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Les communautés religieuses de Genève condamnent les propos de Hani Ramadan sur le coronavirus

Le frère de Tariq Ramadan avait affirmé que la fornication et l’adultère seraient l’une des causes de l’épidémie du coronavirus. La Plateforme interreligieuse de Genève, qui réunit chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, le désavoue sévèrement.   

 Sous le titre « Le coronavirus : à qui la faute ? », la Plateforme interreligieuse de Genève réfute avec vigueur, dans un communiqué datant du 28 mars, « tout propos et toute affirmation laissant entendre que la pandémie en cours aurait quelque chose à voir avec un châtiment divin ». Cette Plateforme, créée en 1992, réunissant des bouddhistes, des chrétiens, des hindous, des juifs, des musulmans, ainsi que des bahaïs et des quakers, ajoute que « la transcendance ou que le principe d’Altérité ne peut être ainsi utilisé ou annexé pour déclarer qui que ce soit “ennemi du genre humain“ à cause d’une attitude ou d’un comportement ». Même si le nom de Hani Ramadan n’est pas mentionné dans ce communiqué, c’est néanmoins lui qui est directement visé.

Le 13 mars 2019, sur son blog, hébergé sur le site de La Tribune de Genève, Hani Ramadan signe un sermon intitulé : « Le sens de l’épidémie et la volonté de s’en protéger ». S’appuyant sur un hadith du Prophète, le directeur du Centre islamique de Genève écrit : « Ce hadith nous montre avec évidence quelle peut être la cause de l’apparition de maladies nouvelles. L’une de ces causes est le fait que les hommes se livrent ouvertement à la turpitude, comme la fornication et l’adultère, ce qui déclenche des maladies et des épidémies nouvelles ». S’il encourage les musulmans à se confirmer aux directives médicales, Hani Ramadan leur demande également de « trouver refuge dans les invocations, et de ne pas délaisser cette pratique ».

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Hafid Ouardiri, signataire du communiqué de la Plateforme interreligieuse de Genève.

Hani Ramadan continue à défendre son frère  

Le frère aîné de  Tariq Ramadan déclare ensuite que « lorsque le Nom de Dieu est évoqué, l’adorateur est protégé et rien ne saurait lui nuire. On retire donc de cela un enseignement utile et général : le rappel à Dieu protège le serviteur. Cela signifie que s’il est exposé par exemple à un animal nuisible ou venimeux, son venin n’aura pas d’effet »… Le directeur du Centre islamique de Genève (Cig) donne l’exemple d’un homme qui aurait eu l’extrémité de l’un de ses membres paralysé pour ne pas avoir fait ses prières… En suivant ce raisonnement jusqu’au bout, la maladie serait donc une punition de Dieu pour avoir fauté !

Les propos de Hani Ramadan ont été très mal pris sur les bords du lac Léman. Ils ont surtout provoqué beaucoup d’incompréhensions. Mettait-il indirectement en cause son frère Tariq, qui fait l’objet de quatre mises en examen en France pour viol (et une en Suisse) ? Certes, Tariq Ramadan n’a pas été jugé, il est donc présumé innocent. Il a toutefois reconnu devant les juges d’instruction à Paris de multiples relations extraconjugales. En Suisse, pas moins de six de ses anciennes élèves l’ont accusé d’avoir eu avec elles des relations sexuelles, mais il n’y a pas eu de plaintes en raison de la prescription. Tariq Ramadan a été professeur de français dans un collège de Genève de 1984 à 2004. Hani Ramadan, qui prône habituellement la lapidation pour les fornicateurs, n’a jamais mis en cause son frère. Il voue, au contraire, aux flammes de l’enfer tous ceux qui l’accusent.

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Interdit du territoire français  

Hani Ramadan est un habitué des provocations. En septembre 2002, dans Le Monde, il défendait la lapidation, qui constituait selon lui « une forme de purification ». Des écrits qui lui avaient valu d’être écarté de son poste de professeur de français dans un collège de Genève. Plus récemment, en 2016, il comparait les femmes voilées à « des perles protégées dans des coquillages », et les femmes non voilées à « des euros qui passent d’une poche à l’autre ». Le directeur du Cig est par ailleurs interdit du territoire français depuis avril 2017, en raison de liens supposés avec le terrorisme. Cette condamnation par la Plateforme interreligieuse de Genève est un nouveau coup dur, d’autant que Hani Ramadan fait partie de cette plateforme, en tant que représentant du Centre islamique de Genève. Un centre de plus en plus déserté par les musulmans.

 

 

    

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