des musulmans se sont tournés ensuite vers la Mecque.

    Il faut fortement méditer ce points précis pour comprendre que Jérusalem est une cause sacrée pour les musulmans et que sont abandon est inimaginable et que son retour au sein de la communauté est un mouvement puissant qui depasse les petits arrangements mondain.

    La Palestine martyrisée mais debout survivra a cette longue dépréciation de son identité mais que la victoire est acté et seul le temps fait barriere au le jour du grand sacrement.

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