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Les scandales sexuels ne sont plus passés sous silence au Maroc

Ils éclatent désormais au grand jour et brisent la chape de plomb du silence, faisant remonter à la surface de terrifiants secrets enfouis au fond de la mémoire ou emmurés derrière des portes de l’horreur, immonde, crapuleuse, et criminelle, les scandales sexuels éclaboussent le Maroc à mesure qu’ils font les gros titres des médias, comme c’est le cas en ce jeudi de toutes les révélations.

Pédophile, pornographie, séquestration, extorsion, la divulgation des crimes sexuels, qui plongent dans l’effroi, n’est plus taboue dans une société marocaine où les langues des victimes se délient, sortant du piège pernicieux de la honte et de la culpabilité pour relater leur calvaire, indicible, impensable, et souvent encore inaudible, accompagnées et écoutées par des associations entrées en guerre contre de redoutables prédateurs qui peuvent ressembler à Monsieur-tout-le-monde ou porter le masque trompeur de la respectabilité, sous des traits masculins comme féminins.

Ainsi, le quotidien Al Akhbar fait l’effroyable récit de plusieurs orgies sexuelles qui ont eu pour cadre des établissements scolaires, dont les proies toutes désignées furent de jeunes adolescentes, l’association « Ne touche pas à mon enfant » indiquant que 75% des dossiers traités se sont déroulés au cœur de la plus grande ville et véritable poumon économique du royaume : Casablanca.

"Les parents ont de plus en plus peur pour leurs enfants. Les enseignants sont censés représenter l’autorité et donner l’exemple, mais certains se sont transformés en monstres sans vergogne, qui profitent de la faiblesse des petits enfants", rapporte le quotidien marocain. L’affaire de pédophilie, qui a récemment provoqué une forte onde de choc émotionnel à Rabat, a assombri un tableau déjà en noir-obscur où s’accumulent les histoires glauques et obscènes, à l’image des quatorze petites filles agressées par leur professeur de langue arabe, ou encore de l’affligeant constat de la banalisation d’un langage très cru par certains enseignants en classe.

Les affaires se suivent et dépassent à chaque fois un peu plus l’entendement, comme celle relatée par le journal Annass, mettant en scène l’épouse d’un haut responsable sécuritaire à Bouznika, qui aurait séquestré et ligoté une amie, avant de la filmer entièrement nue, car elle la soupçonnait d’entretenir une relation avec son mari. Résultat, elle est poursuivie en justice, mais jouit d’une liberté provisoire, alors que son mari a été démis de ses fonctions en attendant la fin de l’enquête judiciaire.

Selon Assabah, un procès qui promet d’être retentissant va prochainement voir assis sur le banc des accusés deux adolescents, la mère de l’un des deux et un quatrième larron, cette fine équipe ayant piégé un ressortissant qatari sur le web au cours d’un chat qui a dégénéré, l'internaute Qatari se dénudant sous l’objectif de la webcam des prévenus marocains qui l’ont ensuite fait chanter. Après avoir cédé à leurs exigences financières, de plus en plus gourmandes, la victime a dû se résoudre à déballer ses frasques intimes sur la place publique en portant plainte.

A l’heure où la parole des jeunes filles en fleur marocaines se libère pour exorciser leurs traumatismes, il serait bon que la justice passe à son tour, comme ce fut le cas, qualifié d’historique par les familles des victimes, pour l'incarnation de la monstruosité faite homme, en la personne du britannique Robert Edouard Bill, condamné à 20 ans de prison pour de multiples chefs d’inculpation qui vont de l’enlèvement au viol de jeunes filles mineures, en passant par la prostitution et un séjour irrégulier au Maroc.

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