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« Les enfants palestiniens se sentent abandonnés au milieu des démolitions des maisons » (ONG)

Quatre enfants palestiniens sur cinq dont les maisons ont été démolies par les autorités israéliennes en Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées « se sentent abandonnés par le monde » révèle un rapport de Save the Children.

Quatre enfants sur cinq en Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées dont les maisons ont été démolies par les autorités israéliennes disent avoir perdu confiance, qu’ils ne croient plus que quelqu’un puisse les aider ou les protéger, et ils se sentent « abandonnés par le monde », selon l’organisation de défense des droits de l’enfant, Save the Children.

Le rapport publié lundi intervient alors que les Palestiniens qui vivent dans les quartiers Sheikh Jarrah et Silwan de Jérusalem-Est occupée risquent d’être expulsés de leurs maisons pour laisser la place à des colons israéliens, et sont dans l’attente des décisions de la Cour suprême israélienne.

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Le rapport, L’espoir sous les décombres : l’impact de la politique d’Israël de démolitions des maisons sur les enfants palestiniens et leurs familles, indique que 217 familles palestiniennes en Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées ont été consultées, toutes ayant eu leur maison démolie par les autorités israéliennes au cours des dix années passées.

Parmi les enfants interrogés, 80 % déclarent qu’ils ont perdu confiance dans la capacité de la communauté internationale, des autorités et même de leurs parents à les aider et à les protéger. Ils expriment des sentiments d’impuissance et de désespoir face à l’avenir, constate le rapport.

« Personne ne les a empêchés – ou ne pourrait les empêcher à nouveau – de détruire notre maison, nos vies. Alors, pourquoi devrais-je rêver à un bel avenir » dit Fadi (*), 16 ans, à Save the Children.

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Le rapport révèle également que 76 % des parents et des soignants se sentent impuissants et incapables de protéger leurs enfants après avoir perdu leur maison. Une majorité affirme aussi ressentir de la honte, de l’irritation et de la colère tandis que 35 % disant se sentir émotionnellement éloignés de leurs enfants.

En majorité, les enfants interrogés présentent des taux élevés de détresse, notamment des sentiments de tristesses, de peur, de dépression et d’anxiété. Les enfants décrivent des cauchemars fréquents, comment ils se sentent nulle part en sécurité, et paralysés par la peur, dit le rapport.

« Je n’ai que des souvenirs tristes. Je me sens encore traumatisé par les soldats et leurs chiens en train d’attaquer et blesser mon père (lors de la démolition) », dit Ghassan, 15 ans, à Save the Children.

« Je fais des cauchemars sur les bulldozers en train d’arracher chaque pierre de notre maison, et les  bruits des explosions me hantent toujours ».

Faris (*), 14 ans : « Nous ne cessons de déménager pour trouver un endroit où vivre – l’instabilité me rend fou. J’ai l’impression que, où que j’aille, ils me retrouveront pour détruire ma vie ».

« Leur voler leur avenir »

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Jason Lee, directeur de Save the Children pour les territoires palestiniens occupés, a déclaré à Al Jazeera que l’impact psychosocial des démolitions sur ces enfants est « insondable ».

« Trois enfants sur cinq ont eu un impact sur leur éducation quand leur maison a été démolie. Ils ressentent des difficultés à reprendre leur scolarité, leurs études, ce qui signifie que leurs chances de trouver un emploi plus tard sont très limitées » déclare Lee.

Le rapport révèle également que sept enfants sur dix déclarent se sentir isolés socialement et n’avoir aucun lien avec leur communauté après la démolition de leur maison.

« Il y a un nombre stupéfiant d’enfants à ne plus avoir de lien avec leur terre, leur communauté, ils sont essentiellement à la dérive » dit Lee.

« Avec ces démolitions et cet environnement coercitif qui se produisent depuis des décennies, nous subissons surtout un impact touchant toute une génération d’enfants, ce qui, d’une certaine manière, leur vole réellement leur avenir ».

« Si vous avez des enfants qui se sentent stressés, qui ont des sentiments de dépression, d’anxiété, de tristesse, qui ne se sentent pas en sécurité, ne se lancent pas dans leurs études, ne s’engagent pas avec des amis, avec leur communauté et leur famille, quel avenir sommes-nous en train de créer pour toute une génération d’enfants palestiniens » interroge Lee.

Depuis 1967, les autorités israéliennes ont démoli 28 000 maisons palestiniennes, selon Save the Children. Ce sont environ 6000 enfants et leurs familles qui ont été touchés par ces démolitions au cours des 12 dernières années.

L’Organisation de défense des droits de l’enfant rapelle lundi dans un communiqué de presse que ces démolitions sont illégales en vertu du droit international et qu’Israël, puissance occupante, a l’obligation de protéger les droits de celles et ceux qui vivent sous son occupation – et surtout des enfants.

L’Organisation de défense des droits de l’enfant a vivement conseillé au nouveau gouvernement israélien de mettre fin à ses démolitions de maisons et de biens dans les territoires palestiniens occupés et « de renoncer aux politiques qui contribuent à un environnement coercitif et augmentent le risque d’un transfert forcé de communautés palestiniennes ».

Agence média Palestine

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