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Les attentats de Bruxelles ont ravivé l’islamophobie sur Twitter et inspirent à Donald Trump le recours à la torture

Ils refleurissent à nouveau, non pas avec l’arrivée du printemps, mais avec la réapparition du terrorisme aveugle qui a endeuillé hier la Belgique, les amalgames dévastateurs qui exacerbent l’islamophobie ont eu une éclosion fulgurante sur Twitter, faisant de l’islam et des citoyens européens de confession musulmane les victimes expiatoires et collatérales de ce jour noir du 22 mars.

Très fédérateur, le hashtag délétère #StopIslam se hissait, mardi soir, dans le top 10 des mots-dièse préférés des islamophobes de tous poils, qu’ils soient d’illustres inconnus ou des élus du peuple, à l'instar de l'infâme maire de Béziers Robert Ménard qui a touché le fond en tweetant " Peu de chances que ce soit l'oeuvre de militants néo-nazis", alors que Bruxelles comptait ses morts… Le ressentiment anti-musulmans, comme revigoré par la tragédie, s’y exprimant sans garde-fous, sans état d’âme et dans toutes les langues.

« Le musulman modéré d’aujourd’hui est le kamikaze de demain », a écrit un internaute anglophone, tandis qu’une française assénait « #StopIslam, Parce que ce sont toujours les mêmes qui tuent », avant de se raviser et d’effacer son tweet incendiaire.

D’autres gazouillis plus éclairés, mais hélas plus rares, ont contrebalancé les commentaires inflammables dont on ne connaît que trop les ravages dans l’opinion, à l’image de cet internaute qui a un mis un sérieux bémol au mot-dièse anti-islam : « Si on suit ce raisonnement les musulmans sont tous des terroristes et les Allemands sont tous des nazis, c’est exactement pareil », s’est-il insurgé, tandis qu’un autre s’indignait : « Arrêtez de confondre une religion et le terrorisme »,tout en appelant à promouvoir le hashtag #stopterrorism à la place.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’horreur des attentats de Bruxelles a fait reverdir en quelques secondes la surenchère outrancière propre au camp républicain, inspirant à ses ténors ultraconservateurs et populistes une récupération politicienne honteuse.  

Ted Cruz, très en verve, a exhorté à quadriller les quartiers musulmans, plaidant pour le grand retour de Big Brother : « Nous devons autoriser les forces de l’ordre à patrouiller et à sécuriser les quartiers musulmans avant qu’ils ne se radicalisent », a lancé ce dernier, tout en fustigeant Barack Obama : « Nous avons besoin d’un président qui mette de côté le politiquement correct. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle leçon sur l’islamophobie ».

Il ne manquait plus que le semeur de troubles patenté et vociférant, Donald Trump, pour fertiliser le terreau de la haine, et c’est en poussant le bouchon toujours plus loin qu’il a semé à tous vents de bien mauvaises graines… La "légalisation de la torture pour interroger les terroristes présumés et le recours systématique au waterboarding (le terrible simulacre de la noyade)", ont très vite germé dans l’esprit du redoutable démagogue, qui mettra tout en oeuvre, n’en doutons pas, pour qu'ils aient une floraison législative rapide et durable, bien au-delà du printemps 2016… 

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